Maroc: Une spécialiste en détatouage jette le discrédit sur la version de l'adolescente victime de viol

A l'instar de toutes les affaires criminelles extraordinaires, les rebondissements dans l'affaire Khadija sont légion.

Après le doute jeté sur la version de la jeune fille de 17 ans par les parents des agresseurs présumés, en indiquant notamment que Khadija était une adolescente aux mœurs légères, c'est au tour de Linda Paradis, spécialiste en détatouage, d'apporter encore plus d'eau au moulin du doute qui entoure cette sombre histoire. Car, pour elle, « la peau de la jeune fille était parfaitement cicatrisée ; son tatouage remonterait donc à au moins six mois", a-t-elle indiqué dans un entretien accordé à nos confrères de Barlamane Tv. Constatation qu'elle a pu réaliser après s'être déplacée au domicile de Khadija et qui tranche avec l'âge des tatouages avancée par cette dernière, soit au maximum deux mois.

Et Linda Paradis ne s'arrête pas là, puisqu'elle affirme que d'une part « les tatouages ont été faits pour cacher des cicatrices au couteau qu'elle se serait elle-même infligées il y a un an ou plus » et que d'autre part, Khadija en serait l'auteur, notamment à cause de la profondeur des cicatrices. De plus, la détatoueuse a avoué être tombée des nues lors de son premier contact avec Khadija, qu'elle dit avoir trouvé joyeuse et sereine. Une attitude aux antipodes de celle du calvaire qu'elle dit avoir vécu pendant plus d'un mois : kidnapping, viol et torture.

En tout cas, Linda Paradis, qui s'était initialement déplacée pour étudier la possibilité de détatouer Khadija, a finalement refusé, car, dit-elle, « les tatouages seraient faits avec une peinture murale et donc le traitement au laser serait très dangereux pour la santé de Khadija ».

En somme, il est devenu impossible d'affirmer que tout est clair dans cette affaire. Et pour entretenir encore plus l'incertitude, le support Media 24 affirme qu'excepté le kidnapping, les douze individus placés en garde à vue ont reconnu les faits lors d'une confrontation avec la victime, soit "traite d'être humain sur mineure", "viol", "menace de meurtre", "torture et usage d'arme causant des blessures et séquelles psychiques", "constitution d'une bande organisée, enlèvement et séquestration", "non-dénonciation de crime" et "non-assistance à personne en danger". En fait, ce qui est sûr, c'est qu'on n'est plus sûr de rien.

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