Congo-Kinshasa: Témoignage d'un guéri d'Ebola à Mangina

Photo d'illustration

En République démocratique du Congo (RDC), le bilan d'Ebola dans l'est du pays continue de s'alourdir avec 70 décès comptabilisés par les autorités, au soir du samedi 25 août. Cependant, grâce au travail des soignants mobilisés contre la maladie, 13 personnes sont désormais guéries.

Parmi elles, Léandre Kasereka, 52 ans, infirmier dans le Centre de santé de Mangina, épicentre de l'épidémie. Il a contracté la maladie en juillet, au moment où affluaient, dans ce Centre, les premiers cas suspects et alors que l'épidémie n'était pas encore identifiée. Il a quitté le Centre de traitement Ebola, monté à Mangina par Médecins sans frontières (MSF), le 19 août. Il raconte sa terrible expérience à RFI.

Lorsqu'on lui demande la raison du sourire qui ne le quitte jamais, Léandre sourit encore plus largement : « Parce que j'ai été guéri, c'est pour cela que j'ai des sourires sur moi », dit-il.

D'abord traité pour paludisme

Il a pourtant fallu du temps pour que cet infirmier soit correctement pris en charge. Il tombe malade en juillet, alors que l'épidémie n'est pas identifiée et est d'abord traité pour paludisme. Son état s'aggrave. Lorsque le verdict d'Ebola tombe, début aout, il doute qu'il s'en sortira.

« Je ne pensais pas que j'allais vraiment me délivrer. Je pensais toujours à la mort parce que c'est la toute première fois que cette maladie se retrouve dans notre communauté. C'est pour cela que l'on pense toujours à la mort », explique-t-il.

A l'angoisse de la maladie s'ajoute l'inquiétude pour ses proches, sa femme et ses 8 enfants. « Pour la famille, c'était vraiment grave. La nourriture... tout dépendait de la maman pour arriver à nourrir les enfants à la maison », précise-t-il.

Si certains guéris se disent stigmatisés, Léandre, lui, partage maintenant son expérience, au cours de séances d'information que mènent Oxfam et l'Unicef dans les communautés.

Lutter contre les préjugés

« Le principal message que j'ai voulu passer c'est que dès que l'on sent les signes de la maladie, qu'on se présente vite au Centre de traitement pour éviter de contaminer toute la population », souligne-t-il.

C'est sa manière, à lui, de continuer de lutter contre la maladie et les préjugés.

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