11 Août 2018

Congo-Kinshasa: Les soutiens de Moïse Katumbi saisissent le Conseil d'Etat

Les partisans de Moïse Katumbi ont annoncé vendredi 10 août avoir saisi le Conseil d'État, dans l'espoir qu'il puisse participer à la présidentielle du 23 décembre prochain. L'opposant congolais en exil s'est retrouvé bloqué à la frontière les 3 et 4 août, ce qui l'a empêché de déposer sa candidature à temps. Deux requêtes ont ainsi été déposées au bureau du président du Conseil d'Etat jeudi, avant la clôture du dépôt de candidatures à la Céni.

Les soutiens de Moïse Katumbi ont « introduit deux requêtes », explique à RFI Delly Sesanga, secrétaire général de la plateforme Ensemble pour le changement.

Une première en « référé-liberté, pour que Moïse Katumbi puisse recouvrer sa liberté de venir en République démocratique du Congo » et une seconde en « référé conservatoire » pour que le Conseil d'Etat pousse la Commission électorale nationale indépendante à « autoriser Moïse Katumbi à déposer son dossier » en vue de l'élection présidentielle.

Alors que l'opposant en exil se trouve toujours en Zambie, d'après ses partisans, ceux-ci continuent d'accuser l'Etat congolais de « voies de fait » pour « l'empêcher de revenir au Congo ». Ce que le gouvernement dément formellement. Lambert Mendé, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, affirme au contraire que « monsieur Katumbi a raconté des histoires ».

Concernant l'interdiction d'atterrir à Lubumbashi, selon Lambert Mendé, l'opposant aurait « produit un fac-similé qui ne contient aucun accusé de réception » d'une lettre adressée à l'autorité de l'aviation civile « que personne n'a vue ».

Le ministre conteste aussi tout empêchement d'une traversée de la frontière : « il n'a à aucun moment traversé la zone neutre pour se présenter à nos agents de la douane ou de l'immigration pour solliciter une entrée en territoire congolais.

Mais il a été raconter partout qu'il a demandé une autorisation d'affichage qui lui aurait été refusée, ce qui est faux, et qu'on lui aurait interdit d'entrer dans le territoire congolais, ce qui est faux aussi puisque dans un cas comme dans l'autre il n'a formulé aucune demande ».

Le discours de Moïse Katumbi ne serait donc que « du pipeau pour dramatiser sa situation, politiser ses ennuis judiciaires et éviter d'avoir à répondre des problèmes qu'il a avec le procureur général de Lubumbashi », assène le porte-parole du gouvernement.

Plus haute juridiction du pays, le Conseil d'État a été mis en place récemment par le président Joseph Kabila et devrait avoir pour charge de trancher dans cette affaire. Pour Delly Sesanga, cette institution « et c'est une première », qui a été créée « pour mettre fin à l'abus des autorités publiques », est en position de « s'illustrer comme étant le rempart pour les libertés publiques et le garant de l'Etat de droit dans notre pays ».

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