15 Août 2018

Burkina Faso: Protection de l'arbre à karité

Le Groupe recherche action pour la gouvernance forestière (GAGF), à travers le Centre pour la gouvernance forestière a organisé, du 23 au 26 juillet 2018, dans les villes de Léo, Kongoussi et Gomponsom, une caravane de plaidoyer pour la promotion de l'agroforesterie avec l'appui financier de l'ONG Tree Aid.

La 1re ville à accueillir la caravane de plaidoyer organisée par le Groupe recherche action pour la gouvernance forestière(GAGF) en collaboration avec l'ONG Tree Aid, le 24 juillet 2018 a été à Léo dans la région du Centre-Ouest.

Le plaidoyer des caravaniers a porté sur le thème : «La filière karité : rôle des acteurs dans la préservation de la ressource». Selon la communicatrice du GAGF, Korotoumou Ouédraogo, l'arbre à karité est en voie de disparition si rien n'est fait. «En 1960, l'on comptait 230 pieds d'arbres à l'hectare et en 2004, l'on ne compte que 11 pieds à l'hectare. Cela est dû à la coupe abusive de l'arbre et à la carbonisation», a-t-elle fait savoir.

A cela s'ajoutent, selon elle, la faiblesse de la législation forestière et agricole, la persistance des feux de brousse, la cueillette immature des fruits et l'effet de l'urbanisation avec son corollaire de déforestation.

«Face à cette situation, il est temps que des actions soient menées pour la survie de la filière qui fait du Burkina Faso, le 2e pays producteur mondial de beurre de karité après le Nigeria », a-t-elle souligné. Séance tenante, des associations à l'image de la fédération, « Nunuma » ont pris l'engagement de préserver l'arbre à karité.

Le karité, même mort, ne doit pas être coupé

Ainsi, la vice- présidente de la fédération Mamounata Aouba, a, au nom des membres de sa structure, promis de dénoncer auprès des autorités compétentes toute personne prise en flagrant d'élit en train d'abattre l'arbre à karité ou de recueillir précocement des fruits verts. De l'avis du chef des programmes de Tree Aid, Désiré Ouédraogo, ce cadre d'échanges permet d'interpeller les acteurs au niveau local, sur la nécessité de préserver l'espèce. «Il faut donc valoriser cette espèce», a insisté M. Sawadogo.

Selon Blaise Sawadogo, très peu de personnes savent que le karité est une espèce intégralement protégée par le code forestier. «Qu'il soit vivant ou mort, nul n'a le droit de le couper.

Et l'agent forestier doit être strict quant au contrôle. En outre l'arbre peut être coupé s'il est tombé de lui-même ou s'il menace la survie d'une concession ainsi que de ses habitants. Cela se fait de commun accord avec les services forestiers », a expliqué Korotoumou Ouédraogo.

Elle a invité les acteurs impliqués dans la filière karité à mettre l'accent sur la recherche, mais aussi sur les reboisements de l'espèce. Au cours des échanges, le maire de la commune urbaine de Léo, Abdoul Manane Nebié, a signifié que pour soutenir la filière karité, un site a été attribué à la fédération Nunuma pour abriter leur usine de fabrication du beurre.

«En amont pour préserver l'environnement, nous avons dégagé des sites pour créer nos propres forêts classées dans 19 villages. Déjà dans un village à 5 km de Léo, nous travaillons sur 80 hectares pour en faire une forêt, en attendant que le transfert des ressources et des compétences soient effectifs », a-t-il annoncé. Abdoul Manane Nebié a souhaité que le processus soit accéléré au niveau du ministère en charge de l'environnement.

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