12 Août 2018

Ile Maurice: «Qui veut gagner des millions?» - Ce qu'il faut savoir

Le jeu le plus diffusé de toute la planète a fait ses débuts, hier, samedi 11 août, à la télévision nationale, la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC). Dans les foyers mauriciens, les téléspectateurs n'étaient pas seulement attentifs au jeu, ils se demandaient s'ils allaient tenter leur chance. Comment ça marche ? On vous dit tout.

La sélection des candidats

Atterrir sur ce plateau, le plus reproduit au monde, c'est un peu comme gagner à la loterie. Pour participer au jeu, il faut appeler un audiotex. «Afin de s'assurer que la première sélection se fasse de façon aléatoire, sans intervention humaine», explique le directeur de la société de production Happy Frog, Hans Puttur, rencontré dans les locaux du show jeudi 9 août.

«Cela permet de donner la chance à tout le monde d'être choisi», ajoute, pour sa part, Vijay Pal Soni, le producteur. «Tous les Mauriciens y participent, vous verrez», souligne Hans Puttur. D'ailleurs, plus de la moitié de l'émission se déroule en créole, afin de mettre tout le monde à l'aise.

Quand les candidats potentiels appellent sur l'audiotex, ils doivent répondre correctement à la question posée. Ne croyez pas qu'une fois la bonne réponse donnée, c'est dans la poche. Chaque jour, entre 15 et 20 numéros sont choisis au hasard par la Gambling Regulatory Authority (GRA). Donc, pour multiplier vos chances d'être choisi, il faut appeler l'audiotex un maximum de fois.

Les numéros sont ensuite transmis à Happy Frog, l'investisseur principal de l'émission, qui se charge de la présélection. Vos connaissances seront enfin mises à l'épreuve.

Le jeu

Contrairement aux autres jeux télé, «Qui veut gagner des millions ?» se joue en solo, sans adversaire. Lors de chaque épisode, six candidats sont présents. Le candidat qui accède au «hot seat» est choisi après l'étape de «Fastest Finger First». Lors de l'épreuve, une question est posée et le plus rapide l'emporte.

Le candidat sélectionné doit par la suite répondre aux 15 questions qui mènent au million, avec quatre possibilités de réponse. Aucune limite de temps ne lui est imposée. Les questions pour la version mauricienne ont été travaillées par un panel de l'université de Maurice.

Mis à part l'ingénieur en chef qui les a entrées dans le système, elles ne sont accessibles à personne, même pas à la présentatrice, Sandra Mayotte. Ces questions sont d'ordre général et relatives à Maurice. Souvent, elles concernent des choses auxquelles on ne prête pas forcément attention ; comme la longueur d'une brosse à dents, plaisantent nos interlocuteurs !

Les cinq premières questions sont les plus accessibles. Elles deviennent ensuite plus ambiguës. Une mauvaise réponse avant d'avoir passé le premier palier et le candidat rentre bredouille. Une fois passé le premier seuil, le joueur a le choix d'abandonner le jeu sans répondre et de repartir avec les gains de l'échelon précédent.

En cas de doute, il a droit à trois options au cours du jeu : 50/50, où deux des mauvaises réponses sont affichées, l'appel à un ami et l'avis du public. Les deux derniers ne garantissent toutefois pas une bonne réponse. En cas de mauvaise réponse, il repart avec les gains du palier sécurisé.

Et que se passe-t-il lorsqu'un candidat perd ? C'est retour à l'étape «Fastest Finger First», qui se joue entre les cinq candidats restants. Le plus rapide gagne la chaise et le jeu redémarre !

Bio Express

«Qui veut gagner des millions ?» a été créée vers la fin des années 90 par David Briggs, Mike Whitehill et le réalisateur Steven Knight. Considérée comme l'une des émissions les plus populaires de la planète, elle a été réadaptée et diffusée dans plus de 160 pays. Le show est en cours en Australie, en Autriche, aux États-Unis et en Inde, entre autres.

Jusqu'à présent, l'émission n'a fait qu'une petite poignée de millionnaires dans chaque pays. Les gagnants du Royaume-Uni, par exemple, peuvent être comptés sur les deux mains ! Cela dit, bonne chance !

Des années de challenge

L'idée d'avoir «Qui veut des millions ?» à Maurice ne date pas d'hier. Selon le producteur Vijay Pal Soni, cela fait presque 18 ans qu'il détient le permis de l'émission pour la région océan Indien. Pour réaliser ce rêve enfin, Happy Frog a multiplié les rencontres avec la MBC (car l'une des conditions de Sony Pictures est que ce soit la chaîne de télévision nationale du pays hôte qui diffuse l'émission) pour démontrer qu'il s'agit d'un projet viable.

Si «Qui veut gagner des millions ?» a pu voir le jour, il n'en reste pas moins que la route a été semée d'embûches, que ce soit au niveau administratif, du sponsorship, de l'expertise de la main-d'œuvre et des équipements, indique le directeur de Happy Frog. Un gros travail a été abattu pour partager la vision des producteurs aux sponsors, essentiels au projet. Mais beaucoup ont été réticents au prime abord. Beaucoup le sont toujours.

La perfection, une condition sine qua non

«Excellence is a standard of Sony Pictures», lâche le coproducteur et réalisateur G.K Santhosh. Impossible d'avoir l'aval de la maison-mère si les critères et les spécificités du plateau et de l'émission ne respectent pas ceux de la charte existante. Il a fallu deux mois pour refaire de A à Z le studio qui abrite le plateau. Les lumières, la mise en réseau, le câblage, le nombre de caméras sont identiques à ce qui se fait ailleurs.

Quarante-neuf Mauriciens ont été formés pour toute la logistique, des techniciens aux maquilleurs. Quant au plateau de l'émission, c'est l'entreprise mauricienne Plug In qui a relevé le défi de réaliser sa conception. «They are humble people who pulled the resources together to get the set done with the exact dimensions», fait ressortir G.K. Santhosh.

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