16 Août 2018

Sénégal: Le développement ne peut être envisagé sans un investissement massif dans les énergies renouvelables

Le ministère sénégalais en charge de l'Environnement et du Développement durable croit "fermement" que le développement du Sénégal ne peut être envisagé sans un investissement massif dans les énergies renouvelables, a affirmé mercredi un de ses responsables, Mouhamed Tidiane Barry, selon qui le Sénégal s'efforce de mettre tous les moyens dont il dispose pour y parvenir.

Les énergies renouvelables représenteront, d'ici 2030, une part importante dans notre mix énergétique. Le Sénégal, qui a l'ambition de devenir un acteur majeur en la matière, entend bien multiplier ce type d'investissement qui s'inscrit dans la volonté de réduire la facture énergétique du pays, de faciliter l'accès à l'énergie pour tous ainsi que l'abattement des émissions de gaz à effet de serre", a dit M. Barry à Saly-Portudal au cours d'un atelier de formation des autorités locales et administratives des villes de Pikine et Guédiawaye sur les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique.

Cet atelier de deux jours (15-16 août) entre dans le cadre du projet "Planification intercommunale sensible au changement climatique et à l'efficacité énergétique" (PICEP), financé grâce à une subvention de 800 mille euros, soit environ 525 millions de francs CFA, représentant 80% du coût du projet. Les 20% sont à la charge de la ville de Pikine, ville-pilote dudit projet.

La puissance installée en énergie renouvelable connectée au réseau électrique représente 23% de la puissance électrique totale pour un objectif initial de 20% prévu enfin 2017. Actuellement, un nouvel objectif de 30% de part d'énergie renouvelable dans la capacité totale de production est fixé pour fin 2019, a signalé M. Barry.

"En plus de ces centrales connectées au réseau, le Sénégal met en œuvre de nombreux projet et programmes d'électrification par voie solaire d'infrastructure communautaires et d'édifices public par voie solaire, d'utilisation du solaire dans le pompage, d'électrification des zones éloignées des réseaux électriques, d'utilisation des chauffes eau solaires, des séchoirs solaires pour la transformation des produits halieutiques en vue d'accompagner les femmes transformatrices", a -t-il fait savoir .

Egalement dans le domaine de l'efficacité énergétique, la réalisation de 40% d'économie d'énergie à l'horizon 2020 est envisagée. Cet objectif sera atteint par la mise en œuvre d'un ambitieux programme portant notamment sur le renforcement de l'efficacité énergétique au niveau des ménages, des industries et des bâtiments, a laissé entendre Mouhamadou Tidiane Barry qui soutient que dans une logique d'appropriation de la démarche de la lutte contre le changement climatique développée par les villes de Pikine et Guédiawaye, la sensibilisation et la formation des autorités locales ainsi que la mobilisation des acteurs locaux autour des enjeux climatiques, constituent des axes d'intervention incontournables.

"La mise en place d'un nouveau modèle énergétique est une chance à saisir, celle d'améliorer très concrètement la vie quotidienne de chacun tout en protégeant mieux notre planète, de réduire nos émissions de gaz à effet de serre et de contribuer activement à la lutte contre le réchauffement climatique, mais aussi une chance de mieux assurer notre indépendance et notre souveraineté énergétique en préparant l'après pétrole et en réduisant le coût d'important qui grèvent lourdement notre balance commerciale, de stimuler l'innovation, d'améliorer la compétitivité de nos entreprises et de développer des filières d'avenir capable de conquérir de nouveau marchés et d'alléger la facture énergétique de vivre dans un environnement moins pollué et plus sain", a dit Barry.

A cet effet, l'implication des collectivités territoriales est plus qu'un devoir, c'est une urgence, une responsabilité que les élus locaux devraient saisir pour garantir une viabilité des territoires, a-t-il indiqué, estimant l'engagement et la détermination du ministère de l'Environnement et du Développement durable à accompagner les collectivités territoriales dans la lutte contre les fléaux comme les inondations, l'érosion côtière, la perte de la biodiversité, la pollution de l'air, du sol, de la nappe, sont à magnifier.

"Loin d'un portage politique ostentatoire, le changement climatique est aujourd'hui une réalité perceptible et concrète et nous devons tous joindre nos forces pour faire face. Comme vous le savez, près de 50% des émissions de gaz à effet de serre (GES) du Sénégal proviennent du secteur de l'énergie. Les mesures et actions d'atténuation des émissions de gaz à effet de serre seront fortement centrées au niveau de ce secteur", a-t-il poursuivi.

Pour lui, l'enjeu de cette formation est clair. Il s'agit, à l'en croire, de montrer aux collectivités territoriales le rôle incontournable qu'elles devront jouer dans la construction de leur future énergétique, qui répond à des enjeux environnementaux, de diversification des sources d'énergie et de développement. Les collectivités locales joueront à l'avenir un rôle capital dans un système énergétique décentralisé.

Le Sénégal à travers sa Lettre de politique de développement du secteur de l'énergie compte davantage valoriser le mix énergétique en augmentant la part des énergies renouvelables et améliorer l'efficacité énergétique dans la consommation finale. Des mesures qui visent à réduire la facture pétrolière et renforcer la sécurité énergétique.

Les collectivités territoriales n'ayant pas de compétences directes en matière d'énergie émettent une part importante de gaz à effet de serre et sont les premières à subir les conséquences des dérèglements climatiques.

Ainsi, pour faire face aux défis d'accroitre l'utilisation des énergies propres et d'infléchir les pics d'émissions de CO2, les villes et de manière générale, les collectivités locales des pays en voie de développement caractérisées, le plus souvent, par la faiblesse des moyens humains et financiers ont besoin d'être soutenues.

C'est dans ce contexte que la Commission de l'Union Européenne a accordé une subvention à des villes engagées dans la Convention des maires en Afrique Subsaharienne (CDM ASS) pour la mise en œuvre de leur projet climat-énergie au titre de la phase pilote.

L'objectif principal de la CSM ASS, est d'augmenter les capacités des villes à fournir l'accès à des "services énergétiques suffisants, durables et sûrs" aux populations urbaines et périurbaines. Une attention particulière sera accordée à l'efficacité énergétique et aux énergies renouvelables comme moteurs pour rendre les services faibles en émission locale et pour réduire la vulnérabilité des villes aux changements climatiques.

La ville de Pikine qui s'est engagée dans ladite Convention va mettre en œuvre son projet : "Planification intercommunale sensible au changement climatique et à l'énergie" dont l'objectif principal est de renforcer ses capacités dans la Planification du développement sensible au changement climatique (CC) et à l'énergie à l'horizon 2030.

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