29 Août 2018

Burkina Faso: Entreprises africaines, le numérique ou la mort !

Consultant en système d'information et organisation, Aristide Aly Boyarm invite dans son livre, «L'Entreprise numérique africaine», les chefs d'entreprise du continent, à rejoindre l'espace digital pour conquérir de nouveaux marchés.

«Un jour, un partenaire de passage à Ouagadougou voulait acheter un lot de clés USB après 20 heures pour la remise d'un rapport le lendemain.

Les magasins étant tous fermés, il a alors fait appel à un commerçant qui avait publié une offre sur le compte Facebook de son chauffeur ; dix minutes après, un livreur l'avait rejoint avec une palette de clés USB, à des prix défiant toute concurrence... », lit-on en quatrième page de la couverture du livre «L'Entreprise numérique africaine» qui vient de paraître aux Editions CEPRODIF. Selon son auteur, Aristide Aly Boyarm, consultant en système d'information et organisation, les entreprises africaines qui ne s'adapteront pas aux changements induits par le numérique sont vouées à une mort économique certaine.

Composé de 179 pages, l'ouvrage est subdivisé en trois grandes parties (la tentation du numérique, réussir sa transformation, mon entreprise numérique) à travers lesquelles M.Boyarm donne aux chefs d'entreprises, des «bons tuyaux» pour une meilleure appropriation et utilisation des technologies numériques dans le contexte africain.

En vue d'orienter leurs choix, il présente également, au fil des chapitres, une panoplie des nouveaux métiers, des nouvelles technologies et les risques.

Bref, à l'endroit des dirigeants d'entreprises qui hésitent à rejoindre la révolution numérique, le consultant en système d'information multiplie les exemples pour montrer de manière indéniable, chiffres à l'appui, l'affaire en or que représente le numérique pour les entreprises.

«En effet, avec près de 800 millions d'utilisateurs de téléphones portables contre 14 millions de lignes fixes, et un taux de connexion en forte progression avec des revenus issus d'internet, qui représentent déjà 4% du PIB du continent africain, les entreprises du secteur informel auraient tort de ne pas aller chercher des clients potentiels», souligne-t-il.

Il existe, cependant, relève-t-il, en Afrique, des entreprises pionnières dans le domaine du numérique et dont la réussite a dépassé les frontières du continent.

Il s'agit, entre autres, de M-Pesa, Jumia et Iroko TV. La première est championne de la microfinance et du transfert d'argent, tandis que la deuxième est l'un des leaders du commerce électronique. Quant à la troisième entreprise, elle est considérée comme le plus grand distributeur numérique de films africains au monde avec plus de 500 000 abonnés.

Dans le même ordre d'idées, le lecteur, mieux l'entrepreneur, pour s'en convaincre définitivement, trouvera à la fin du livre quatre exemples fictifs, mais inspirants d'entreprises (un commerce, un restaurant, une PMI et une grande entreprise) qui font usage du numérique pour développer leur «business».

Une révolution, estime Aristide Aly Boyarm, est en marche, et les entreprises africaines se doivent de monter dans le train du numérique sans plus tarder. Mais attention, prévient-il en conclusion, l'Afrique doit [au préalable] s'affranchir des contraintes qui peuvent briser cet élan, c'est-à-dire le manque de compétences et la faible connectivité à internet.

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