Zimbabwe: Recours de l'opposition auprès de la Cour constitutionnelle - Le verdict est connu d'avance

Photo: The Herald
La Cour constitutionnelle
analyse

Ça y est ! La Cour constitutionnelle a entamé, hier, 22 août 2018, l'examen du recours introduit par l'opposition aux fins d'invalider les résultats provisoires de la présidentielle du 31 juillet dernier au Zimbabwe.

Le verdict connu d'avance, est, en principe, attendu au plus tard demain, 24 août 2018. Car comme on le sait, c'est le président Emmerson Mnangagwa qui l'emportera sur son challenger Nelson Chamisa. Ainsi donc, le « Crocodile » comme on aime à l'appeler, évitera « l'humiliation devant la Justice », dont parlait son adversaire qui, tout en accusant la commission électorale d'être de mèche avec la ZANU/PF, parti au pouvoir, dénonce des erreurs mathématiques grossières dans le décompte de voix.

Pouvait-il d'ailleurs en être autrement ? Assurément, non ! Car, le Zimbabwe n'est pas le Kenya si fait qu'il est difficile de croire que la plus haute juridiction du pays invalidera les résultats du scrutin ou inversera les tendances au profit du jeune avocat Nelson Chamisa.

Les dés sont déjà pipés

Déjà, on voit venir les choses puisque deux de ses conseils n'ayant pas obtenu un permis de travail temporaire sur le territoire zimbabwéen, n'ont pas été autorisés à plaider. C'est donc clair ? Les dés sont déjà pipés. La victoire de Mnangagwa sera confirmée. En tout cas, le Zimbabwe, même avec le changement intervenu au sommet de l'Etat, restera pour longtemps encore une dictature ; en témoigne la répression brutale de la manifestation post-électorale

de l'opposition, qui a laissé six morts sur le carreau. Certes, promesse avait été faite que justice serait rendue aux victimes, mais l'armée qui est directement mise en cause, étant l'appendice du nouvel ancien régime, on peut être sûr que les choses n'iront pas loin. Car Mnangagwa ne prendra pas le risque de scier la branche sur laquelle il est assis.

Cela dit, au cas où la Cour constitutionnelle trancherait en validant les résultats provisoires proclamés par l'instance chargée de l'organisation des élections au Zimbabwe (ZEC), que ferait l'opposant Nelson Chamisa ? Va-t-il recourir à la rue avec tous les risques que cela comporte ? Va-t-il faire contre mauvaise fortune bon cœur en jouant au bon perdant, c'est-à-dire en acceptant les résultats tels qu'ils ont été proclamés par la grands juges ?

On attend de voir. Mais d'ores et déjà, la crainte d'une nouvelle irruption de la violence est si grande au Zimbabwe que les pays voisins, dès la veille de la décision de la Cour constitutionnelle, ont appelé la population au calme et à la retenue. Seront-ils entendus ? Rien n'est moins sûr, surtout quand on sait que certains militants de l'opposant Nelson Chamisa, sont toujours détenus en prison. C'est dire que la tension et la méfiance sont toujours palpables au Zimbabwe depuis le 31 juillet dernier.

Alors, que faire ? La recette est simple. Le président Mnangagwa doit savoir se montrer bon prince en se posant en rassembleur. Et le premier geste de décrispation qu'ils doit faire, devrait d'abord et avant tout consister en l'élargissement de tous les militants de l'opposition arrêtés depuis la manif du 2 août dernier.

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