9 Août 2018

Burkina Faso: Vote des Burkinabè de l'étranger - «C'est le Moment» de la diaspora

Il était temps pour « C'est Le Moment », un mouvement politique de la diaspora, qui n'est ni de l'opposition ni de la majorité, de donner sa position sur le vote du nouveau code électoral. Au cours d'une conférence de presse tenue le jeudi 9 août 2018, ces Burkinabè de l'étranger ont salué le vote de cette loi qui leur permettra désormais de glisser leur bulletin dans les urnes pour les futures échéances électorales.

L'adoption du nouveau code électoral le 30 juillet dernier ne cesse de faire les choux gras des médias. Les partis politiques de la majorité et de l'opposition multiplient les conférences de presse. Les uns louent et les autres décrient. Les principaux concernés par l'adoption de cette loi ne sont pas restés muets.

Réunis autour du mouvement « C'est Le Moment », des Burkinabè vivant aux Etats-Unis, au Ghana et en Côte d'Ivoire, ont donné de la voix le jeudi 9 août 2018. Le président du mouvement, Moumouni Pograwa, s'est dit étonné et surpris de constater qu'un plan politique dont le but est de tromper l'opinion générale et la diaspora a été lancé depuis l'adoption de la loi.

« Oui, nous avons été étonnés de constater cette situation quand bien même nous luttions depuis des décennies pour le respect de la Constitution, qui a toujours consacré et réaffirmé notre droit inaliénable de participer au développement économique et sociopolitique de notre pays. Personne en dehors de certaines OSC, aucun parti politique n'a fait son cheval de bataille des droits de la diaspora », a-t-il lancé, avant de se poser la question suivante : « Pourquoi soudain des partis politiques se trouvent la vocation d'avocats défenseurs des droits de la diaspora ? ».

Le président du mouvement a dit ne pas rejeter systématiquement les interventions des uns et des autres pour que les droits de la diaspora soient respectés, mais il récuse et rejette avec la dernière énergie toute tentative de récupération politicienne de leur acquis chèrement obtenu.

Pour lui, ces différentes sorties des politiciens visent à diviser la diaspora qui est en train de s'unir pour constituer une force politique. « Nous n'allons pas revenir sur le débat sans intérêt que certaines chapelles politiques ont imposé à l'opinion nationale et internationale. Nous allons vous éviter le verbiage et les termes de précampagne qu'utilisent ces personnes. Ce qui leur fait peur, c'est l'union de la diaspora.»

Des points de divergence, deux concernent directement la diaspora : le retrait de la carte consulaire comme document de votation, l'utilisation uniquement des ambassades et consulats comme bureaux de vote. Pour ce qui est du premier cité, Moumouni Pograwa s'est dit étonné que ce retrait surprenne et indispose une certaine classe politique.

« En novembre 2013, date de lancement officielle de la carte consulaire à Abidjan, c'était Blaise Compaoré et le CDP qui étaient au pouvoir. A l'époque, nous avons dénoncé avec violence et rejeté l'opération conduite par Djibrill Bassolé et ce, pour plusieurs raisons. Il y avait le coût élevé de la carte qui était fixé à 10 000 F CFA. C'est après les remous que le gouvernement l'a ramené à 7000 F CFA officiellement, mais dans certaines zones, les délégués consulaires qui sont les représentants des consuls, prennent souvent 10 000 à 15 000 F CFA voire 20 000 F CFA pour faire établir la carte consulaire à nos compatriotes qui sont loin des lieux d'enrôlement. En son temps, nous avions qualifié cette opération d'escroquerie ».

Selon Ben Gaston Sawadogo, vice-président du mouvement « C'est Le Moment », par ailleurs délégué du Conseil supérieur des Burkinabè de l'étranger de la zone est de New York, le seul problème qui pourrait se poser aux Etats-Unis, c'est la distance. L'ambassade du Burkina au pays de l'Oncle Sam se trouvant éloignée de certaines villes.

Le mouvement « C'est Le Moment » ne se réclame d'aucun bord politique. Dans les jours à venir, il compte organiser un congrès au cours duquel il donnera clairement sa position. S'il va soutenir ou présenter un candidat à la présidentielle de 2020. Avant cela, des meetings seront organisés en Côte d'Ivoire et un peu partout où il y a une forte concentration de Burkinabè pour fêter l'adoption du nouveau code.

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