14 Août 2018

Congo-Kinshasa: Paty Muangisa - « Nous travaillons pour rétablir le dialogue entre Congolais »

interview

Le coordonnateur du mouvement citoyen Ujana en Belgique, proche du PPRD, estime que la République démocratique du Congo (RDC) a trop souffert dans plusieurs domaines et le processus électoral en cours devra se terminer dans la paix. Entretien.

Le Courrier de Kinshasa (L.C.K.) : Quelle est l'actualité de la plate-forme Ujana que vous coordonnez ici en Belgique ?

Paty Muangisa (P.M.) : Notre actualité est liée aux enjeux du pays. Le défi à court terme c'est la réussite du processus électoral que nous voulons voir se terminer dans la paix. Notre pays a traversé des moments difficiles dans plusieurs domaines. Cela s'est ressenti même dans la diaspora et occasionna des divisions inutiles entre Congolais. A notre niveau, nous travaillons pour rétablir le dialogue entre Congolais afin de coordonner nos efforts en synergie avec nos compatriotes vivant au pays pour son développement.

L.C.K. : Finalement, Joseph Kabila n'est pas candidat à la prochaine élection présidentielle contrairement aux intentions qui lui étaient prêtées. Comment entrevoyez-vous son avenir et pensez-vous que sa décision va décrisper la situation politique dans le pays?

P.M. : Son avenir, c'est lui-même qui le déterminera et j'espère qu'il mettra son expérience au service du pays. Notez que le statut d'ancien chef de l'État est défini par une loi ad hoc.

Étant à juste titre autorité morale du Front commun pour le Congo, comprenez qu'il restera un acteur majeur de la scène politique de notre pays. Nous n'avons jamais considéré qu'il y avait une crispation politique en République démocrattique du Congo (RDC). Beaucoup de schémas ont été inventés par des ennemis de la RDC en complicité avec certains acteurs politiques congolais pour tenter d'avoir la main sur nos richesses et continuer à nous exploiter. Nous vivons dans un cadre démocratique où seul le respect de nos lois compte. Ne pas se représenter n'est pas un cadeau du président de la République, c'est juste la continuité de son vœu de faire de la RDC une vraie démocratie. Cela passe alors par le respect de notre Constitution, de nos lois et le chef de l'Etat n'est que dans son rôle de garant de la Constitution.

L.C.K. : Quel bilan faites-vous aujourd'hui du processus électoral ?

P.M. : Le processus est irréversible. Les signaux sont au vert car, d'une part, le gouvernement respecte ses engagements de financer ses élections et, d'autre part, nos acteurs politiques se mettent déjà en ordre de bataille pour ces élections. Le travail de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) qui passe par le respect de son agenda augure des meilleurs lendemains pour des élections transparentes et apaisées.

L.C.K. : Certains acteurs politiques, notamment de l'opposition, estiment que l'utilisation de la machine à voter va biaiser les résultats des élections ? Que pensez-vous de cette machine à voter et comment pourriez-vous justifier le choix d'un tel procédé de vote ?

P.M. : A notre niveau, nous ne savons pas répondre à cette question. Il vaudrait mieux la poser à Corneille Nangaa. Mais, nous constatons qu'à son niveau, il y a un travail pédagogique qui est fait afin que les détracteurs de cette machine comprennent son avantage pour nous permettre d'avoir des élections dans le délai. Nous encourageons les acteurs des différents bords à continuer à se parler afin de rétablir la confiance autour de cet outil pour parvenir à de bonnes élections. Le chaos ne profitera à personne et nous devons travailler ensemble.

L.C.K .: Les Congolais de l'étranger sont, une fois de plus, exclus du vote alors que cela était prévu dans la loi électorale. Congolais vivant en Belgique, comment réagissez-vous à cette situation ?

P.M.: C'était une déception pour nous que la diaspora ne vote pas à ces élections. Vous conviendrez avec moi que la diaspora intervient dans beaucoup de secteurs pour le développement de la RDC. Nous aurions voulu avoir un mot via les urnes pour le choix de nos acteurs politiques. Par ailleurs, nous continuons à travailler avec les acteurs de terrain afin qu'aux échéances à venir, en principe en 2023, que la loi électorale s'applique entièrement.

L.C.K. : Etes-vous confiant sur l'issue de ce processus électoral ?

P.M. : Le travail de la Céni est remarquable. Nous aurons sûrement de bonnes élections. Nous appelons tous les acteurs tant politiques que de la société civile à s'accorder, à avoir un vrai sens de responsabilité afin de faire aboutir ce processus dans l'intérêt de notre population.

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