Afrique Australe: Thabo Mbeki désigné comme envoyé spécial de la SADC en RDC

IFF
H.E. Thabo Mbeki, Président du Groupe de haut niveau sur les flux financiers illicites (FIF)

À quatre mois de la présidentielle en RDC, la SADC veut suivre de près le processus électoral.

EDIT 20h50 : Nos confrères d'Actualité.CD citent ce soir le ministre de la Communication et des Médias et porte parole du gouvernement, Lambert Mende, qui affirme que "la proposition de l'Afrique du sud a été rejetée". "Le porte parole du gouvernement déclare que la RDC n'accordera plus d'accréditation aux envoyés spéciaux et la proposition de l'Afrique du Sud d'envoyer M. Mbeki a été rejetée", écrivent nos confrères. Des propos qui contredisent d'autres tenus auparavant. Le ministre, contacté par la DW, est ce soir injoignable.

C'est une désignation importante. À quatre mois de l'élection présidentielle en RDC, Thabo Mbeki vient d'être désigné par la communauté de développement d'Afrique australe (SADC) pour suivre le processus électoral en cours. Il s'agit donc d'une mesure de prudence - voire de méfiance - de la part de la SADC qui veut s'assurer du véritable retrait de Joseph Kabila et du bon déroulement du processus électoral.

Question sur la présence de Ramazani Shadari

Une analyse dévelopée par le politologue congolais Alfred Shango Lokoho. "Le président Joseph Kabila qui est censé ne pas se présenter lors de la présidentielle de décembre avait dit à ses paires au sommet de la SADC à Windouk qu'il ne fait pas un adieu, mais qu'il leur dit à bientôt. C'est tout à fait ambigu", estime-t-il.

Le politologue se demande pourquoi Joseph Kabila a emmené son dauphin, Ramazani Shadary, qui n'a aucune fonction étatique, au sommet de la SADC. "Au nom de quoi, si ce n'est que défier ses paires africains pour leur dire : Oui, je vous ai contenté, j'ai contenté le peuple congolais, mais je tiens encore, après Kabila ce sera pareil qu'avant ou après Kabila."

Elections crédibles, vraiment ?

Le processus électoral qui débute en République démocratique du Congo fait face à de nombreux défis. De nombreux obstacles sont susceptibles de nuire à ce processus. Pire : rien ne garantit la tenue d'élections crédibles selon Jacques Ndjoli, professeur à l'université de Kinshasa et ancien vice-président de la Céni en RDC, lors des élections de 2006.

"Comment peut-on aller aux élections où le fichier électoral représente 24% des électeurs sans empreinte, sans photo", demande-t-il. "La liste électorale devrait être publiée depuis le mois de février, selon le calendrier de la CENI, mais elle n'est pas encore publiée. Il y a aussi la question de l'inclusivité, celle du financement des élections. On est dans l'opacité", estime Jacques Ndjoli.

Thabo Mbeki, le diplomate

Thabo Mbeki est une personnalité qui maitrise les rouages de la vie politique congolaise. En 2002-2003, alors président de l'Afrique du sud, il avait convaincu les acteurs politiques congolais de participer au dialogue de Sun City (Pretoria) qui avait abouti au gouvernement de transition, entre 2003 et 2006, et mis fin à la guerre congolaise.

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