13 Septembre 2018

Congo-Kinshasa: Rencontre entre les chefs de la diplomatie belge et angolaise - De quoi a peur Kinshasa ?

analyse

« Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) est surpris par des déclarations intempestives de certaines autorités étrangères relatives au processus électoral dans notre pays, appelant à un prétendu dialogue avec l'opposition politique ».

Telle est la réponse du gouvernement congolais aux ministres des Affaires étrangères de la Belgique et de l'Angola qui, à l'issue d'une rencontre tenue les 10 et 11 septembre derniers, à Luanda, ont « réitéré l'importance d'un processus véritablement inclusif qui puisse aboutir à des élections crédibles, libres et transparentes, le 23 décembre 2018 en RDC ».

Il s'agit là d'une réponse du berger à la bergère. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que depuis le début, en 2016, du processus électoral marqué par l'accord de la Saint Sylvestre et ce, jusqu'à la désignation du dauphin du président Joseph Kabila, en la personne de Emmanuel Ramazani Shadany, le régime de Kinshasa donne l'impression d'être sur ses nerfs, pour ne pas dire, sur la défensive.

Si fait qu'il répond du tac au tac à tous ceux-là qui l'accusent de manœuvrer pour écarter tous les poids lourds de l'opposition de la présidentielle du 23 décembre 2018. A preuve, l'ex-pensionnaire de la prison de Scheveningen, Jean-Pierre Bamba, a vu son dossier invalidé alors que l'ex-gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, n'a même pas été autorisé à fouler le sol congolais à plus forte raison à faire acte de candidature, les textes exigeant la présence physique de tout prétendant à la magistrature suprême au lieu de dépôt.

On comprend pourquoi Kinshasa criait que les élections seront financées sur fonds propres et qu'elle n'a pas besoin d'un quelconque appui extérieur

En fait, on comprend la frilosité du pouvoir de Kinshasa. En effet, au lendemain de la rencontre entre les diplomates belge et angolais, les leaders de l'opposition s'étaient donné rendez-vous à Bruxelles.

A l'issue de ce conclave, ils ont réclamé le rejet de la machine à voter, le nettoyage du fichier électoral de tous les électeurs non identifiés et le retour dans la course des candidats exclus ou qui ont vu leurs dossiers invalidés. Et ce n'est pas tout.

L'opposition n'a pas exclu la possibilité de boycotter les élections si ses préoccupations ne sont pas prises en compte. C'est donc clair pour Kinshasa. Il y a une relation de cause à effet entre la rencontre de Luanda et celle de Bruxelles.

Sans doute que cette dernière a été suscitée par des « pays voisins et autres partenaires bilatéraux ». Et comme on le sait, en pareille occurrence, on sérine la vieille rengaine, pour le moins surannée, de la souveraineté nationale pour dénoncer ce que les dictateurs et leurs hommes de main appellent couramment « l'ingérence ».

Pour le moins, on comprend pourquoi Kinshasa criait à qui voulait l'entendre que les élections de décembre prochain, seront financées sur fonds propres et qu'elle n'a pas besoin d'un quelconque appui extérieur, d'où qu'il vienne.

Tout en saluant cette démarche « souverainiste », on ne peut aussi s'empêcher d'y voir une stratégie du président Kabila visant à organiser une mascarade électorale à huis clos qui consacrera le triomphe de son poulain.

Congo-Kinshasa

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