8 Août 2018

Sénégal: Règlementation du secteur de la publicité - Les trois «commandements» des acteurs pour mettre fin à l'anarchie

Pour mettre un terme à l'anarchie constatée dans le secteur de la publicité, les acteurs, les institutions concernées, la société civile, les médias misent sur l'adoption d'une nouvelle loi, la nécessité de créer un organe de régulation et la réglementation des professions liées à la publicité. Ils ont fait ces recommandations hier, mardi 7 août, au sortir d'un atelier de partage et de concertation de deux jours sur la publicité, initié par le Conseil national de régulation de l'audiovisuel (Cnra).

L 'atelier de partage et de concertation sur la publicité, initié par le Conseil national de régulation de l'audiovisuel (Cnra) ouvert avanthier, s'est terminé hier, mardi 7 août, avec trois grandes recommandations. Pour ainsi mettre fin à l'anarchie dans le secteur de la publicité, les acteurs préconisent l'adoption d'une nouvelle loi, la nécessité de créer un organe de régulation de la publicité et la réglementation des professions liées à la publicité.

Selon le président du Cnra, Babacar Touré, les recommandations faites prouvent qu'il y a de sérieux problèmes dans le secteur de la publicité. «Nous nous sommes rendus en Côte d'Ivoire pour nous imprégner de leur expérience, partager également des informations, des façons de faire et des approches sur la question. Nous avons aussi parlé avec des collègues du Mali. C'est toute cette moisson que nous avons apportée dans la corbeille, aujourd'hui, pour demander aux uns et aux autres de réfléchir collectivement à des réformes qui pourraient permettre de déboucher sur une meilleure gouvernance du secteur, sur une rationalisation d'intervention, sur la définition d'une typologie des segments du marché publicitaire et également l'identification des acteurs pour arriver à des situations qui peuvent être au bénéfice de tous», a déclaré Babacar Touré.

Poursuivant son propos, il a fait savoir que l'atelier consolide les bases de concertations préalables. «Il est important de noter que tous les acteurs, unanimement, adhèrent à la démarche. Il y avait une demande exprimée et c'est le chemin par lequel on passe. Il faut que le contenant ne parasite pas le contenu parce qu'il n'y a d'essentiel que des contenus, le reste c'est des contenants», a-t-il ajouté. Prenant la parole, le président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (Cdeps), Mamadou Ibra Kane, s'est d'abord félicité de la tenue de l'atelier.

A l'en croire, après le vote du Code de la presse et dont «les décrets d'application se discutent pour lui donner un contenu», l'autre défi reste la publicité. «L'autre point qui reste et qui a été initié par le Cnra, c'est la loi sur la publicité parce que, malheureusement, depuis 1983 cette loi n'a pas connu d'application parce qu'il n'y avait pas de décret d'application», a souligné Mamadou Ibra Kane. Mieux, a-t-il dit, «sans recettes publicitaires, nos entreprises de presse ne peuvent pas être viables». Il a invité, dès lors, tous les acteurs des médias à s'unir pour adopter ce projet. A travers donc cet atelier de partage et de concertation sur la publicité, le Cnra vise à professionnaliser le secteur de la publicité

SPÉCULATIONS SUR SON REMPLACEMENT A LA TETE DU CNRA Les précisions de Babacar Touré

«J'ai vu que tout le monde parle de 1ier septembre. D'abord, il n'y a pas de date. Ce qui est clair est que moi, j'ai été nommé le 7 septembre 2012 et mon mandat finit le 7 septembre 2018. Donc, à partir du moment où mon successeur est nommé, avant le 1ier même, on peut passer à la passation de service. Et ça, c'est l'Inspection générale d'Etat (Ige) qui supervise la passation de service qui fixera la date. L'information selon laquelle tout le monde part le 1ier septembre, là aussi, c'est faux. Mes collègues ont été nommés par décret présidentiel le 5 novembre 2012, ça fait près de deux mois après ma nomination. Leurs mandats expirent le 5 novembre 2018».

BABACAR TOURE, PRESIDENT DU CNRA AUX JOURNALISTES «Les menaces ne peuvent pas prospérer si vous restez unis et forts»

Plusieurs menaces guettent les journalistes et les médias au Sénégal. Pour freiner ces dangers, le président du Conseil national de régulation de l'audiovisuel (Cnra), Babacar Touré a invité les journalistes à adopter les règles d'éthique et de déontologie, tout en restant unis et forts, en mettant ensemble ce qui peut l'être. Et le pluralisme n'a de sens que dans cette posture qui n'exclue pas de faire valoir vos différences.

Le président du Conseil national de régulation de l'audiovisuel (Cnra), Babacar Touré n'a pas manqué hier, mardi 7 août, de rappeler aux journalistes la bonne conduite pour faire face aux menaces qui pèsent sur les médias. Aux journalistes, il dira: «les menaces ne peuvent pas prospérer si vous restez unis et forts, en mettant ensemble ce qui peut l'être et ce qui n'exclue pas de faire valoir vos différences. Et c'est ça le sens du pluralisme».

D'ailleurs, «je pense qu'il y a des questions qui doivent être réglées dans les rédactions. Il faut que les journalistes se fassent respecter. Et, pour se faire respecter, il faut se respecter soi-même; et ça va du comportement individuel à l'orientation de l'article que vous écrivez ou de la photo que vous publiez ou de l'image que vous montrez», a déclaré Babacar Touré.

Mieux, a-t-il ajouté, «il m'est arrivé de dire à des journalistes: «vous savez, il faut éviter une chose, il n'y a rien de pire pour un être humain que la haine de soi.» Et, la haine de soi, c'est qu'on se projette en se disant l'enfer, c'est l'autre et on dit du mal, on ne cherche que la petite bête». Pour le président du Cnra, c'est cela qui menace de tuer les médias. «Aujourd'hui, les gens se disent: «ils sont là pour critiquer, pour dire du mal.»

Et, ce qui est grave à mon avis, c'est que quand il y a querelles entre journalistes ou entre groupes de presse, c'est vrai qu'il y a le tempérament des uns et des autres et le manque de tempérance, mais il y a surtout que les journalistes mènent le combat des autres dans beaucoup de cas», a relevé Babacar Touré. Même si une concurrence forte existe dans les médias, le président du Cnra est d'avis qu'elle est «saine et salutaire». Mais, s'est-il empressé de dire, «il faut qu'elle soit saine et émulative».

Face aux journalistes, Babacar Touré a rappelé que le concurrent n'est ni un ennemi, encore moins un adversaire. «C'est quelqu'un qui fait la même offre dans le même segment de marché. Et, s'il y a des règles, tant mieux. Mais, les meilleures règles à observer, ce sont les règles éthique et déontologique. C'est la première régulation. Et si nous faisions cela, nous n'aurions même pas de régulation externe et c'est dans les rédactions que ça doit se faire», a insisté Babacar Touré. Cependant, il est d'avis que les gouvernements ont un véritable rôle à jouer pour l'essor des médias. «Il y a cet effet de mondialisation, les satellites qui tombent du ciel, nos gouvernants qui ne prennent pas assez la conscience de la nécessité de protéger la maison et qui laissent s'introduire n'importe qui, n'importe quoi. Et, à ce niveau, il y a de sérieux problèmes qu'on rencontre en Afrique».

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