3 Août 2018

Madagascar: Corruption, infrastructures, emploi - Le ras-le-bol des Malgaches à Antananarivo

Le 1er tour de l'élection présidentielle est prévu le 7 novembre prochain. Mais alors que tout s'accélère coté candidats, l'échéance électorale ne semble pas intéressé certains Malgaches.

Quand on interroge quelques citoyens pour leur demander comment ils appréhendent la prochaine présidentielle du 7 novembre prochain, ils prennent un air dépité. "Rien, rien. Je ne soutiens personne. J'ai déjà travaillé avec le président Ratchirac, Ravalomane, ils n'ont rien pu faire. On attend tout le monde pour faire la révolution. Pour moi, c'est la révolution qui manque ici. Révolution d'esprit. Révolution de tout."

Et les réponses comme celles-ci ne sont pas rares. Jean-Marc Razakazapfy, 40 ans est le Directeur Général de Archi Conseil, une entreprise commerciale. Il partage la même appréhension.

"A Madagascar, aucun président n'est venu avec un programme économique, avec une stratégie vraiment posée pour faire avancer le pays.Et qu'est ce qui se passe quand le cœur est flouté ? On va de déception en déception. Donc, c'est à dire qu'un Malgache sur deux ne vote pas. Et ça c'est dû au fait que plus on promet des choses et qui ne sont pas réalisées, à un moment donné, plus les gens ont marre de la politique."

La stratégie du pouvoir

À l'approche de la présidentielle du 7 novembre, le pouvoir en place multiplie les pires hypocrisies politiques pour Anja Rama, une jeune entrepreneur issue de la diaspora.

"Pendant des années, les routes n'ont pas été faites. Pendant des années, les Malgaches abiment leurs voitures avec les nids de poule qui grandissent jour après jour. Et soudainement, parce qu'on est à l'approche des élections, ils ont remplis les trous. Et soudainement, le président (Hery Rajaonarimampianina , NDLR) s'intéresse au prix du kilo des carottes.

Pendant des mois, il s'est rempli les poches. Et là maintenant, parce qu'il veut notre voix, il agit ainsi. Moi maintenant, ce qui compte pour moi, c'est mon pouvoir d'achat. Ce qui compte pour moi, c'est qu'est-ce que je vais manger aujourd'hui."

Une corruption endémique

En plus des promesses non tenues, certains s'offusquent de la corruption devenue endémique à Madagascar. C'est le cas d'Anthony Rakoutomahazo, une jeune diplômée sans emploi.

"Quant on voit qu'il y a des députés qui arrivent à se faire acheter avec une certaine somme d'argent pour voter une loi qui va à l'encontre même des droits de l'homme et d'une démocratie, les gens ils commencent à mettre certaines choses aux oubliettes. Parce qu'ils n'ont plus confiance. Quand on voit que la sécurité actuelle dans la capitale ou même dans les autres provinces de Madagascar est complément médiocre. On voit des kidnappings, des agressions et des meurtres partout partout. Les gens commencent à perdre totalement confiance en l'appareil gouvernemental. Et du coup, la seule priorité, que la majorité des Malgaches ont, c'est juste survivre et ne regarder et ne regarder que les enfants et le noyau familial. Avec la pauvreté extrême qui règne dans le pays et la mauvaise gestion."

Corruption, pouvoir d'achat, infrastructures, emploi ... les différents candidats en lice pour la présidentielle de novembre prochain ne manquent pas de problèmes à traiter. À charge maintenant pour eux d'élaborer des stratégies pour convaincre les électeurs profondément incrédule et résignés.

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