13 Août 2018

Mali: Présidentielle - Un second tour peu couru

Le scrutin ayant opposé hier Ibrahim Boubacar Keïta et Soumaïla Cissé s'est déroulé dans une relative indifférence des électeurs.

Plus de 8 millions d'électeurs maliens étaient attendus hier aux urnes pour départager Ibrahim Boubacar Keïta et Soumaïla Cissé dans le cadre du second tour de l'élection présidentielle. Mais, une bonne partie des 23 000 bureaux de vote sont restés désespérément vides tout au long de la journée.

Face à la forte pluie qui s'est abattue sur Bamako la capitale et un peu partout à travers le pays, de nombreux Maliens ont préféré rester chez eux. Au-delà du simple fait d'une météo capricieuse, les Maliens sont également apeurés depuis quelque temps par des menaces de violences venant de part et d'autre.

Raison pour laquelle la plupart n'ont certainement pas voulu prendre le risque de sortir des maisons. La veille, les forces de défense et de sécurité maliennes ont interpelé trois Maliens soupçonnés de projeter des attaques ciblées afin de perturber les opérations de vote.

Arrivé au centre «Ecole A-B» de Sebeninkoro à Bamako aux premières heures de la matinée, le président sortant a accompli son devoir civique. Avant de quitter les lieux, Ibrahim Boubacar Keïta, crédité de 41,70 % de suffrages au premier tour, a tenu à mettre en garde contre les «manœuvres» et «mises en scène» de fraude électorale dénoncées par l'opposition.

«Il est des manœuvres dont nous savons qu'elles sont à l'œuvre pour faire croire que nous serions dans une logique de fraude. Comment frauder quand on a l'assurance de l'estime de son peuple? Pourquoi essayer de frauder?», a-t-il lancé.

Cette sortie du président malien fait suite aux accusations lancées samedi par Tiébilé Dramé, chef de campagne de Soumaïla Cissé qui a obtenu 17,78 des voix le 29 juillet dernier. «Cela fait trois jours qu'on apprend que des bulletins de vote circulent dans le pays. Ces bulletins devraient être sous scellés et ouverts seulement en présence des assesseurs, des délégués et des mandataires des candidats», a-t-il déclaré.

Pour davantage rassurer électeurs et observateurs, la Commission électorale dit s'être fait assister par la Cour constitutionnelle qui a affecté un agent dans chaque bureau de vote afin de s'assurer du bon déroulement des opérations. En matière sécuritaire, 36 000 militaires maliens, appuyés par des Casques bleus et des soldats de l'opération françaises Barkhane, ont été mobilisés pour veiller au grain.

Afin d'éviter le triste souvenir du premier tour au cours duquel 871 bureaux, soit plus de 3 %, étaient restés fermés en raison de violences, privant ainsi près de 250 000 Maliens du droit de vote dans le centre et le nord du pays. Les résultats sont attendus au cours de la semaine.

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