Afrique: Coupe du Monde Féminine U20 - Lidya Abebe, entre maternité et sifflet « L'arbitrage c'est ma vie »

Comme bon nombre des 336 joueuses participant à la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA, France 2018, Lidya Tafesse Abebe a découvert à un âge précoce sa passion pour le football. Elle se distingue toutefois par son rôle et sa position sur le terrain. C'est en effet l'arbitrage qui a conquis le cœur de la native d'Éthiopie.

"J'adore l'arbitrage", confirme Abebe le sourire aux lèvres à FIFA.com. "À douze ans, je jouais au football à l'école et j'ai passé sept ans dans un club. Le basketball était aussi une de mes disciplines sportives préférées.

À chaque fois que je regardais un match de foot, j'observais l'arbitre et je me disais : "Ce n'est pas un boulot facile". Mais le virus m'avait gagné. Mon professeur de l'époque formait des arbitres et il m'a dit que je pouvais apprendre le métier. C'est comme ça que j'ai commencé, à douze ans."

Son professeur avait vu juste. Abebe a réalisé son rêve en devenant arbitre de la FIFA. L'Éthiopienne de 38 ans a, par exemple, officié lors de la Coupe du Monde de la FIFA 2015 au Canada et un an plus tard en Jordanie pour la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA. Elle fait également partie du corps arbitral lors de France 2018.

"L'arbitrage est un défi, et c'est une école de la vie. Lorsque j'entre sur le terrain, mon visage change par exemple totalement d'expression.

Je deviens très sérieuse, je prends des décisions. Les gens m'aiment pour ça. Ils viennent me voir et me disent : "Lidya, tu es complètement différente sur le terrain et en dehors." Parfois je suis drôle, parfois je suis sérieuse", raconte-t-elle en souriant. "Je dirige aussi des rencontres masculines.

Beaucoup de personnes disent que c'est un vrai défi. Mais je ne trouve pas ça compliqué, c'est ma vie."

C'est précisément cette attitude qui l'a aidée à retrouver le chemin de la grande scène footballistique après la naissance de son bébé. "Quand j'étais enceinte, je sentais mon corps prendre des forces. Un mois après ma césarienne, j'ai dit à mes amis : "Je suis peut-être lourde, mais je me sens légère".

Et quatre mois après la naissance, j'ai décidé de reprendre l'entraînement. Les gens ont rigolé en me voyant arriver au stade. "Regardez, c'est Lidya." J'avais encore 20 kilos de trop", confie-t-elle à propos de son retour au travail.

"J'allais en salle de fitness le matin, puis je rentrais à la maison pour me reposer, manger sainement, et j'allais ensuite nager presque trois heures. Je vis pour l'arbitrage et je voulais revenir pour prendre part à une Coupe du Monde et à la Coupe d'Afrique des Nations féminine.

C'était mon objectif" poursuit-elle. "Personne ne croyait que je reviendrai. Mais après trois mois d'entraînement, j'ai passé les tests physiques pour la Premier League féminine, et je les ai réussis.

J'ai aussi passé avec succès les tests de la deuxième division masculine et des U-17. Onze mois après mon accouchement, j'arbitrais les 120 minutes de la demi-finale de la Coupe d'Afrique des Nations féminine."

Une prestation impressionnante, qui n'est pas restée inaperçue. La même année, Abebe a été élue meilleure arbitre dans son pays d'origine. La voilà donc en France pour la Coupe du Monde féminine U20 pour poursuivre ses rêves.

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