10 Août 2018

Burkina Faso: Elargissement du cercle de pesonnalités devant déclarer leurs biens - Souci de transparence ou simple mesure cosmétique ?

Afin de faciliter la procédure de déclaration de biens, l'Assemblée nationale a adopté un projet de loi permettant désormais aux personnes soumises à cet exercice, de le faire par voie électronique.

Toute chose que j'ai appréciée à sa juste valeur. Car, cette innovation, il faut le dire, permettra de réduire les lourdeurs administratives et de ce fait, d'ôter un argument de poids aux éventuels contrevenants. C'est pourquoi je tire mon chapeau aux députés qui, dans le souci de prévenir et de réprimer la corruption au Burkina, sont allés un peu plus loin en élargissant le nombre des agents soumis à l'obligation de déclaration de patrimoine et d'intérêt.

Sont, en effet, désormais concernés, les gouverneurs de régions, les hauts-commissaires de provinces, les comptables principaux des matières, les percepteurs spécialisés, les inspecteurs des affaires économiques, les médecins-chefs de districts, les ingénieurs, les contrôleurs de travaux publics, les pharmaciens de l'Etat ayant des responsabilités de gestion, les examinateurs du permis de conduire.

Et ce n'est pas tout. Car, même les députés qui votent les lois, n'y échappent plus. En tout cas, ce sont, au total, plus de 10 000 personnes qui sont concernées. J'ai envie de dire que si cette mesure est mise en œuvre, le Burkina Faso va considérablement changer, notamment en matière de gouvernance économique.

Car, c'est ce souci de transparence qui a longtemps manqué et qui fait que les uns et les autres s'adonnent à cœur joie aux détournements de deniers publics.

Je ne veux pas que l'on banalise l'obligation de déclaration de patrimoine

Mais comme on le sait, au Burkina Faso, ce ne sont pas les belles mesures qui manquent ; loin s'en faut. Mais le véritable problème, c'est qu'elles ne sont pas généralement appliquées. Si fait que l'on a parfois l'impression que certaines décisions sont uniquement prises pour faire plaisir aux partenaires techniques et financiers qui se montrent de plus en plus exigeants.

En tout cas, mon souhait est que l'autorité pèse de tout son poids pour que toutes les personnalités qui sont concernées par l'obligation de déclaration de biens, le fassent. Et là, ce n'est pas impossible, pour peu qu'il y ait un peu plus de volonté politique. Mais, je tiens surtout à préciser une chose. Je ne veux pas que l'on banalise l'obligation de déclaration de patrimoine et d'intérêt. Je le dis parce que j'ai la fâcheuse impression que bien des personnalités rusent avec cet exercice.

Elles ne déclarent pas tout. Elles se contentent de déclarer peu. C'est le cas, par exemple, de certains ministres que je sais riches comme Crésus. Mais quand on lit ce qu'ils ont déclaré, on tombe des nues.Je ne citerai pas de noms mais je suis convaincu que certains se reconnaîtront dans mon propos.

C'est pourquoi je me demande si, en plus de ce que les uns et les autres pourraient déclarer, il n'y a pas lieu de procéder à un contrôle, pour autant que ce soit possible. Mais en attendant, et même n'étant pas concerné, moi, je déclare mes biens. Je dispose d'une hutte dans les quartiers non lotis de Djikofè, d'une boîte pour mendier et de deux chemises déchirées, et c'est tout. Que celui qui n'a rien à se reprocher fasse comme moi.

Burkina Faso

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