3 Août 2018

Mali: Comme un air de déjà vu

Les résultats provisoires du premier tour de la présidentielle malienne rappellent la configuration de 2013, puisque cette année, on retrouvera les deux mêmes têtes d'affiche au second tour du 12 août.

En 2013, le duel du second tour entre les deux rivaux s'était soldé par une large victoire de IBK. Mais Soumaila Cissé semble cette fois avoir tiré de nombreuses leçons de son échec; le candidat de l'opposition bat déjà le rappel des éliminés du premier tour pour tenter de refaire son retard. Mais cette stratégie seule ne suffira pas selon Ali Ben Boubacar. Le professeur de communication politique explique qu'une lourde machine électorale s'est enracinée autour du président sortant.

"Il y a quand même de grands partis comme le RPM, c'est à dire le rassemblement pour le mali qui est un très grand parti; Il y a aussi l'ADEMA qui est aussi une très grande machine électorale, et il y a tous ceux qui vont apporter leur soutien au président qui a 41% donc il lui reste juste à avoir quelques 10% pour gagner. Mais ce qu'il faut dire aussi, je suis certains qu'il y a certains candidats qui ne vont pas donner des consignes de vote" explique Ali Ben Boubacar.

Dans ce cas, le jeu des alliances pourrait peser essentiellement sur l'homme d'affaire Aliou Boubacar Diallo qui arrive 3è et l'ancien premier ministre Cheick Modibo Diarra. L'analyste Michel Galy se penche sur leur score, respectivement 7,95 et 7,46%.

Selon lui "alors en tout ça fait 15-16%, même si ça s'additionnait par hypothèse aux 18% de Soumaila Cissé vous voyez qu'on est loin de 50%. Mais enfin il y a une vingtaine d'autres candidats, septs anciens ministers, deux anciens premiers ministers; est-ce qu'ils vont se rallier dans un système un peu politique mais surtout clientéliste à IBK? Ou est-ce qu'ils vont faire bloc derrière Soumaila Cissé? C'est un peu la question qu'on se pose pour le second tour."

Soumaila Cissé conteste

Le chef de file de l'opposition Soumaila Cissé affirme qu'il n'acceptera pas des résultats qu'il juge manipulés, et cela inquiète Michel Galy. " En quelque sorte il ne veut pas se faire voler l'élection de son point de vue une deuxième fois. Vous savez, en ce moment il y a le Zimbabwé où il y a un climat inquiétant, et dans d'autres pays africains, la république démocratique du Congo qui est assez volatile avec des enjeux parfois très vilents autour des élections. Donc on ne peut que souhaiter que le Mali échappe à ce vertige de la violence" explique t'il.

La Cour constitutionnelle, seule voie de recours, devra se pencher sur les éventuels cas d'irrégularités pour que le second tour se prépare dans de bonnes conditions.

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