20 Août 2018

Congo-Kinshasa: Processus électoral - Kinshasa inondée par des signes de précampagne

Un air de campagne électorale précoce souffle de plus en plus sur la ville capitale, submergée par des affiches, calicots et autres effigies des candidats sollicitant, à maints endroits, les regards des passants.

Alors que le calendrier électoral prévoit des dates bien précises pour la campagne électorale, bien d'acteurs politiques engagés notamment aux législatives et à la présidentielle n'hésitent plus à dérouler leur arsenal de campagne au mépris des règles édictées par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

À Kinshasa, les candidats à divers niveaux de scrutins s'adonnent à cœur joie à des actions destinées à solliciter les suffrages des électeurs potentiels. Le ton avait déjà été donné lors du dépôt de leurs dossiers aux Bureaux d'enregistrement et de traitement des candidatures qui avait tout l'air d'un carnaval.

Ils y avaient mis tout leur cœur en mobilisant, à coup d'espèces sonnantes et trébuchantes, de nombreux militants et sympathisants. Ces derniers avaient accompagné les candidats député ou président de la République à grand renfort de tapage sur fond de délire collectif.

Ceci n'avait fait qu'annoncer les couleurs d'une période très politisée qui n'allait pas manquer de faire tache d'huile. Actuellement, la ville de Kinshasa vit presque une ambiance de campagne électorale avec toutes ces affiches, tous ces calicots et effigies des candidats perceptibles dans les carrefours, dans les états-majors des partis politiques et devant les résidences des candidats.

Des médias appartenant à certains candidats à la présidence se réservent le droit de diffuser à longueur des journées leurs activités en versant dans la quasi-sublimation.

Les signes de campagne électorale inondent désormais l'espace public kinois. Des panneaux postés à des endroits stratégiques sollicitent les regards des passants, même si le message qui les sous-tend n'est pas forcément électoral.

La majorité présidentielle est accusée de s'adonner à cette pratique en laissant ses candidats s'exprimer en toute liberté sous le regard complaisant de la Céni.

Prince Epenge, le secrétaire exécutif de la Dynamique de l'opposition, enfonce le clou : « Vous allez voir que les drapeaux qui sont sur les avenues, ce sont les drapeaux de la majorité. Ceux de l'opposition sont presque invisibles ». Une attaque vite rejetée par la coalition au pouvoir qui estime faire plutôt une mobilisation en vue justement de la campagne électorale.

« Les partis de la majorité ne sont pas dans la précampagne mais se préparent à la campagne proprement dite. On ne peut pas faire la précampagne tant que la Céni n'a pas donné l'ordre », s'est défendu Tripo Losele, secrétaire national de la Convention pour la démocratie et la République, un parti de la coalition majoritaire au pouvoir.

Une chose est vraie, chacun des candidats veut d'ores et déjà tâter le pouls de son électorat à travers des actions sporadiques, juste pour prendre la température des intentions de vote en prévision des joutes électorales proprement dites. Là où le bât blesse, c'est le fait que la loi est muette sur les sanctions à infliger aux partis ou acteurs politiques qui se livrent à une campagne précoce.

En dehors de la période officielle de campagne où le Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication a un mot à dire en veillant notamment sur le respect des règles de jeu, cette institution d'appui à la démocratie est impuissante à faire valoir ses attributions de régulatrice des médias.

D'où les égarements de plusieurs candidats appelés dorénavant à respecter le code de bonne conduite qu'ils ont signé de bonne foi aux fins de moralisation de la vie politique du pays.

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