9 Septembre 2018

Afrique: Eliminatoires zonales CAN U17 - Le Mali à Dakar pour se qualifier

interview

Les U17 sont un peu le joyau du football malien. En 2015, au Chili, ils ont joué (et perdu contre le Nigeria) la finale de la Coupe du Monde; en 2017, ils ont atteint les demi-finales et terminé quatrièmes.

Chaque fois ces performances avaient été précédées par le titre de champion d'Afrique. Ils vont, l'année prochaine, tenter de réaliser la passe de trois en Tanzanie, à condition naturellement de se qualifier, à Dakar lors du tournoi éliminatoire de la zone Ouest A qui aura trois à deux équipes, selon le règlement qui stipule que la zone du champion en titre sera représentée au tournoi finale par deux équipes.

Seulement le football national, plus exactement la fédération malienne, traverse une crise sans précédent. Résultat, plus de compétitions depuis des mois et des mois. Dans ces conditions tout pronostic sur l'avenir de la nouvelle génération paraît imprévisible. Pour essayer d'en savoir un peu plus, cafonline.com a rencontré le sélectionneur des "Aiglonnets", Sékou Seck.

Le Mali va-t-il réussir la passe de trois en remportant pour la troisième fois consécutivement la CAN Total U-17?

Il est trop tôt pour le dire. Il faut d'abord passer par le tournoi de qualification. Pour le moment je me concentre exclusivement sur le rendez-vous de Dakar. Il est inutile de faire des projections sur un avenir lointain. Restons dans le présent. Comme le dit l'adage, " il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué".

Sans compétition depuis des mois et des mois, comment avez-vous fait pour bâtir votre équipe. Sur quels critères les avez-vous sélectionnés et où êtes-vous allez les chercher, dans des matches de quartier par exemple ?

Tout le monde sait ce qui se passe dans notre football. Il n'y a plus de compétition. On a fait appel aux Centres, Académies et clubs. Ce travail a commencé en avril 2017, et on a pu dénicher certains joueurs. On a bâti l'équipe autour de l'Académie Jean Marc Guillou, les Centres et quelques clubs de deuxième division. Nous avons travaillé avec sérieux. On a donné du temps aux jeunes et j'espère que nous obtiendrons le résultat souhaité.

Tous ces joueurs n'ont jamais disputé de grands matches, encore moins de matches internationaux. Sont-ils au moins sortis une fois de leur pays dans leur jeune existence ?

Pour le moment, nous avons des jeunes de clubs de seconde division. Le capitaine et latéral Ibrahim Bamba et Ibrahim Diaby, tous de l'Afrique football élite (AFE) sans oublier Issouf Maïga de Binga FC et d'autres de la même Académie.

Le reste des joueurs ont joué des tournois au Maroc puis au Burkina Faso. A Bobo-Dioulasso, le Comité de normalisation et le ministère des Sports, nous ont permis de disputer un tournoi triangulaire avec le Niger et le Burkina, que nous avons battus respectivement 3-0 et 6-0.

Le palmarès du Mali est impressionnant ces dernières années. A quoi faut-il attribuer cette réussite?

D'abord, il faut mettre l'accent sur le talent des jeunes et surtout l'encadrement des différentes sélections. Nos joueurs ont prouvé la valeur des techniciens du pays. Actuellement, les deux entraîneurs qui ont réalisé ces exploits se sont expatriés, Baye Bâ en Mauritanie et Jonas Komla à Djibouti. Ce qui montre la valeur des encadreurs maliens. La réussite repose sur un ensemble entraîneurs-joueurs. Oui, c'est ce qui a permis au football malien de grandir et d'obtenir des résultats. Lorsque tout est bien huilé, les résultats suivent.

Qu'est-ce que vous redoutez le plus au Sénégal ?

Seulement, on part dans l'inconnu. On n'a aucune idée de ce que valent nos adversaires, le Liberia, la Gambie et la Sierra-Leone. Et, plus grave, au dernier moment, beaucoup d'éléments sur lesquels nous comptions n'ont pas pu partir. Les tests IRM ont démontré qu'ils ne répondaient pas au critère d'éligibilité. Ils avaient dépassé l'âge limite.

Néanmoins j'ai confiance en mes joueurs. Ce sont des compétiteurs qui savent ce que représente le fait de jouer ce genre de match. Je sais que tout le monde sera à Dakar avec pour unique objectif de prendre l'année prochaine la direction de Dar Es Salaam, en Tanzanie.

Ne craignez-vous pas que ,compte-tenu du climat de terre brûlée qui règne dans le football chez vous, les jeunes n'aient qu'un seul désir, c'est quitter le plus vite possible le pays pour trouver un club à l'étranger. Et pourquoi, vous-même d'ailleurs, ne choisiriez-vous pas la voie de l'exil comme certains de vos prédécesseurs ?

Pour l'instant, je compte servir le pays. Mes prédécesseurs l'ont fait et bien fait avant de partir à l'étranger. Pour l'instant, je souhaite que la crise très grave que nous traversons cesse le plus vite possible et que l'apaisement et l'intelligence l'emportent.

Nous faisons ce métier pour gagner. Mais, je ne veux pas mettre de pression sur les joueurs. Pour mon avenir personnel, je cherche d'abord à être le meilleur sur place. Gagnons d'abord avec la sélection et ensuite nous ferons chacun des choix. Rester ou s'exiler, on verra ça plus tard.

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