31 Juillet 2018

Cameroun: Une crédibilité à consolider

Il va de soi que l'appréciation qui sera portée sur l'élection présidentielle du 7 octobre 2018 sera tributaire de la qualité de l'organisation, de la gestion et de la supervision de l'ensemble du processus électoral par Elections Cameroon (Elecam) qui en a la responsabilité. Car à l'observation, le travail que cet organisme indépendant est appelé à effectuer apparaît titanesque.

Pour accomplir sa mission, Elecam doit concevoir et mettre en mouvement une machine bien huilée, pilotée par une administration efficace et un personnel compétent et dévoué. Il y va de la crédibilité même d'Elecam, compte tenu de l'enjeu ainsi que du contexte particulier de ce scrutin au suffrage universel direct.

En attendant les résultats escomptés, on peut d'ores et déjà noter que la sérénité qui prévaut à Elecam, à en croire son directeur général, Erik Essoussè, est un signe rassurant. Car le poids des opérations à conduire en ce moment et au cours des prochaines semaines risque de donner le tournis.

Prenons la problématique de la gestion du fichier électoral. Celui-ci doit être assaini dans les délais pour susciter la confiance des électeurs et celle des prétendants au fauteuil présidentiel. A ce niveau, l'importance des tâches dépendra du nombre total des électeurs. Ils sont pour le moment près de 6,5 millions.

Un chiffre provisoire qui ne tient pas encore compte des derniers inscrits. Lors de la présidentielle du 9 octobre 2011, Elecam avait dû gérer un fichier comprenant environ 7,5 millions d'électeurs enregistrés.

Ce qui avait imposé un véritable défi en ce qui concerne l'impression et la distribution des cartes d'électeur, surtout lorsqu'on sait que les commissions chargées du contrôle de l'établissement et de la distribution de ces cartes sont souvent désertées par les représentants des partis politiques.

Dans ces conditions, arriver à distribuer finalement 100% des cartes n'est pas une sinécure, notamment dans les localités en proie à l'insécurité et les zones urbaines où les populations sont denses, hétéroclites et attentistes.

L'autre équation à résoudre est celle de l'impression et de l'acheminement des bulletins de vote et de campagne. Ici, la charge de travail sera fonction du nombre d'électeurs, en plus du nombre de candidats qui sera définitivement retenu.

Si l'effectif est pléthorique comme ce fut le cas en 2011, il faudra produire des centaines de milliers de bulletins de campagne et plusieurs millions de bulletins de vote par candidat, ce qui peut entraîner l'impression des centaines de millions de bulletins.

Sans compter des milliers de petites et grandes enveloppes, des centaines de milliers de procès-verbaux de dépouillement et des dizaines de milliers de feuilles de pointage à produire et à mettre à la disposition des bureaux de vote et d'autres instances chargées de la gestion des opérations électorales.

Faut-il ajouter qu'il y a pour cette élection près de 25 000 bureaux de vote à localiser (trouver l'emplacement approprié), à organiser (désignation des responsables) et à doter en matériels adéquats à l'intérieur du Cameroun, en plus des 56 bureaux prévus à l'étranger pour la diaspora? Et ce n'est pas tout.

La coordination de l'ensemble des opérations et la gestion de toute la logistique électorale sont d'autres casse-tête. Comme on le voit, le challenge qui se présente est de taille. Elecam n'a pas d'autre choix que de le relever, car de sa réussite dépendra la consolidation de la démocratie camerounaise.

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