21 Août 2018

Maroc: Le réchauffement climatique, catalyseur des feux de forêt

Du Portugal à la Californie, de gigantesques incendies dévorent actuellement des dizaines de milliers d'hectares de forêt. Le phénomène devrait encore s'aggraver avec le réchauffement climatique, avertissent des scientifiques.

D'autres facteurs, comme la mauvaise gestion des forêts ou la construction d'habitations à proximité des bois alimentent ce phénomène. "Le patient était déjà malade", constate David Bowman, professeur à l'université de Tasmanie, en Australie, et spécialiste des feux de forêt. "Mais le changement climatique est l'accélérateur."

Les conditions favorables à un feu de forêt sont un temps chaud, sec et venteux. C'est donc sans surprise que les régions ravagées par les incendies sont celles où les températures et les sécheresses augmentent sous le coup du réchauffement climatique.

"Le changement climatique, en plus d'apporter un air plus sec et plus chaud, crée des écosystèmes plus inflammables en augmentant le taux d'évaporation et la fréquence des sécheresses", explique Christopher Williams, de l'université Clark dans le Massachusetts.

Le Sud de la France et le Portugal ont ainsi connu au cours des 20 dernières années plusieurs épisodes de sécheresse comme il ne s'en produisait avant qu'une fois par siècle.

"Ces années de sécheresse extrême ou répétée, plus nombreuses que par le passé, créent énormément de biomasse sèche" avec des arbres et des arbustes morts sur pied, indique Michel Vennetier, ingénieur-chercheur à l'Institut national de recherche en sciences et technologie pour l'environnement et l'agriculture (Irstea). "C'est un combustible idéal".

Pour ne rien arranger, des espèces mieux adaptées aux conditions semi-arides se développent. Dans des zones méditerranéennes, la nature du sous-bois change. "Des plantes qui aiment l'humidité disparaissent au profit d'autres plantes qui supportent mieux la sécheresse, comme le romarin, le thym, la lavande sauvage, en général plus inflammables", constate Michel Vennetier.

Avec la hausse du mercure et des précipitations moins importantes, les racines des arbustes et des arbres vont pomper l'eau plus profondément dans le sol. Résultat, la terre humide qui aurait pu ralentir un feu de forêt n'est plus là.

Dans les zones tempérées de l'hémisphère Nord, la saison des incendies se limitait traditionnellement à juillet-août. Actuellement, elle peut s'étendre de juin à octobre dans le bassin méditerranéen. En Californie, des experts estiment que les feux de forêt peuvent à présent éclater tout au long de l'année.

La météo en Amérique du Nord et en Eurasie dépend fortement des vents d'altitude, le "jet stream", produit par la différence de température entre les zones polaires et équatoriales. Mais le réchauffement climatique, en augmentant les températures en Arctique, affaiblit ces courants.

La conséquence est "plus d'événements climatiques extrêmes" causés par des courants d'air descendants, qui se réchauffent et s'assèchent", explique Mike Flannigan, professeur à l'université d'Alberta au Canada.

Le changement climatique augmente la probabilité des feux de forêt, mais aussi leur intensité. "Si les feux deviennent trop puissants, comme c'est le cas en Californie actuellement et comme on l'a vu en Grèce il y a quelques semaines, il n'existe pas de mesures qui puissent les arrêter directement", fait savoir Mike Flannigan. "C'est comme cracher sur un feu de camp" pour l'éteindre, ajoute-t-il.

Un climat plus sec se traduit par une hausse des éclairs et éventuellement des départs de feu. Pour autant, 95% des incendies restent d'origine humaine.

Avec la hausse des températures, les scarabées gagnent du terrain dans le Nord du Canada, ravageant les arbres sur leur passage, jusqu'à les tuer.

Maroc

Cités et gouvernements locaux unis d'Afrique - Marrakech accueille le huitième sommet

L'organisation panafricaine des gouvernements locaux et régionaux a annoncé la tenue de sa hutième… Plus »

Copyright © 2018 Libération. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.