16 Août 2018

Congo-Kinshasa: Le gouvernement congolais a émis un mandat d'arrêt international contre Katumbi

Le ministre congolais de la Justice annonce que ce mandat a été transmis à plusieurs pays africains et européens. Celui-ci affirme que Moïse Katumbi n'a jamais voulu revenir en République démocratique du Congo.

Le gouvernement congolais a annoncé avoir émis un mandat d'arrêt international contre l'opposant Moïse Katumbi, en exil depuis 2016.

D'après le ministre de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, Katumbi, Moïse Katumbi ne s'est jamais rendu au service de migration congolais du poste-frontière de Kasumbalesa, se limitant du côté zambien de la frontière.

L'opposant congolais Moïse Katumbi est un "fugitif" sous le coup d'un "mandat d'arrêt international" qui n'a jamais voulu rentrer en République démocratique du Congo (RDC) où la police était prête à l'arrêter, a déclaré jeudi (16 août) le ministre congolais de la Justice.

Allié puis adversaire du président Joseph Kabila, Moïse Katumbi répète qu'il a été empêché de rentrer par la Zambie les 3 et 4 août pour présenter sa candidature à l'élection présidentielle.

Selon Alexis Thambwe Mwamba, l'opposant congolais s'était alors livré à un "show politique", sans véritable intention de rentrer en RDC.

Atteinte à la sûreté de l'Etat

"Le parquet général a émis un mandat d'arrêt international contre M. Katumbi", a déclaré le ministre de la Justice en conférence de presse. "Il reste en vigueur. Il a été communiqué à un certain nombre de pays tant africains qu'européens", a-t-il ajouté.

Moïse Katumbi s'est présenté au poste-frontière de Kasumbalesa où il affirme avoir trouvé la frontière congolaise fermée et un important déploiement sécuritaire.

"M. Katumbi n'a jamais dépassé la barrière zambienne pour entrer dans la zone neutre et arriver à la frontière du Congo. C'était un show qu'il avait organisé. S'il avait voulu entrer sur le territoire, on aurait donné l'autorisation, avec mission d'exécuter le mandat de prise de corps qui a été émis contre lui par le procureur général", a détaillé le ministre de la Justice.

Tous lesleaders de l'opposition ont exigé lundi soir "le retour de Moïse Katumbi" pour qu'il participe à l'élection présidentielle du 23 décembre 2018.

Les partisans de M. Katumbi ont saisi le Conseil d'État pour l'autoriser à revenir et à déposer sa candidature même après la date limite du 8 août.

Ex-gouverneur du riche Katanga minier passé à l'opposition en septembre 2015, Moïse Katumbi a quitté la RDC en mai 2016 pour des raisons médicales. En son absence, il a été condamné à trois ans de prison dans une affaire de spoliation immobilière contre laquelle il a fait appel.

Il est également poursuivi pour "atteinte à la sûreté de l'État" dans une affaire de recrutement présumé de mercenaires renvoyée au 10 octobre par la Cour suprême.

Enfin, il est accusé d'avoir eu la nationalité italienne par les autorités congolaises qui interdisent officiellement la double nationalité. "Des farces judiciaires" pour son avocat parisien Eric Dupond-Moretti.

(Avec notre correspondent à Kinshasa, Saleh Mwanamilongo, et AFP)

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