9 Août 2018

Congo-Kinshasa: Isidore Ndaywel - «Une victoire d'étape mais une victoire importante quand même»

interview

Isidore Ndaywel, historien congolais, est membre du Comité laïc de coordination, un groupe d'intellectuels laïcs proche de l'Eglise catholique. Pour lui, le retrait de Kabila, « c'est une victoire d'étape mais une victoire importante quand même ». Il répond aux questions de Jean-Jacques Louarn.

Avec ce retrait de Kabila, la RDC peut-elle vivre une transition politique pacifique ?

La nouvelle des nouvelles c'est qu'il n'y a pas de troisième mandat, que le président Kabila n'est pas candidat, et c'est ça la nouvelle qui nous réjouit parce qu'il s'agit d'une victoire, certes une victoire d'étape mais une victoire importante parce que pour la première fois tout de même, on arrive à un résultat sérieux.

Et je pense que l'on peut dire notre fierté d'appartenir à ce peuple qui a été capable, avec ses mains nues, d'arriver à un résultat aussi concret.

Et j'oserais dire un résultat assez rare sur le continent, il y a eu tellement de situation comme ça, de troisième mandat, et chaque fois on a laissé faire. Pour une fois, le peuple a été capable de résister.

Aujourd'hui la présidentielle du 23 décembre va pouvoir se tenir plus sereinement c'est ce que vous diriez ?

Tout n'est pas résolu mais on peut dire que le gros, très gros danger est passé. Reste maintenant, bien entendu, à surveiller le reste. Il y a encore tout de même énormément d'embuches dans ce processus, il y a toujours cette affaire de machine à voter, la population n'est pas d'accord. Il y a le problème du fichier électoral qui est complètement pollué.

Et puis, il y a aussi tout ce qui avait été fait par l'OIF: le résultat qui n'a pas été pris en compte au niveau du fichier électoral. Evidemment le président Kabila continue, bien entendu, à avoir la haute main sur les forces de sécurité mais je pense que l'essentiel maintenant est que nous ayons au niveau de la majorité présidentielle, un candidat.

Un candidat parmi les autres candidats. On parle de dauphin mais en fait c'est un candidat parmi les autres candidats.

Il faut que la Commission électorale nationale cesse d'être instrumentalisée, éventuellement qu'on mette en place une autre direction de cette Commission qui soit plus consensuelle et qui puisse revoir ce qu'il y a à revoir et c'est tout à fait possible que les élections se déroulent à terme échu.

Vous diriez que c'est l'occasion aujourd'hui de calmer véritablement le jeu politique, de revoir par exemple le dossier Katumbi pour qu'il puisse se présenter ?

Absolument. Cette situation est également un autre problème important à résoudre. Nous dirons globalement il y a Katumbi mais il y a tout le reste, c'est tout un paquet de questions qui sont liées à ce que nous appelons la décrispation politique.

Parce qu'il y a Katumbi qui doit pouvoir se présenter correctement puisqu'il est candidat mais il y a aussi tous les prisonniers politiques qui sont là, qui sont en place et qui sont très probablement candidats eux aussi aux élections probablement législatives, il faut qu'ils aient la possibilité de faire acte de candidature comme cela se doit.

Le choix porté sur Ramazani Shadary ne vous inquiète-t-il pas cependant ? Il est quand même sous le coup de sanctions de l'Union européenne pour violation des droits de l'homme.

Pour cet aspect des choses, c'est une cuisine interne. Pour nous qu'il s'appelle Pierre, Jean-Paul ou Daniel, ça n'a pas d'importance. C'est vrai qu'il y a un gros souci.

Souci d'ailleurs tout à fait étrange, qu'on ait pu choisir justement celui qui est sous le coup d'une sanction internationale. C'est probablement une nouvelle façon de narguer la communauté internationale. Mais globalement, c'est une question de cuisine interne à la majorité présidentielle et dans ce qu'ils appellent le FCC.

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