13 Août 2018

Cote d'Ivoire: Libération de Simone Gbagbo - Le président Ado sur les pas de son mentor Houphouët

L'auteur du point de vue ci-dessous revient sur la grâce présidentielle accordée aux pro-Gbagbo dont Simone en Côte d'Ivoire. Lisez plutôt pour en savoir davantage !

« Le bubale ne bondit pas pour que son rejeton rampe », disait l'écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma dans son roman Les soleils des indépendances. Ainsi en va-t-il lorsque le président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara (ADO), en véritable fils spirituel de l'ancien président Houphouët, décide de gracier l'ex-première Dame, Simone Gbagbo (condamnée en 2015 à 20 ans de prison pour atteinte à la sûreté de l'Etat), à l'occasion du 58e anniversaire de l'accession de son pays à l'indépendance, le 7 août dernier.

La preuve : en février 1992, le régime de Félix Houphouët-Boigny, avec ADO comme Premier ministre, a arrêté le couple Gbagbo suite à des manifestations de protestation contre le « nettoyage » musclé de la résidence universitaire d'Abidjan, a roué de coups Simone, l'a transportée inanimée au CHU de Yopougon pour l'y soigner pendant dix-huit jours, puis l'a emprisonnée à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA).

Et a dénudé Laurent Gbagbo devant ses militants, puis l'a emprisonné dans les sinistres locaux de la même MACA. Avant que Houphouët gracie et libère plus tard ledit couple après le jugement et la condamnation de celui-ci (Cf. l'émission "Spéciale Simone" de mon émission de reggae sur les antennes de Radio Gambidi).

Et c'est ce que ADO, sur les pas de son ex-mentor Houphouët, vient de faire en libérant Simone Ehivet. Un véritable remake. Il faut être amnésique de l'histoire pour ne pas s'en rendre compte.

La recette est connue. Sur le plan politique, un tel acte comporte des dividendes : il permet à son auteur de se revêtir du costume de faiseur de paix, de bonifier son image qui était associée à celle de dictateur et de pourfendeur de justice à travers la politique de deux poids deux mesures et ce, étant donné que les pro-Ouattara n'ont vu leur responsabilité engager dans les crimes commis lors de la crise ivoirienne de fin 2010 début 2011 alors que.

Certes, certains pro-Gbagbo sont contents de sa libération, mais je pense que celle-ci ne fait ni chaud ni froid à Simone qui a vu trop de vertes et des pas mûres dans le passé avec la Direction de la surveillance de territoire (DST) de Houphouët et ce, depuis sa première interpellation policière en 1966 (à l'âge de 17 ans), alors élève gréviste au lycée classique d'Abidjan, en passant par les mille rivières kafkaïennes qu'elle a traversées pendant les six (6) années d'exil de son époux Gbagbo, de 1982 à 1988.

A ce propos, elle n'hésita pas à apposer, au-dessus du lit de leur chambre de la résidence présidentielle, leurs photos d'identité judiciaire respectives prises au temps de leurs tourments et ce, en guise de souvenir de leur passé.

Telle une Winnie Mandela, les poires d'angoisse politiques qu'elle a avalées, l'ont tellement fortifiée que ça ne m'étonne pas de voir Simone ne pas manifester outre mesure sa béatitude avec une attitude de danseuse de coupé décalé et de zouglou suite à sa libération.

Sans que cela ait un lien avec le maintien de l'épée de Damoclès que constitue le mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale qui plane toujours sur sa tête « de linotte ».

A présent, il ne nous reste qu'à nous pourlécher les babines en attendant le rôle de trouble-fête que la guêpe au venin redouté qu'elle est, pourrait jouer pour l'ébullition des eaux de la lagune Ebrié à la présidentielle de 2020, car ne reculant jamais devant un obstacle, tel un bousier. Comme le disait l'éminent professeur Joseph Ki-Zerbo : « Le courage d'un seul jour n'est pas du courage ».

Auteur du livre Faste désastre

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