9 Août 2018

Cote d'Ivoire: ADO-Bédié - Divorce consommé

Ils étaient juste en séparation de corps ces derniers mois. Cette fois-ci, le divorce semble irrémédiablement consommé. Au lendemain d'une rencontre entre Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara à la résidence de ce dernier, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) a en effet annoncé hier jeudi 9 août 2018 qu'il se retirait du processus de création du parti unifié du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Sur son compte Twitter, ADO écrivait pourtant la veille : « Heureux d'avoir reçu, ce mercredi 08 août 2018, une visite de courtoisie de mon aîné, le Président Henri Konan Bédié, venu me féliciter suite aux décisions que j'ai annoncées à l'occasion du message à la Nation, le 06 août 2018. »

Il faut croire que ce n'étaient que de simples mots de politesse et qu'au-delà des félicitations, les discussions avec son « aîné », qui ont duré à peine 15 minutes, n'ont pas été si cordiales que ça.

Qu'est-ce qui a donc pu bien se passer entre les deux hommes pour que le PDCI officialise dès le lendemain une séparation qui était déjà dans les tuyaux, en annonçant notamment que l'Eléphant présenterait ses propres candidats aux municipales et aux régionales d'octobre prochain ?

Tout semble indiquer que le Sphinx de Daoukro n'a pas eu de garanties que s'il fusionnait avec le RDR et d'autres partis houphouëtistes, le futur candidat de cette grande alliance serait du PDCI. On ne le sait que trop, en effet, c'est la pomme de discorde entre les deux personnalités qui s'étaient alliées d'abord pour chasser Laurent Gbagbo du pouvoir en 2010 puis pour offrir un second bail à ADO en 2015.

Y a-t-il eu à ce moment-là un pacte secret en vertu duquel le « RDR-Ouattara », après ses deux quinquennats, ferait la passe à son allié ? C'est en tout cas ce que prétend fermement l'ancien chef de l'Etat ivoirien alors que pour son cadet « Ouattra », comme il l'appelle, le porte-drapeau du RHDP unifié devrait être désigné à l'issue de primaires où tous les prétendants devraient pouvoir concourir. C'est d'ailleurs ce qu'il a de nouveau martelé le lundi 6 août dernier lors de son adresse à la Nation, la veille de la célébration du 58e anniversaire de l'indépendance du pays.

Avec cette rupture entre les deux poids lourds de la politique ivoirienne, les choses sont désormais très claires et toutes les cartes du jeu politique sont rebattues.

En prenant cependant l'initiative du clash, HKB prend un pari risqué, puisque l'ancien parti unique est sorti divisé et fragilisé de cette guéguerre au sujet de la fusion avec le RDR. Une partie des cadres, dont des ministres, ont en effet décidé de rouler pour le « Prado » en entrant en dissidence avec la ligne officielle du PDCI.

C'est dire que les échéances électorales à venir seront un bon test pour les anciens partenaires, particulièrement pour celui qui a quitté en premier le foyer conjugal. D'autant plus que cette scission intervenait seulement 24 heures après la libération de Simone Ehivet Gbagbo, qui a bénéficié d'une amnistie en même temps que 800 autres personnes poursuivies ou condamnées dans le cadre des violences postélectorales de 2010-2011.

Certains analystes ne sont d'ailleurs pas loin de penser que l'élargissement de l'ex-première Dame, au-delà du fait qu'il sert la réconciliation nationale, procède également d'un savant calcul politique visant à isoler davantage Henri Konan Bédié et, dans une certaine mesure, Guillaume Soro.

Faut-il croire que HKB a pu avoir la même lecture de la situation et a décidé d'en tirer les conséquences en coupant, sans plus attendre, le cordon ombilical ? La question reste entière.

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