14 Septembre 2018

Burkina Faso: Insecurite à l'Est - Le palier de trop !

En début de semaine en cours, un conseiller municipal a été abattu à Nassougou, dans la commune de Matiacoali, dans la région de l'Est.

En effet, deux individus armés ont ouvert le feu sur les clients d'un maquis, provoquant une débandade. C'est dans ces conditions que le pauvre conseiller a trouvé la mort. Voyez-vous ? On vient ainsi de franchir un nouveau palier face à l'insécurité grandissante qui sévit à l'Est. Car, jusque-là, les assaillants, sans visage, ne s'en prenaient qu'aux Forces de défense et de sécurité (FDS).

Mais là, on a l'impression que même les civils ne sont plus épargnés. Je me rappelle aussi que des écoles ont été incendiées dans la Komondjari. Et à ce qu'on dit, les assaillants auraient promis aux populations qu'il n'y aurait pas de rentrée scolaire dans la région cette année. Vrai ou faux ? Je n'en sais rien. Toujours est-il que l'un dans l'autre, la menace est à prendre au sérieux. Car, avec ces gens-là, on ne peut jurer de rien.

En tout cas, j'ai l'impression que les terroristes sont en train de procéder de la même manière qu'au Sahel. Après avoir ciblé les symboles de l'Etat, ils s'attaquent maintenant aux populations innocentes. Et comme toujours, on ne sait pour quelle raison. Ce qui m'inquiète personnellement beaucoup, c'est qu'à la différence du Sahel, l'Est est une région très boisée. *

Si fait qu'avec la saison des pluies, l'ennemi peut frapper et se cacher à dix mètres seulement. C'est pourquoi je plaide pour une intervention très rapide avant que toute la région ne soit infestée et infectée de malfaiteurs.

Les vieux, les vieilles et les jeunes de la région sont désemparés

J'imagine d'ailleurs dans quel contexte de peur généralisée interviendra la rentrée des classes cette année. Car, tout le monde a peur. Et moi, j'ai le cœur qui saigne quand je vois que la région de l'Est, connue pour son hospitalité légendaire, est en train de prendre un sérieux coup.

La preuve, bien des touristes lui ont tourné aujourd'hui le dos à cause de ces gens-là qui frappent aveuglement presque tous les jours que Dieu fait. C'est pourquoi je comprends la réaction des populations de la région qui, très remontées, se montrent de plus en plus méfiantes. Voyez-vous ?

L'hospitalité est en train d'y foutre le camp pour laisser la place au délit de faciès. Je le dis, parce que je sais qu'il arrivera un moment où un étranger n'y sera plus accueilli à bras ouvert comme c'était le cas autrefois.

En tout cas, quand j'écoute les vieux, les vieilles et les jeunes de la région, je sens qu'ils sont tous désemparés. Ils ont tous le regard tourné vers le gouvernement qui a promis une riposte à la hauteur de la fréquence des attaques. Mais, certains ne cachent d'ailleurs pas leur pessimisme, estimant d'ailleurs qu'autrefois, le gouvernement n'avait rien fait pour limiter les braquages à main armée qui, on se rappelle, avaient pris des proportions inquiétantes à l'Est.

Mais, quant à moi, je crois franchement que le gouvernement fera quelque chose et que le terrorisme à l'Est, sera bientôt réduit à sa plus simple expression. Attendons de voir. L'espoir est permis.

Burkina Faso

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