Burkina Faso: Me Silvere Kiemtareboumbou - « Je ne sait pas pourquoi on s'acharne sur Dame Lopez »

Photo: fasozine
Safiatou Lopez
interview

La présidente d'honneur du Cadre de concertation nationale des organisations de la société civile (CCNOSC), Safiatou Lopez/ Zongo, a été interpelée le 29 août 2018 aux environs de 21h, à son domicile sis à la cité Azimo de Ouaga 2000 par la Gendarmerie nationale.

Que lui reproche-t-on ? Où est-elle détenue ? Quelle sera la suite à donner à cette affaire ? Nous avons voulu en savoir davantage avec son avocat, Me Silvère Kiemtareboumbou. Pour ce dernier, aucun document officiel ne lui a été présenté.

 Pour quelle raison, la maison de dame Safiatou Lopez a-t-elle été perquisitionnée ?

Même les agents chargés de la perquisition ne savent pas ce qu'ils cherchent. Ils ont juste reçu les ordres du procureur militaire de le faire. Très expressément, je leur ai demandé ce qu'ils recherchaient et ils ont répondu qu'ils exécutaient des ordres.

Arrivez-vous eu à vous entretenir avec votre cliente ?

Oui. Nous communiquons très nettement.

En tant qu'homme de droit, est-il possible de perquisitionner le domicile d'un citoyen sans un mandat de perquisition ?

Sauf s'il y a des motifs de poursuites judiciaires. Toute les fois que le mis en cause n'est pas informé de ce pour quoi il est poursuivi, il n'est pas possible de perquisitionner.

Actuellement, nous sommes dans une hypothèse où on perquisitionne avant de notifier ce pour quoi on est poursuivi. Actuellement, au niveau de la gendarmerie, elle est en situation de séquestration comme je vous l'ai déjà dit.

A-t-elle été victime de violence de la part de ceux qui l'ont interpelée ?

Violence physique non, mais violence morale oui. D'un point de vue juridique, elle est victime de violence. Jusqu'à présent, il n'y a aucun ordre de détention contre elle.

Aucune mesure de garde à vue ne lui a été notifiée. Aucun titre de détention. Nous estimons qu'elle est en situation de séquestration au niveau de la gendarmerie.

La perquisition a-t-elle eu lieu et qu'est-ce qui s'est passé ?

Oui. Nous sommes allés à son domicile. Ils n'ont vu que des téléphones portables qu'ils ont eu à saisir, des ordinateurs. Mais la perquisition a été suspendue pour reprendre ce soir.

Pourquoi la perquisition a-t-elle été suspendue ?

La perquisition a été suspendue parce qu'il y a eu un incident ou le service d'investigation judiciaire voulait tout simplement désactiver tout ce qu'il y a comme dispositif de caméra de surveillance à son domicile et prendre le serveur.

Nous estimons que c'est une atteinte grave à sa liberté et il n'est pas possible de rendre sa maison inhospitalière. Ce qui va être une source d'attentat. Sa maison est sous caméra, il n'est pas question qu'elle soit désactivée. Ce sont ses mesures de surveillance.

En tant qu'avocat de dame Lopez, quelle suite donnez-vous à ces actions de perquisition ?

Nous constatons juste ce que la gendarmerie est en train de faire comme actions. En temps opportun, nous allons réagir.

Pouvez-vous nous faire le point, à ce jour, des actions judiciaires contre dame Lopez ?

Je pense qu'il y a eu beaucoup d'actions judiciaires contre elle. Je ne sais pas le nombre exact. Mais généralement, ce sont des actions qui ont trait à la liberté d'opinion.

Avez -toujours accès à votre cliente ?

Oui. J'ai accès à elle et nous nous parlons.

Il se susurre qu'elle serait mêlée à des actions de déstabilisation. Quel commentaire en faites- vous ?

Jusqu'à présent, aucun acte de poursuite n'a été présenté, malgré mon insistance pour avoir au moins un indice relativement à ces faits. Absolument rien.

Au niveau de la gendarmerie, ils ont catégoriquement refusé de me présenter des documents sur ce pour quoi madame Lopez est poursuivi.

N'y a-t-il pas d'exception à une perquisition ?

Il n'y a absolument pas d'exception parce qu'elle n'est pas un cas particulier. Je ne sais pas pourquoi on s'acharne sur dame Lopez.

Pouvez-vous nous dire, à l'heure actuelle, où se trouve dame Lopez ?

Elle se trouve à la brigade de recherche de Paspanga. Elle sera conduite dans quelques minutes vers Bonheur -ville pour d'autres perquisitions.

Comment se fait-il, selon vous, qu'elle soit civile et que ce soit la Justice militaire qui ordonne son interpellation ?

Une ambiguïté assez énorme parce que je suis toujours à la gendarmerie. Les gendarmes qui ont mené cette perquisition, n'ont pas pu me dire exactement s'il s'agit du parquet civil ou du parquet militaire.

Ils ne savent pas si c'est une affaire civile ou une affaire militaire. C'est assez surprenant pour moi, qu'au moins les agents chargés de faire les perquisitions ne sachent pas au juste de qui est venu l'ordre.

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