20 Août 2018

Burkina Faso: Procés du putsch manqué/ Lieutenant Daouda Koné - « Je refusais de croire que c'était un coup d'etat »

Les présumés auteurs ou complices du putsch manqué de septembre 2015 continuent de se succéder à la barre. Les 17 et 18 août 2018, c'était au tour du soldat de 1re classe, Sidiki Ouattara, du lieutenant Koné Daouda et du soldat de 1re classe, Placide So.

A l'instar des autres qui les ont devancés à la barre, ils sont accusés d'attentat à la sûreté de l'Etat, meurtres, coups et blessures volontaires, dégradation et destruction volontaires de biens. Ils plaident non coupables puisque selon eux, ils ont exécuté des ordres militaires de la hiérarchie.

Le procès du putsch manqué de septembre 2015 se poursuit du côté de la salle des banquets de Ouaga 2000. Après le soldat de 1re classe Sidiki Ouattara, poursuivi pour complicité d'atteinte à la sûreté de l'Etat, meurtre, coups et blessures volontaires et dégradation volontaire aggravée de biens, le lieutenant Koné Daouda était à la barre le 17 août 2018 pour répondre des chefs d'accusation à lui reprochés dans les évènements de septembre 2015.

Avant de donner sa version des faits, l'officier a invité le parquet à ne pas lui tenir rigueur sur les dates et les heures lorsqu'il s'agira pour lui de narrer les faits parce qu'ils se sont déroulés il y de cela plus de 3 ans.

Néanmoins, précise-t-il, « je tenterai, autant que faire se peut, de dire la vérité ». De toute façon, estime-t-il, il ne s'agissait pas d'un coup d'Etat mais d'une crise qui allait finir par se résoudre comme les précédentes. « Je refusais de croire que c'était un coup d'Etat », a relevé le lieutenant Daouda Koné.

En effet, se souvient le lieutenant, le 16 septembre 2015, après la séance de sport dans la matinée, il avait décidé de se rendre en ville pour rencontrer un fournisseur parce qu'il était, à l'époque, l'officier d'ordinaire, c'est-à-dire celui qui est chargé de veiller à ce que les troupes soit alimentées.

A peine le portail du camp franchi que son supérieur hiérarchique, le lieutenant Gorgo Aliou Gislain, l'appelle pour l'informer qu'il y avait des «mouvements» dans la salle du Conseil des ministres. Une fois dans son bureau, ce dernier l'invite à le suivre chez le chef de corps.

Mais avant, l'ordre lui a été donné d'aller se mettre en tenue correcte, c'est-à-dire en tenue militaire. Ce qu'il a fait avant de se rendre au bureau du chef de corps qui se trouve au poste de commandement.

Des officiers venaient l'un après l'autre. C'est après que le Général Diendéré est venu dire que les autorités de la Transition sont retenues au Conseil des ministres. « Les autorités de la Transition étaient retenues dans la salle du Conseil des ministres».

Pour cette raison, le Général Gilbert Diendéré a instruit de maintenir les hommes en caserne et de réintégrer les moyens roulants. « Qui a pris part à cette rencontre ? », interroge le président de la chambre de première instance du Tribunal militaire de Ouagadougou, Seidou Ouédraogo.

« Les officiers du RSP », répond-il. « Quelles étaient les réactions de la troupe ? », reprit le juge Seidou Ouédraogo. « Je n'ai pas regardé leurs visages pour savoir », a fait savoir en substance Daouda Koné. Pour la journée du 17 septembre 2015, a poursuivi le lieutenant, il serait resté toujours en caserne en faisant des va-et-vient entre la cuisine et le PC afin que la troupe ait à manger à temps.

Le quartier était consigné et «on ne badine pas avec le repas». Le jour suivant, soit le 18 septembre 2015, ordre lui aurait été donné de sécuriser la voie allant de la télévision BF1 à l'Hôtel Laïco et de ce lieu au Rond-point de la Patte-d'oie.

Coordonnant la mission avec son second resté sur l'axe, le lieutenant Koné affirme avoir été à l'aéroport de Ouagadougou pour accueillir les chefs d'Etat de la CEDEAO venus pour la médiation.

Après la mission de sécurisation des chefs d'Etat de la CEDEAO, il a reçu un appel de son père lorsqu'il était en route pour le camp Naaba Koom II. Ce dernier lui a dit qu'il était en danger parce des personnes inconnues avait encerclé le domicile familial. Après avoir rendu compte à sa hiérarchie, il s'est rendu au domicile familial pour extirper son père.

Le Général Pingrenoma Zagré m'a dit : « Fiston, courage »

Après les questions du Tribunal militaire, ce fut au tour du parquet de poser des questions à l'accusé, pour mieux comprendre. C'est d'ailleurs dans cet exercice qu'il essayera de lui demander s'il reconnaissait avoir envoyé un message SMS à une personne.

« J'ai demandé à un ami civil de publier le message suivant » : "« 4 véhicules de type 4X4 en direction de Bobo- Dioulasso". Mais ce dernier a refusé de le faire sous prétexte qu'il craignait pour sa vie, reconnaît l'officier.

Mais cette version n'a pas convaincu le parquet militaire qui dit s'appuyer sur les éléments obtenus des expertises des téléphones portables de l'accusé. «4 véhicules noirs de type 4x4 transportant des éléments du RSP en direction de Bobo- Dioulasso », rectifie le parquet militaire avant de lui demander à quelle fin il avait demandé à ce civil de faire publier une telle publication.

« Je devais me rendre à Yimdi pour ravitailler les éléments qui y étaient mais je craignais pour ma vie. J'avais peur de rencontrer les autres éléments venus des autres garnisons », reconnaît Daouda Koné. Mais, précise-t-il, cette mission avait avorté parce que les éléments ont reçu l'ordre de rejoindre la base.

A la question de savoir s'il avait menacé celui à qui il avait demandé de faire la publication, l'officier a confié que ce dernier lui devait 2 millions de F CFA et que son message : « Ne te fous pas de moi. Je te connais mais toi tu ne me connais pas» que détient le parquet militaire, avait pour objectif de l'inviter à rembourser cette dette.

Dans sa tentative de justifier qu'il ne savait pas que ce qui s'était passé était un coup d'Etat, Daouda Koné a confié que ce n'est que le 21 septembre 2015 qu'il a appris sur les réseaux sociaux que quelque chose se passait. Il a, par la même occasion, vu des corps humains qui jonchaient certains endroits de la ville.

Malgré tout, l'officier de l'ex-RSP refusait de croire qu'il s'agissait d'un coup d'Etat. « Je ne savais pas que c'était un coup d'Etat. Je refusais d'accepter que c'était un coup d'Etat. Jusqu'à ce que je sois ici à la barre, je n'avais pas conçu dans mon esprit qu'il y avait un coup d'Etat», a déclaré le lieutenant Koné à la barre.

Puisque, selon lui, le Chef d'Etat-major général des armées au moment des faits, le Général Pingrenoma Zagré, lui avait dit : «Fiston, courage tout va s'arranger. On va trouver une solution ». Signalons que des débats, l'on a également retenu que c'est le 28 septembre 2015 que le lieutenant Daouda Koné a été interpellé par la Gendarmerie nationale.

« Je n'étais pas le seul militaire à ne pas savoir à quel saint se vouer »

L'audition du lieutenant Daouda Koné s'est poursuivie le 17 août dans l'après-midi. Sur la poursuite pour faits de coups et blessures volontaires sur 49 personnes que le président du tribunal lui a notifiés, l'officier ne reconnaît pas les faits. Il confie que lorsqu'on l'a appelé, il lui a été signifié qu'il y a mouvement au Conseil des ministres le 16 septembre 2015 et c'est avec l'arrivée du Général Diendéré qu'il a su que les autorités de la Transition étaient retenues.

« Tout était normal », lui demande le parquet ? « Naturellement non », répond-il. Pour lui, c'était une crise comme on en vivait souvent à l'ex-RSP. C'est avec son arrestation manu militari en ville, par un chef Maréchal des logis, avec une arme pointée sur sa tempe, qu'il a compris que la situation était bien pire que ce qu'il croyait, se souvient-il.

« Où alliez-vous », lui a demandé le parquet ? « En banque », a-t-il répondu. Le parquet, à ce point, rappelle que le lieutenant Daouda Koné détenait 850 000 F CFA au moment de son arrestation.

Et de lui demander d'où venait cette somme d'argent. « C'est mon argent, j'étais en chantier », dit-il, indiquant qu'il avait besoin d'un peu plus d'argent, raison pour laquelle il allait en banque. « La détention d'un chef d'Etat, chef suprême des armées, est-elle légale », lui demande le parquet ?

« Non », répond-il. « Qu'avez-vous fait ou entrepris pour vous désolidariser de la situation ? » « Je n'étais pas le seul militaire à ne pas savoir à quel saint se vouer », dit-il.

« L'armée était unie selon moi », dit-il, et « je ne sais pas de quoi ou de qui me désolidariser », indiquant que les crises antérieures passées ont été résolues sans qu'il ne se désolidarise de qui que ce soit. A la question de savoir s'il a pris part à la rencontre entre les chefs militaires le 25 septembre 2015, il confie avoir pris la rencontre au carré d'armes.

« Ces chefs militaires sont venus nous encourager, nous rassurer qu'ils ont la situation en main, de ne pas nous inquiéter », ajoute-t-il. Le chef de la 3e région militaire les a rassurés qu'il veillerait à ce que rien n'arrive aux éléments du RSP d'alors et qu'ils n'avaient rien à craindre, se souvient le lieutenant.

Pour le lieutenant, c'était plutôt un rassemblement et non une réunion. Le parquet rappelle que selon l'article 30 de la loi 19-2015 CNT du 5 juin 2015, « les militaires doivent obéissance à leur supérieur hiérarchique et sont responsables des actes posés. La responsabilité propre du subordonné ne dégage pas le supérieur de la sienne. Il ne peut leur être ordonné ou demandé de poser des actes contraires ».

« Quelle opinion avez-vous là-dessus », lui demande le parquet ? « Je n'ai pas arrêté un chef d'Etat, donc je n'ai pas d'opinion à donner sur cette disposition », affirme-t-il. « Pour avoir été aux côtés du Général Diendéré et l'avoir accompagné, n'êtes-vous pas comptables des morts et des blessés ? »

« Non », répond-il au parquet, précisant qu'il n'a pas tué, n'a jamais eu l'intention de tuer et le Général ne lui a pas demandé de l'accompagner. Il était au camp, en cantonnement et cela ne rend pas responsable, à son avis. Le 18 septembre 2015, avec l'arrivée des chefs d'Etat de la sous-région dont celui du Sénégal, Macky Sall, le lieutenant a fait le jalonnement, déployant des éléments sur l'axe qu'il fallait sécuriser pour le passage de ces chefs d'Etat.

« Pourquoi n'avoir pas bougé avant votre arrestation ?», lui demande le parquet qui s'interroge si les fonctions que le lieutenant occupait étaient si essentielles pour ne pas pouvoir bouger.

« Affirmatif », répond-il, faisant comprendre qu'il a demandé aux éléments sous ses ordres de respecter le quartier consigné. Le parquet qui se réfère à l'article 30 de la loi 19 de juin 2015, notifie à l'intention du Lt Daouda Koné que la responsabilité du chef peut se greffer à celle du subordonné, et défie quiconque de lui faire la preuve du contraire.

Pour le Conseil de l'accusé, Me Stéphane Ouédraogo, dans la théorie du principe, il faut rechercher les auteurs des actes et les arrêter. Le tribunal militaire reproche à son client de n'avoir pas procédé à des arrestations, alors qu'il n'était pas, à son avis, la personne indiquée pour le faire.

C'était au Tribunal militaire de le faire. Il n'a rien fait pour arrêter le Général Diendéré, attendant de voir dans quelle direction soufflerait le vent. L'avocat se demande la finalité recherchée par le parquet quand celui-ci insiste sur les conditions d'arrestation de son client. Et de demander à son client : « Est-ce que dans l'armée, vos chefs prennent des décisions et vous concertent ou vous y associent » ?

« Dans l'armée, répond le lieutenant Koné, il ne faut pas entrer ou se mettre dans la tête du chef, il faut se contenter d'exécuter les ordres ». Sur les 850 000 F CFA que l'accusé avait en sa possession pendant son arrestation, l'avocat a fait savoir que cela n'a rien d'extraordinaire, puisque, sur la base des témoignages de son client, celui-ci avait effectué une mission rémunérée au Darfour.

Quand on écoute le parquet, dit l'avocat, on a l'impression qu'une opération militaire avait lieu, au cours de laquelle l'officier Koné a œuvré à l'aboutissement de l'arrestation des autorités de la Transition. Ce qui n'est pas le cas, à l'entendre. Il estime inconsistant le dossier sur la base duquel le parquet poursuit le lieutenant Koné.

En écoutant le lieutenant Koné, Me Prosper Farama estime que le commandement avait anticipé sur les risques après l'arrestation des autorités de la Transition, alors qu'on a fait savoir qu'il n'y avait pas de situation prévisible.

Et de demander à l'officier s'il avait connaissance de la notion d'ordre légal ou illégal au moment des faits. En réponse, il dit qu'on ne lui avait jamais donné d'ordre illégal, et il n'en a jamais reçu.

« Tant qu'un chef n'est pas démis de ses fonctions, la situation n'est pas anormale et il n'y a pas de raison à craindre d'exécuter ses ordres », confie-t-il à la barre.

Pour lui, tout ordre donné par un chef était bien pensé. L'avocat revient à la charge, demandant à l'officier si le fait de rester auprès des acteurs du coup d'Etat était normal ou légal. Réponse du lieutenant : la crise était appelée à se dissiper avec l'arrivée des chefs d'Etat de la sous-région.

Me Stéphane Ouédraogo lui demande si l'ordre de faire du jalonnement pour sécuriser l'axe emprunté par les chefs d'Etat de la sous-région à leur arrivée était normal. Très normal, répond le lieutenant pour qui si quelque chose arrivait aux chefs d'Etat en question, c'est toute la Nation qui en répondrait.

Il dit n'avoir jamais fait usage de son arme, du 16 septembre 2015 jusqu'à son interpellation. « Je ne couvre personne, je n'invente rien, je dis ce que j'ai vécu. Je dis vrai et Dieu est mon témoin », soutient-il à la fin de son audition le 17 août autour de 17h, heure à laquelle le président du tribunal met fin à l'audience.

« C'est dans les films hollywoodiens que l'on voit cela »

Le feuilleton du dossier du putsch manqué, mettant en cause le Général Gilbert Diendéré et 83 autres, se poursuit dans la salle des Banquets de Ouaga 2000. Le 28e accusé sur la liste, le lieutenant Daouda Koné, dont l'interrogatoire a commencé le vendredi 17 août, était encore devant la barre du Tribunal militaire le samedi 18 août.

L'officier sur qui pèsent trois chefs-d'accusation, après avoir livré son calendrier durant les évènements, est aux mains des différentes parties pour des questions d'éclaircissements.

Après un certain nombre de questions, le parquet militaire fait observer que le lieutenant Daouda Koné, qui revenait de mission, n'avait pas un poste fixe au sein du RSP, en son temps. Et selon le parquet militaire, dans la foulée, il est coopté pour « commander une compagnie qui a pour but de sécuriser le camp ».

Par rapport aux observations de Me Stéphane Ouédraogo, avocat de l'officier en cause, qui stipule que le dossier n'a pas été bien instruit parce qu'il n'y a pas eu d'étude balistique et qu'il fallait extraire les balles pour déterminer de quelles armes elles ont été tirées, le procureur Alioun Zanré rétorque en ces termes : « C'est dans les films hollywoodiens que l'on voit cela. Que chacun parle de ce qu'il connaît sinon qu'il se renseigne avant ».

Et au sujet de l'utilisation des images des caméras existant dans certains lieux publics évoquée par l'avocat de la défense, Alioun Zanré fait comprendre que ce que le parquet n'a pas dit, c'est qu'il est entré en possession des enregistrements des caméras mais que certaines images ont été sciemment supprimées. Par ailleurs, Me Stéphane Ouédraogo, au cours de ces observations, mentionne que « l'on ne juge pas les intentions de son client mais les faits, car le procès pénal, c'est le procès des faits ».

A la suite de son avocat, le jeune officier Daouda Koné, à la fin de son interrogatoire, livre ce discours : « Si à un moment donné mes propos ont été perçus comme vexants et blessants, je m'en excuse. Je suis ici pour dire comment j'ai vécu les choses, ce que j'ai fait, pourquoi je l'ai fait. Certaines personnes ont voulu entendre des choses mais si je ne les ai pas dites, c'est parce que je n'en savais pas plus .

Je suis venu dans l'armée avec un idéal et c'est cet idéal qui guide ma discipline militaire et mon dévouement. Comme on le dit dans le jargon militaire, « les ordres qu'on donnons c'est ce que qu'on font ». Pour dire qu'on ne m'a jamais dit qu'on devait discuter les ordres venant d'un supérieur.

Avant d'être un officier, je suis un être humain qui craint la mort (... ). Que les âmes des disparus reposent en paix, que les blessés recouvrent la santé et je demande à Dieu de guider ceux qui ont la lourde tâche de me juger et leur donne la sagesse de pouvoir trancher. Que Dieu bénisse le Burkina Faso ».

Après cet ultime message, il rejoint le box des accusés et il est remplacé à la barre par le soldat de 1re classe Placide So, âgé de 31 ans, décoré de la médaille commémorative agrafe Mali. A ses côtés, pour assurer sa défense, l'avocat commis d'office, Me Orokia Ouattara.

Le soldat de 1re classe est accusé « de complicité d'attentat à la sûreté de l'Etat, meurtres, coups et blessures volontaires, complicité de dégradation et de destruction volontaire de biens ». Du revers de la main, le soldat balaie tous les faits à lui opposés.

Dans un français approximatif, le soldat de 1re classe déroule son calendrier : « Je suis descendu le 16 septembre. J'ai sollicité du carburant chez un parent et je suis rentré à la maison parce que j'étais de repos. C'est quand j'étais à la maison qu'un ami, chauffeur à la présidence, m'a appelé vers 16h pour savoir ce qui se passe parce qu'ils sont allés manger et au retour, ils ont trouvé le portail de la présidence fermé.

Quelques temps après, le sergent-chef Koussoubé m'a appelé pour me dire que ça chauffe au camp et que moi, je suis où ? J'ai alors démarré ma moto et je me suis rendu au camp en civil vers 17h. Le temps de me mettre en tenue, je suis allé trouver que le rassemblement était fini. Je me suis rendu à la salle de télé pour me renseigner. Et c'est là qu'on m'a dit que le Conseil des ministres a été interrompu.

Comme le quartier était consigné, je suis resté dans la salle de télé. Après, j'ai appelé mon frère Léonce So qui m'a indiqué qu'il est à son poste de garde, l'un des postes situés aux alentours du palais. Je suis allé causer avec lui et j'ai dormi là-bas ». Et le juge de l'interrompre en demandant s'il est possible qu'un soldat puisse aller bavarder avec un autre qui est de garde et qui n'est pas en fonction.

A cette préoccupation, Placide So fait remarquer que c'est possible et que ce n'était pas la première fois qu'il le faisait. Après cette parenthèse, le soldat de première classe continue sa narration des faits : « Le 17 matin, vers 6h, mon grand frère a pris ma moto pour croiser sa femme. Après, on a fait le rassemblement et on nous a dit de rester sur place. Je suis donc resté au camp jusqu'au 27 septembre.

Mais je me cachais la nuit pour rentrer à la maison et revenir. Le 27 septembre, j'ai été programmé pour la garde au Conseil et je suis descendu le 29 septembre. Après cela, je suis allé chercher mon ordre d'affectation au RCS ». Fin de la narration. « Quel est le nom de ton groupement et qu'est-ce que vous y faites ? », question du parquet militaire.

Placide So confie qu'il est « de la Compagnie d'appui qui intervient au niveau des armes lourdes portées par les véhicules ». Le parquet poursuit : « Etiez-vous armé quand vous êtes allé voir votre frère dans son poste de garde ? »

« Oui, j'étais armé parce que mon arme, c'est une dotation et comme je ne peux pas la confier à quelqu'un, alors je me promène avec ». Le parquet revient à la charge en faisant observer que selon les pièces du dossier, Léonce So n'était pas à la place indiquée par le soldat de 1re classe. « So Léonce a dit qu'il était de garde à la Résidence du Président ».

A ce propos, le soldat de première classe, un peu confus, dit ne pas avoir quelque chose à dire puisque lesdites déclarations ne sont pas les siennes.

Mais Me Orokia Ouattara, avocat de Placide So, vient à la rescousse de son client en faisant remarquer qu'effectivement, ce que son client a dit lors de sa narration des faits, tient la route puisque dans le procès-verbal de première comparution, Léonce So a dit : « entre-temps, mon petit frère est venu chercher 2 000 F CFA qu'il m'avait demandés et j'ai profité prendre sa moto pour aller donner de l'argent à ma femme ».

Même si le parquet trouve que ce que Me Ouattara a dit est effectif, il estime néanmoins que Léonce So n'a pas mentionné que son petit frère c'était Placide So. « Donc, qu'on ne trompe pas la religion du tribunal par la lecture de ce passage qui ne disculpe pas le soldat Placide So », ajoute le parquet qui poursuit son interrogatoire.

« Avez-vous quitté volontairement le camp ? », question du parquet à l'accusé qui raconte le contexte dans lequel il a quitté le camp : « Le 29 matin, j'étais de garde et quand j'ai vu qu'on nous encerclait, j'ai rendu compte, et l'adjudant de semaine nous a dit d'abandonner le poste et c'est là que nous avons pris nos motos et nous sommes partis ». L'audience reprend ce lundi matin avec Placide So à la barre.

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