26 Août 2018

Burkina Faso: Village de Dohoun, dans le Tuy - Un jeune tué pour vol d'un fétiche

Un drame s'est produit le mardi 21 août 2018 à Dohoun, un village de la commune de Houndé. Trois jeunes du village, accusés d'actes de vandalisme et de pillage de lieux de culte traditionnel, ont été bastonnés par des villageois. Un d'eux est mort et les deux autres ont été blessés.

Trois jeunes ont été passés à tabac par des villageois à Dohoun, dans la commune de Houndé. Malheureusement, un en est mort dans la matinée du mardi 21 août 2018, jour de l'évènement, et les deux autres se trouvent dans un état critique.

Les victimes, membres d'une église nouvellement installée dans le village, sont accusées d'avoir vandalisé et pillé les fétiches. Selon des témoignages recueillis sur place, deux fétiches auraient disparu à la suite de leur acte.

Le premier fétiche saccagé se trouvait sur la place publique du village. Quant au second dénommé «do», il était installé dans la forêt sacrée du village. A en croire les témoins, ces fétiches «de protection du village de Dohoun» n'ont jamais fait l'objet d'un quelconque «viol» ni «irrespect».

Selon René Kahoun, oncle du défunt, c'est le mardi 21 août au matin, jour de la Tabaski, que ses beaux-parents sont venus lui annoncer la mort de son neveu, Alexis Kahoun, marié et père de deux enfants. «Les villageois ont soutenu avoir interrogé les jeunes et que notre fils a avoué que c'est lui qui a pris le fétiche du «do» mais disent ignorer que cela tournerait au drame», a relaté René Kahoun, l'air affligé.

Le 23 août 2018, à notre arrivée, un calme règnait dans le village. Nestor Kahoun, directeur de cabinet du ministre de la Culture, des arts et du tourisme, par ailleurs fils du village de Dohoun, y était à la demande de son ministre, Abdoul Karim Sango. Ce dernier a déploré le drame et condamné le pillage et le vol des deux fétiches qui, selon lui, contribuent à l'appauvrissement du patrimoine culturel.

Il a, par ailleurs, appelé la population à préserver la cohésion sociale et la paix dans le village, seul gage d'un développement durable. L'ancien ministre de l'information, Joseph Kahoun, natif de Dohoun, que nous avons rencontré à son domicile, a souhaité que les villageois transcendent le drame survenu et qu'ils continuent de vivre ensemble.

Selon lui, les autorités ont pris en main le problème, c'est donc à elles d'établir la vérité des faits et d'en tirer les conséquences et non pas à la population de le faire. La brigade territoriale de la gendarmerie de Houndé alertée, s'est aussitôt rendue sur les lieux pour les constatations. Elle aurait interpellé et auditionné plusieurs individus pour les besoins de l'enquête.

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