Congo-Kinshasa: L'escalade de la violence menace des millions de personnes dans l'est de la RDC, où sévit le virus Ebola

Photo d'illustration

 

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 24 août 2018 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, est vivement préoccupé par la toute dernière escalade de violences dans la province du Nord-Kivu, une région déjà instable et touchée par le virus Ebola, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC). L’effet cumulé du conflit et du retour de la pandémie mortelle menace des millions de Congolais.

Les combats impliquant plusieurs groupes armés opérant dans la région se sont intensifiés dans les six territoires du Nord-Kivu, une province limitrophe du Rwanda et de l’Ouganda. Des milliers de civils ont fui leurs villages, après que ceux-ci ont été incendiés, et ces personnes ont expliqué qu’elles avaient été victimes d’attaques brutales. La situation humanitaire, déjà désastreuse, est encore aggravée par une épidémie de virus Ebola dans certaines parties de la province. La pandémie a causé la mort de plus de 50 personnes, et des dizaines d’autres personnes ont été infectées au cours des dernières semaines.

Les déplacements forcés de populations restent massifs dans cette partie du pays. On estime que plus d’un million de personnes sont déplacées dans le Nord-Kivu. Il s’agit de la plus forte concentration de personnes déplacées internes en RDC. Selon les estimations, un demi-million de personnes ont été forcées de fuir leur foyer durant la seule année 2018.

Le HCR est particulièrement préoccupé par la détérioration de la situation dans le territoire de Beni, déjà touché par le virus Ebola et qui compte environ 1,3 million de personnes. L’escalade du conflit a laissé la population locale pratiquement en état de siège depuis octobre 2017. De fréquentes informations font état d’un nombre accru de violations des droits de l’homme et de restrictions concernant l’accès humanitaire. Selon les estimations, plus de 100 groupes armés sont actifs dans la province, terrorisant continuellement la population. Malgré une offensive militaire de grande envergure menée, depuis le mois de janvier, par l’armée congolaise contre l’un des principaux groupes rebelles, les Forces démocratiques alliées (ADF), la violence n’a pas cessé.

Malgré les défis de sécurité, une équipe du HCR a accédé, au début de ce mois, à la zone située au nord de Beni pour y mener des évaluations humanitaires dans les districts d’Oicha et d’Eringeti. Les habitants ont parlé à notre personnel d’attaques brutales perpétrées avec des machettes contre des civils. Les témoignages faisant état de massacres, d’extorsion, de déplacements forcés et d’autres violations des droits de l’homme sont fréquents.

La violence sexuelle et à l’encontre des femmes est omniprésente dans le territoire de Beni. De nombreux enfants sont recrutés comme enfants soldats. La violence est particulièrement répandue dans le « triangle de la mort », situé entre les villes d’Eringeti, de Mbau et de Kamango, à la frontière entre l’Ouganda et la RDC, ainsi que dans les villes de Beni, Oicha et Mavivi.

Les équipes du HCR ont vu des villages désertés, d’innombrables maisons incendiées et abandonnées, ainsi que des voitures carbonisées. Ceux qui ont fui ont trouvé refuge notamment à Beni et à Oicha, où les communautés d’accueil et les personnes déplacées sont victimes d’attaques brutales et imprévisibles. La ville de Beni accueille plus de 32 000 personnes déplacées et la majorité d’entre elles sont contraintes de vivre aux côtés des familles d’accueil, dans des écoles ou dans des églises. Plus des deux tiers ont été forcés de fuir au cours des trois derniers mois.

Les équipes du HCR ont constaté que ce sont les communautés autochtones déplacées et menacées qui se trouvent dans les situations les plus critiques. Forcées de quitter leur milieu traditionnel dans les forêts, les conditions de vie de ces personnes dans des sites de fortune sont effroyables. Les familles dorment à même le sol, très peu protégées des éléments naturels dans des abris rudimentaires. Ces personnes ont peu ou pas de moyen de subsistance étant donné qu’elles ne peuvent plus chasser dans les forêts, désormais sous le contrôle des groupes armés. Le risque est réel de voir ces personnes perdent leur culture et leur mode de vie.

Le HCR augmente ses capacités d’action dans le Nord-Kivu afin de répondre à l’augmentation des besoins humanitaires. Nous mettons en place des abris d’urgence supplémentaires et d’autres moyens d’aide humanitaire pour répondre aux besoins des personnes déplacées à Beni. Bien que la réponse humanitaire du HCR se poursuive malgré l’épidémie de fièvre Ebola, la situation sécuritaire actuelle et le manque cruel de financement entravent fortement nos efforts. L’appel de fonds d’un montant de 201 millions de dollars lancé par la HCR en vue de répondre aux besoins humanitaires de la RDC en 2018 n’a été financé qu’à hauteur de 17 %.

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