5 Septembre 2018

Gabon: CESE / Les gabonais peuvent-ils encore faire confiance à René Ndémezo ?

Le Président du Conseil économique, social et environnemental(CESE), René Ndémezo Obiang, ambitionne faire de son institution, un « Conseil offensif ». Un organe qui répond aux besoins des populations, acteur de la cohésion nationale et de la paix. Un beau rêve, mais au-dessus duquel plane un grand doute généré par un récent passé politique plutôt incohérent avec sa posture actuelle.

Beau discours

Dans son allocution d'ouverture des travaux de la deuxième session ordinaire du CESE qu'il préside depuis 2017, René Ndemezo a invité ses collaborateurs à réfléchir sur trois points d'actualité : les mesures gouvernementales visant à ramener les dépenses publiques à un niveau tolérable, « l'objectif étant d'interroger leur efficacité et leur équité », a instruit le patron de l'Institution. Il a aussi programmé des discussions sur « la nécessité d"atteindre les objectifs du développement durable, et particulièrement celle de parvenir à fournir à la population, de l'eau potable... ». Enfin, les travaux porteront également sur la problématique des flux migratoires, plus précisément sur des solutions pour freiner le phénomène. Mais le poids du CESE sur la prise des décisions politiques ne se fait pas ressentir. Cette chambre semble être vide et inutile dans la vie sociopolitique du pays. Les différents présidents qui s'y sont succédés apparaissaient en général, comme des indésirables du système politique, des acteurs que l'on pousse peu à peu vers la sortie par la petite porte de la scène. René Ndémezo ne semble pas être bien loin de cette description.

Les Gabonais pourraient ne plus rien attendre de lui

Si le CESE n'a jamais été fort par le passé, il n'est pas facile de soutenir qu'il sera plus fort avec celui qu'un grand nombre de la population considère comme « le traitre ». Malgré son ambition de vouloir rendre l'institution efficace, ce projet pourrait n'émouvoir personne, tant que l'homme traînera un passé gênant pour la suite de sa carrière politique. En 2016, durant la crise postélectorale, l'actuel patron du CESE avait lâché Jean Ping pour participer au dialogue organisé par le camp d'Ali Bongo Ondimba. Un acte fortement décrié au sein de la population. Son choix paradoxal fût encore plus critiqué après sa nomination à la tête du Conseil. Il confortait là ceux qui estimaient que « René Ndémezo voulait juste sa part du gâteau ».

Pour quel lègue politique ?

Natif de la province du Woleu-Ntem, et de la ville de Bitam plus exactement, René Ndémezo est le fondateur du parti Démocratie Nouvelle. Sa formation politique nourrie déjà de profondes querelles intestines. L'opinion se souvient encore de l'exclusion dont lui-même le fondateur avait fait l'objet, il y a quelques mois. Ses amis lui reprochaient des manigances au sein de la structure. Proche du candidat Jean Ping en 2016, là-bas aussi, certains lui reprochait de manigancer pour se faire une place au soleil. Aujourd'hui, l'homme bénéficie des privilèges que lui confère sa haute fonction. Le 23 août dernier à son QG de Nkembo, l'ancien premier ministre Jean Eyeghe Ndong soulevait une problématique non négligeable pour la scène politique gabonaise : le permanent volte-face des acteurs. Attirant ainsi l'attention sur ces politiques passant d'un camp à l'autre au gré de leurs intérêts égoïstes. Quelques jours plus tard, dans la ville d'Oyem, le Maire sortant Vincent Essono Mengue déposait son mandat, refusant de participer aux élections d'Octobre. Son but étant de rester logique à son idéologie politique. Ce type d'homme à la vision régulière, les générations futures risquent de ne pas avoir la chance d'en connaître.

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