20 Août 2018

Congo-Brazzaville: Enjeux électoraux - Pascal Tsaty Mabiala appelle l'opposition à s'unir pour contrarier le PCT en 2021

Au-delà des dissensions, le chef de l'opposition congolaise estime que cette famille politique, dans sa diversité, a tout à gagner à se mettre ensemble si elle veut déboulonner la "machine politique" du parti au pouvoir.

Pascal Tsaty Mabiala s'exprimait récemment, à la faveur d'une conférence de presse. Conscient des enjeux que pourront engendrer les prochaines échéances électorales, il estime que l'opposition dont il a la charge de diriger devrait s'organiser au mieux pour se mettre au diapason de la majorité présidentielle, pilotée des mains de maître par le Parti congolais du travail (PCT).

Ainsi, pour y parvenir, le premier secrétaire de l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads) pense que l'opposition congolaise qui se réclame d'être "plurielle" devrait, avant tout, tourner la page à la guéguerre interne pour s'unir autour de lui, afin qu'ensemble, ils réorganisent la plate-forme et bâtissent de nouvelles stratégies électorales.

« Dans les coulisses, mes amis de l'opposition affirment que je suis l'ami du président Sassou et que c'est sur cette base que j'ai été désigné chef de file de l'opposition congolaise. Honnêtement, si je n'avais pas le sentiment de mériter le poste, je n'aurai pas accepté. Nous sommes ouverts à tout le monde, mettons-nous ensemble car ce qui unit est plus fort que ce qui nous divise », a exhorté Pascal Tsaty Mabiala.

Le leader de l'opposition soutient que les différends qui ont engendré la crise qui sévit au sein de cette famille politique, nés du débat sur le changement de la Constitution, ne sont qu'une affaire de manque de vision de certains dirigeants de ces formations politiques.

Pour lui, le Front républicain pour le respect de l'ordre constitutionnel et l'alternance démocratique (Frocad), qu'ils avaient créé, visait à combattre le changement de la loi fondamentale de 2002. Dès lors que cet objectif n'a pu être atteint, le débat ne devrait plus être à l'ordre du jour et qu'il fallait concevoir autrement d'autres plans de combat démocratique.

« Dès lors que le référendum constitutionnel a eu lieu et que nous avons accepté d'aller à l'élection présidentielle sous la bannière de cette Constitution, notre combat était devenu d'arrière-garde. Il nous faillait seulement capitaliser les acquis de cette opposition et changer de stratégies. Aujourd'hui, nous devons regarder les enjeux en face et bâtir des stratégies pour demain autour de notre plate-forme officielle », a martelé Pascal Tsaty Mbiala.

Prenons déjà garde face à la "grande machine" du PCT

En invitant ses amis de l'ensemble de l'opposition à se dynamiser autour de lui, l'élu de Loudima est bien conscient de la force de frappe du PCT, leur principal challenger, bien enraciné dans tout le pays. Le chef de l'opposition pense que si sa famille politique demeure en rangs dispersés, vaincre ce parti n'est que simple illusion.

« Ne perdons pas de vue, le PCT est une grande machine politique, bien implanté sur l'ensemble du pays. Hormis l'Upads et Yuki, quelle autre machine politique qui peut se mesurer à lui ? Mathias Dzon, Claudine Munari et les autres ont quels partis ? Nous devons être ensemble pour envisager l'alternance. En politique, on a besoin des partis forts que des personnalités fortes », avouait Pascal Tsaty Mabiala.

Honnêtement, le patron de l'opposition a reconnu que même si à tort des gens avaient crié au vol, le président de la République avait gagné l'élection présidentielle. Pour lui, son parti et toute la famille sous sa coupe s'étaient préparés conséquemment et le président sortant ne pouvait que l'emporter dès lors qu'il avait raflé quasiment tout le nord du pays. Même au sud du pays, il avait fait la percée, a-t-il admis. Pour anéantir la force du PCT dans le nord du pays, Pascal Tsaty Mabiala a affirmé qu'il faut promouvoir au moins de grands partis de l'opposition dans cette partie.

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