5 Août 2018

Tunisie: A la hauteur la scène mythiquye

Le talent de Melhem Zein est, en tout cas, à la hauteur du Festival international de Carthage. Le chanteur l'a prouvé jeudi dernier en quantité et en qualité.

Les cinq albums à son actif, depuis ses débuts professionnels en 2014 avec «Enti mchiti» et jusqu'au dernier en 2017 «El Jereh Ely Baadou», témoignent de la continuité et de longévité de sa carrière, qui lui assure un succès constant, mais une image d'artiste plutôt discret. Cela peut paraître contradictoire, mais c'est l'une des facettes de la scène de la variété arabe, où il faut trouver un juste milieu entre le caractère de l'artiste et les exigences d'une industrie.

Melhem Zein a commencé la chanson très jeune et s'est distingué dans des reprises des classiques arabes. C'est l'émission Super Star, dans sa première saison en 2003, qui a permis de le faire connaître auprès du public arabe. Il fait donc partie de la première génération des jeunes talents arabes révélés au large public de la région à travers les émissions de compétition musicale. Peu sont, parmi ses compagnons dans cette expérience, qui ont percé et perduré, même les lauréats parmi eux. Melhem Zein a un atout majeur, sa voix puissante qui le distingue, mais également l'un des plus grands labels du monde arabe qui le soutient. Quant à sa recette musicale, elle n'est pas vraiment originale, mais elle est efficace : des paroles parlant d'amour, des compositions entre ballades et variété orientales, et des arrangements teintés des rythmes populaires et des percussions du folklore musical du Machreq, qui vont très bien avec sa voix.

La soirée du Festival international de Carthage était un concentré de toute sa carrière. Il a interprété les chansons les plus à succès de chacun de ses albums, comme «Dhali edhaki», «Baddi hebbek», «Redou habibi», «Alawah» et «Enti mchiti». Entre celles-ci, il a immiscé des mawwals du patrimoine musical de la chanson du style «Jabal lebnen», à travers les chansons de ses deux piliers, Nasri Chamseddine et Wadii Essafi, comme «Ahlan wassahlan charafouna ahbabena», «El ghazala» et «Ya bahriyé», accompagnés de dabkés par la troupe «Seïf El Shem» qui hissait les drapeaux tunisiens et libanais. Melhem Zein a également rendu hommage à la chanteuse tunisienne Dhekra Mohamed en interprétant «Wehyati andak».

Une soirée variée et bien garnie où le public a passé un bon moment et était constamment en interaction avec l'artiste. Ce dernier tenait à bien faire, à satisfaire son public tunisien et laisser une empreinte à Carthage. Une volonté qui l'a poussé à vouloir rallonger la soirée en proposant vers la fin, alors que le public avait l'air prêt à le laisser clôturer son concert, un cocktail de chansons arabes, dont il a interprété des fragments. Un mix qui a semblé improvisé et peu abouti et qui a affaibli sa sortie de scène. Une soirée complètement réussie devrait, en effet, se terminer sur un public qui en redemande et non pas qui commence à se préparer pour partir, alors que l'artiste est encore sur scène. Ce challenge de la dernière impression est à surmonter par Melhem Zein pour mûrir son parcours et le rendre plus marquant.

Tunisie

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