Burkina Faso: Procès putsch manqué - Retour au prétoire

Photo: fasozine
putsch manqué du 16 septembre au Burkina Faso

Suspendu depuis le 28 juillet 2018, c'est ce matin à 9h que va reprendre le procès du coup d'Etat manqué du 16 septembre 2015. Après une quinzaine de jours, les juges, le parquet militaire, les avocats des parties civiles, ceux de la défense et les 84 inculpés vont retourner dans la salle des Banquets de Ouaga 2000, transformée depuis le 27 février courant en prétoire pour la circonstance.

Avant cette suspension, une trentaine d'accusés se sont succédé à la barre pour s'expliquer sur des faits d'attentat à la sûreté de l'Etat, de meurtre, de coups et blessures volontaires, de dégradation volontaire aggravée de biens, d'incitation à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline ou de complicité en rapport avec ces chefs d'accusation.

A défaut de bénéficier des vacances judiciaires, les différentes parties prenantes au procès putsch manqué du 16 septembre 2015 avaient obtenu une quinzaine de jours pour se reposer avant la reprise de l'instruction du dossier à la barre. L'interrogatoire au fond des accusés avait débuté le 29 juin 2018 après quatre mois de tiraillements dus aux incidents de procédures et aux exceptions.

A cela s'ajoutent les déports d'avocats et les nombreuses suspensions. Le bal des auditions avait été ouvert avec le sergent-chef Laoko Mohamed Zerbo qui a été entendu deux jours durant (vendredi et samedi). Le parquet du tribunal militaire de Ouagadougou lui a reproché des faits d'attentat à la sûreté de l'Etat, de meurtre, de coups et blessures volontaires et de dégradation volontaire aggravée de biens.

Choses que l'ancien commando de 33 ans a niées en bloc, tout comme la majeure partie des autres inculpés qui ont défilé à la barre (voir liste en encadré) : en effet, sur la trentaine d'inculpés, ceux qui ont reconnu partiellement les faits à eux reprochés se comptent sur les doigts de la main.

La plupart ont argué avoir exécuté des ordres militaires provenant de leurs supérieurs hiérarchiques ; l'ordre militaire s'exécutant sans murmures ni hésitations selon leurs propos.

Mais selon le ministère public, il est également enseigné aux militaires la possibilité de ne pas exécuter un ordre si celui-ci est manifestement illégal tel que, en l'occurrence, interrompre un Conseil des ministres ou arrêter des autorités en place, fussent-elles de la Transition.

Du côté des avocats, qu'ils soient du côté des accusés ou des parties civiles, les arguments ne manquent pas pour plaider la cause de leurs clients.

C'est toujours donc dans cette dynamique que se poursuivront les débats devant le président de la chambre de première instance du Tribunal militaire de Ouagadougou, Seidou Ouédraogo, son juge conseiller, ses juges assesseurs militaires et l'auditoire qui ne veut rien manquer de ce procès marathon.

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Plus de: L'Observateur Paalga

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