Sud-Soudan: Compromis autour du pouvoir

L'accord conclu dimanche à Khartoum au Soudan entre le président Salva Kiir et le vice-président Rieck Machar consacre un partage des postes dans les différentes institutions du pays.

Partisans du pouvoir et de l'opposition peuvent à nouveau se remettre ensemble au lendemain de la signature de l'accord de partage du pouvoir. Le texte signé dimanche soir à Khartoum au Soudan par le président Salva Kiir et son vice-président, Riek Machar vient mettre un terme à près de cinq années d'hostilités portant sur le contrôle du pouvoir et des richesses.

Le compromis auquel ces deux personnalités sont parvenues dimanche dans la capitale soudanaise consacre le partage du pouvoir au pourcentage près de l'ensemble des postes au niveau de la présidence, du gouvernement, des institutions et des Etats d'autant plus que le Soudan du Sud a un système fédéral.

Inclusif à souhait, l'accord signé en présence des présidents soudanais, Omar el-Béchir, kényan, Uhuru Kenyatta, ougandais, Yoweri Museveni, et djiboutien, Ismail Omar Guelleh, regroupe les différentes factions.

Dans son contenu, le texte reconnaît Salva Kiir comme président de la République et Riek Machar comme vice-président. Un gouvernement d'union avec cinq vice-présidents, 35 ministres (20 issus des rangs de Salva Kiir, 9 fidèles de Riek Machar et les six autres relevant des autres groupes) et une Assemblée nationale de 550 députés (dont 332 relevant du pouvoir et 128 de l'opposition) devraient voir le jour.

Malgré quelques réticences, l'accord renouvelle également l'engagement de chaque camp à respecter le cessez-le-feu souvent violé. «L'accord de 2015 nous avait été imposé et il s'est écroulé. Celui-ci n'échouera pas», espère Salva Kiir.

«L'accord signé aujourd'hui doit tracer la voie pour mettre fin au conflit et à la guerre dans notre pays. Nous devons œuvrer à l'unité de notre peuple», souhaite le président sud-soudanais. Du côté de l'opposition, l'on salue les avancées enregistrées et voudrait que chacun puisse respecter ses engagements dans l'intérêt national.

«Nous ne disons pas qu'une bonne paix a été signée. Nous disons que même si certaines clauses sont inappropriées, donnons au peuple un espace pour respirer pendant que nous réglons ces problèmes», a souligné Riek Machar.

Au-delà d'une simple signature, beaucoup reste à affaire afin que l'accord puisse effectivement prendre corps. Des négociations en faveur d'un accord de paix devraient se poursuivre à Khartoum comme l'a indiqué Al-Dierdiry Ahmed, ministre soudanais des Affaires étrangères.

Une fois cet accord signé, les belligérants disposeront de trois mois pour former un gouvernement de transition dont la durée de vie sera de 36 mois.

«Nous soutenons toute initiative pour apporter la paix au Soudan du Sud et nous espérons que ce processus va se poursuivre», a indiqué Steven Koutsis, le chargé d'affaires américain au Soudan.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Cameroon Tribune

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.