16 Septembre 2018

Burkina Faso: Capitaine Gaston Ouédraogo - Le porteur de la valise d'argent vide son sac

Commencé le 12 septembre dernier, l'interrogatoire du soldat de première classe Abdou Compaoré s'est poursuivi dans la journée du 14.

Lui a succédé à la barre le capitaine Gaston Ouédraogo qui, au moment des faits, était le responsable de la régie à l'état-major particulier de la présidence du Faso. Lors des temps chauds, il a effectué une mission héliportée à la frontière ivoiro-burkinabè d'où il est revenu avec des gaz lacrymogènes et une valise d'argent qu'il aurait remis aux hommes du général Diendéré.

A l'entame de la reprise de l'audition du soldat de première classe Abdou Compaoré, le président Seydou Ouédraogo a rappelé à l'accusé les faits à lui reprochés : complicité d'attentat à la sûreté de l'Etat, meurtres de 13 personnes, coups et blessures volontaires sur 42 autres. Et l'on se souvient que lors de sa première journée d'audition, celui qui assumait les fonctions de mécanicien au sein de l'ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) avait rejeté en bloc tous ces griefs.

Les charges qui pèsent sur le soldat sont principalement en rapport avec son agenda du 17 septembre 2015. Ce jour-là, si l'on s'en tient à son récit, il était au garage du camp Naaba Koom lorsque son supérieur le sergent Yahaya Guiré est venu le chercher pour une mission de dépannage de moto à la place de la Nation. Arrivé sur le lieu du dépannage, le binôme n'a pas trouvé la moto dès les premiers instants. A en croire le mis en cause, le sergent Guiré a alors passé un coup de fil avant de lui apprendre que la moto se trouve à l'intérieur du camp Guillaume. « On est entré dans le camp, et avec l'aide de certains qui s'y trouvaient, on a fouillé mais on n'a rien trouvé », a relaté ce mooréphone assisté à la barre par un interprète. Toujours selon sa narration, c'est en ressortant du camp qu'ils ont aperçu à proximité de la CNSS deux militaires qui s'étaient remorqués sur une moto. « Le sergent Guiré est allé vers eux et leur a demandé si c'est la moto qu'on devait réparer. Ils ont répondu par l'affirmative », a dit le décoré de la médaille commémorative avec agrafe Soudan. Et d'indiquer que la réparation de l'engin terminée, ils ont rebroussé chemin pour regagner le camp Naaba Koom, en empruntant le sens interdit de l'avenue Bassawarga, la voie longeant la BCEAO et le palais du Moro Naaba.

« Nos vies étaient menacées »

Aux environs du jardin du 8-Mars, le duo aurait rencontré des manifestants hostiles. Et selon le soldat Abdou Compaoré, les révoltés avaient érigé des barricades, obstruant le passage, et leur jetaient des pierres. A la barre comme devant le juge d'instruction, le soldat a reconnu avoir effectué des tirs de sommation pour repousser les manifestants : « Quand les gens ont commencé à nous lapider, le sergent Guiré a dit de ne pas tirer. Mais comme la foule insistait, lui-même s'est rendu compte que nos vies étaient menacées. J'ai tiré en rafale en l'air. La foule a reculé et le sergent a démarré. Il a failli même partir et me laisser. Arrivé au jardin du 8-Mars, j'ai vu que des manifestants nous poursuivaient toujours. J'ai encore tiré », avait relaté le soldat Compaoré lors de son interrogatoire au fond, selon le parquet. Après ces échauffourées, le binôme aurait regagné le camp Naaba Koom.

En cette 2e journée d'interrogatoire, le soldat Compaoré a indiqué qu'outre cette mission à la place de la nation, il a eu à effectuer une sortie dont il ne se souvient plus de la date : « Etant en quartier consigné, j'ai demandé au chef de garage adjoint, le sergent Guiré, la permission d'aller réparer ma moto qui était en panne. Il a donné son accord pour cela. Pendant que j'étais au garage, il m'a rappelé et demandé ma position. Il m'a demandé de venir à la Cité An II, où il était en train de réparer un véhicule. J'ai fait l'auto-stop et je m'y suis rendu. Arrivé, j'ai trouvé qu'il avait déjà fini la réparation. J'ai donc demandé que le véhicule m'emmène vers le Conseil de l'entente pour que je récupère ma moto », a expliqué le prévenu qui dit par ailleurs n'avoir définitivement quitté le camp qu'après parution de la note d'affectation de l'état-major général des armées.

Une kalach pour réparer une moto

Avant que la parole ne soit donnée au parquet pour ses habituelles questions et observations, le président du tribunal a voulu que l'accusé éclaircisse mieux son récit. « Quelle était l'identité de ceux qui étaient au garage ? », a demandé Seydou Ouédraogo. En réponse à cette question, le technicien a indiqué qu'il n'y connaissait que le sergent Guiré. « Avez-vous effectué des patrouilles lors des événements ? », a encore questionné celui qui assure la police de l'audience. Et l'accusé, droit dans ses bottes, de répondre que les patrouilles n'étaient pas inscrites dans leurs missions. Il a assuré n'avoir non plus participé à aucun rassemblement dans la journée du 17 septembre. Interrogé sur son agenda de la veille, il a dit avoir été de service jusqu'aux environs de midi et demi, heure à laquelle il a quitté le camp, au motif qu'il n'était plus de service. Quant à l'arrestation des autorités, il a dit l'avoir apprise « comme tout le monde » à la radio, sans se souvenir de la date exacte.

La parole est alors attribuée au ministère public. Celui-ci est revenu sur la mission du binôme Compaoré et Guiré à la place de la Nation. En effet, Alioun Zanré et compagnie ont voulu savoir à quelle mission était destinée la moto à dépanner. « Je ne peux pas savoir à quelle mission. Ce que je sais, c'est que j'ai juste suivi mon chef pour aller réparer une moto », a répondu d'un ton ferme le soldat, ajoutant n'avoir fait que son boulot. Observation du parquet : l'accusé, en tant que mécanicien au moment des faits, n'avait pas besoin de sortir avec son arme de dotation (une kalachnikov) pour la mission de dépannage. Face à cette observation, le client de Me Paul Kéré s'est défendu en rétorquant que « l'arme de dotation est un outil de travail » et qu'il risquait de le perdre s'il le laissait au camp. Non satisfait de cet argument, le ministère public a fait noter que, pour la seconde mission, celle de la réparation du véhicule, le militaire n'est pas sorti avec son arme. Et de rappeler que dans sa déposition, ce dernier a dit avoir rangé sa kalach dans le magasin d'armes avant de sortir. Pour le parquet, le soldat Abdou, en sortant avec son arme pour le dépannage, était conscient de la situation particulière si fait qu'il a pris son arme à l'effet de s'en servir au besoin.

La vidéo, le soldat et l'inconnu agonisant

Concernant les tirs de sommation effectués lors du retour de la Place de la nation, le parquet a demandé au sieur Compaoré s'il se rappelle que, devant le juge, il lui a été présenté une vidéo dans laquelle figuraient deux personnes dont l'une était en train de tirer. Réponse affirmative. Poursuivant, il a été demandé à l'accusé s'il a vu dans la même vidéo une personne en train d'agoniser. Confronté à cette question le soldat est remonté jusqu'à son interrogatoire au fond : « Le juge a expliqué que c'est près du château de la cour du Moro Naaba, qui est de couleur blanche. Or le château qui nous a été présenté est d'une autre couleur. » Pourtant, a relevé le parquet, devant le juge d'instruction, l'ex-élément du RSP a dit reconnaître les deux personnes dans la vidéo et qu'il s'agissait de lui et du sergent Guiré.

A la rescousse de son client, Me Paul Kéré a indiqué que sur l'ensemble de la ligne, le soldat Abdou Compaoré a agi dans une situation de « légitime défense » avant de demander au tribunal de se référer à l'article 72 du Code pénal qui consacre cette légitimité. Pour cet avocat, « les faits sont constants ». Et de soutenir que dans les P-V de son protégé tout comme dans ses déclarations à la barre, « aucun élément de culpabilité ne peut être constaté ». Au sujet de l'article 72, le parquet est revenu à la charge en indiquant que « Me Kéré va vite en besogne » en évoquant cette disposition, mais il oublie que « le même article dit que la riposte doit être proportionnelle à l'attaque », faisant observer que le soldat Abdou a fait usage de son arme contre des manifestants aux mains nues.

Dans ses observations finales, le ministère public a soutenu que le soldat Compaoré et son binôme de sergent ont agi en connaissance de cause. Et de faire noter « qu'en attendant d'y revenir abondamment dans ses réquisitions », l'accusé est tenu pour complice de l'attentat à la sûreté de l'Etat ainsi que des faits de meurtre et de coups et blessures volontaires.

Me Paul Kéré, lui, a conclu ses propos en disant qu'il se fie à la religion que la juridiction de Seydou Ouédraogo se fera pour trancher. Avant de quitter la barre, l'inculpé a dit ses regrets du coup d'Etat, présenté ses condoléances aux familles des victimes et souhaité un prompt rétablissement aux blessés.

Une situation délétère prévalait à Kosyam

Après l'interrogatoire du soldat de première classe Abdou Compaoré, le capitaine Saïdou Gaston Ouédraogo est le second à se présenter à la barre. Il est né le 6 février 1981 à Ouagadougou, est marié et père de deux enfants. Il n'a jamais été condamné ni décoré. Au moment des faits, Gaston Ouédraogo était le responsable de la régie à l'état-major de la présidence du Faso. Poursuivi pour attentat à la sûreté de l'Etat, responsable de la mort de 13 personnes, coups et blessures sur 42 personnes, l'officier a réfuté les faits. Celui qui bénéficie d'une liberté provisoire depuis le 26 avril 2016 est alors appelé à décliner son agenda le jour du putsch ainsi que celui des jours suivants.

Selon son récit, le 16 septembre 2015, entre13 heures et 13 heures 30, il partait pour la pause déjeuner avec des amis. Sur le chemin, il a reçu un coup de fil l'informant qu'une situation délétère prévalait à Kosyam, sans plus de détail. Immédiatement après, il téléphona au capitaine Zoumbri, son promotionnaire, pour avoir de plus amples informations. Mais son interlocuteur n'est pas plus informé que lui. Il émit à nouveau un appel et à l'autre bout du fil, le lieutenant Korhogo. Ce dernier lui dit n'avoir aucune d'information mais promet de le rappeler lorsqu'il en saura plus. Finalement, a-t-il relaté, c'est par le biais des réseaux sociaux qu'il a appris ce qui s'est passé. Par la suite, « j'ai appris que le quartier était consigné, je suis retourné au bureau », a-t-il dit en guise de conclusion pour ce qui concerne sa journée du 16 septembre. Le lendemain, « le quartier était toujours consigné et je suis resté au bureau », a-t-il indiqué.

« J'ignorais la nature du matériel que je devais récupérer à la frontière »

Le 18 septembre 2015, dans sa relation des faits, vers 23 heures, le colonel-major Kéré lui a téléphoné et lui a dit : « Tu feras partie d'une mission. Je te rappellerai ». C'était un vendredi. Le samedi, toujours selon les explications de Gaston Ouédraogo, Kéré lui a précisé qu'il doit aller chercher du matériel de maintien d'ordre. Sans plus de détail. Selon lui, il savait tout simplement qu'il devait se rendre à la base aérienne où les autres personnes associées à la mission l'attendaient.

Arrivé, « on m'a conduit vers un pilote qui m'a demandé l'endroit où nous devrions aller chercher le matériel. J'étais étonné qu'il me pose cette question parce que moi non plus je n'avais pas d'information ». Après renseignement, il a appris que le matériel se trouvait à la « frontière entre le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire, précisément à Niangoloko ». Ils devaient s'y rendre en hélicoptère. L'équipe, composée de quatre personnes, a décollé de la base aérienne et a atterri à Bobo-Dioulasso pour un complément de carburant. Jusqu'à présent, selon les dires du capitaine, ils ignoraient toujours la nature exacte du matériel pour lequel ils étaient en mission. « Nous ne savions toujours pas le type de matériel que nous devions prendre. J'ai appelé le colonel-major Kéré. Il m'a donné le contact d'un lieutenant Touré. Le numéro commence par 40 suivi de six chiffres. J'ai tenté de le contacter, mais il était injoignable. J'ai fait le retour au colonel-major. Il m'a dit que la personne allait m'appeler. Elle l'a fait mais je n'ai pas décroché parce que c'était un numéro kilométrique. J'ai pensé que c'était un brouteur. Après plusieurs appels, j'ai fini par décrocher », a brossé le capitaine Gaston Ouédraogo, ajoutant que c'est après ce coup de fil, effectué à Bobo-Dioulasso, que l'équipe a redécollé.

Dans sa narration des faits, « l'hélicoptère a fait un tour d'horizon et s'est posé sur un lieu qui ressemblait à un terrain de football. Le lieu est quadrillé par des « militaires burkinabè. » Quand le giravion s'est posé, « quelqu'un est venu se présenter à lui comme étant le lieutenant Touré ». Ensuite une voiture « d'immatriculation ivoirienne » est arrivée. Le matériel est débarqué. Il est composé de huit caissettes et d'une valise. Selon le mis en cause, les emballages de quelques caissettes sont déchirés, et c'est ce qui lui a permis de savoir qu'une partie du matériel est composé de gaz lacrymogènes. Quant au contenu de la valise, il a avoué l'ignorer.

« J'ai remis la valise d'argent au cortège de Diendéré »

Le matériel embarqué, les missionnaires ont directement rejoint Ouagadougou. Entre-temps, « le pilote m'a dit de d'informé le colonel-major Kéré qu'il veut atterrir à la base aérienne, car l'hélico avait un problème. Celui-ci étant injoignable, le capitaine dit avoir passé par quelqu'un d'autre pour transmettre le message. Mais Kéré a demandé que l'oiseau de fer se pose à la présidence du Faso. Ce que le pilote a fait. Sur les lieux, le lieutenant Korogo était avec « son personnel » pour récupérer les huit cassettes. S'agissant de la valise, le colonel-major lui dit de la ramener au bureau. Et que plus tard, il viendrait la récupérer. Il était 16 heures. A 19 heures, le concepteur de la mission lui enjoint de ramener la valise à la présidence pour la remettre au cortège du général Diendéré. Au passage du cortège, « quelqu'un est sorti de la file et a pris la valise, mais je ne connais pas son identité». Mission accomplie, Gaston Ouédraogo affirme avoir rejoint son bureau par la suite.

Le reste des évènements s'est déroulé le 28 septembre. Dans son récit, le responsable de la régie à l'état-major de la présidence du Faso au moment des faits dit avoir appris ce jour-là qu'il était affecté au Bataillon d'intendance. Il téléphona au responsable, Zampaligré, pour lui dire que « comme il fait soir et qu'il y avait un certain nombre de matériel au bureau, on (NDLR : le capitaine et sa comptable) ne pourra venir le même jour. Dans la foulée, l'appelé à la barre déclare avoir dit à la comptable de ramasser certains matériels, de prendre aussi l'argent qui se trouvait dans la caisse qu'elle emportera avec elle. Au moment de rejoindre le lieu d'affectation, la comptable lui dit qu'elle ne pourrait pas transporter tout le matériel, contenu dans un sac de cent kilos, sur sa moto. Ils conviennent de se retrouver vers le musée national afin que le capitaine embarque le sac dans sa voiture. Ce qu'il fit avant de se rendre à son nouveau service. Arrivé, il rentre au magasin pour prendre sa nouvelle tenue, celle de la gendarmerie. Il ne s'est pas encore habillé qu'on l'informe que le Lieutenant Kalifa Ouattara veut le voir. « Je ne le connaissais pas. Je suis sorti avec ma tenue dans mon véhicule. On est parti vers la SITARAIL. Deux lieutenants m'ont longuement posé des questions ».

Après la rencontre, quelqu'un serait venu le chercher. Selon les dires de Gaston Ouédraogo, le monsieur qui travaille à la Gendarmerie de Paspanga lui dit qu'il y fera un tour avant de ramener le capitaine au poste. « Arrivé, j'ai été enfermé. Le lendemain, ils m'ont demandé où était mon véhicule. J'ai indiqué où il se trouvait. Ils ont perquisitionné et ont trouvé 126 977 000 FCFA. » Tel est le récit livré par le capitaine Gaston Ouédraogo.

« Avant les évènements, aviez-vous conduit une mission pour récupérer du matériel de maintien d'ordre ? » a demandé le parquet. L'accusé a répondu par l'affirmative. « Lors de vos précédentes sorties, aviez-vous établi des ordres de mission ? » a voulu savoir le ministère public. Réponse de l'appelé à la barre : « Ni pour ce jour-là ni pour les autres jours. Toutes les fois que nous avions effectué les missions, nous n'avions jamais un ordre de mission, même quand les grands chefs y allaient. Ce sont les formalités que nous remplissons à la base aérienne qui font foi ».

Le parquet militaire a aussi voulu savoir s'il savait que « nous étions dans un coup d'Etat au moment de faire la mission ». Oui, a répondu l'accusé, ajoutant qu'il a suivi les informations à la télé comme tout le monde. Le ministère public est encore revenu à la charge en lui demandant s'il pense qu'il y a un lien entre son voyage et le coup d'Etat. « Au début, je ne pouvais pas le savoir. Puisque je n'avais pas d'informations précises. Aujourd'hui je me dis qu'il y a un lien », a répondu celui qui dit aussi n'avoir participé à aucun mouvement ou rassemblement lors de cette période trouble. Egalement interrogé sur la nationalité du Lieutenant Touré, Gaston Ouédraogo pense qu'il ne peut pas le savoir, car il y a des Touré en Côte d'Ivoire et au Burkina.

« La base aérienne voulait sacrifier nos vies »

L'autre sujet qui a cristallisé l'attention du parquet militaire est relatif à la somme d'argent retrouvée dans le véhicule de l'accusé. Sidi Becaye a lu une déposition du colonel-major Kéré qui dit avoir remis 75 millions au capitaine Ouédraogo. Kéré lui-même aurait reçu cette somme de Diendéré afin d'encourager la troupe. Il était alors question de savoir si une partie de la somme retrouvée dans son véhicule n'est pas celle destinée à motiver les éléments. Selon l'accusé, il n'a reçu aucune somme de la part du colonel-major. Pour appuyer ses propos, il ajoute : « La comptable dans sa déposition a dit que c'est à elle qu'on a remis l'argent. » Acculé par les multiples questions, le mis en cause a résumé sa responsabilité en ces termes : « J'assume la mission, mais je ne suis pas plus responsable que ceux qui l'ont conçue (...) Ce qui m'énerve le plus est que l'hélico était en panne et on ne nous a rien dit. La base aérienne voulait sacrifier nos vies. »

L'audience reprend ce lundi matin à 9 heures.

On dispose d'un interprète sur demande

Durant les deux journées d'audition, le soldat de première classe Abdou Compaoré, qui a confessé sa non-maîtrise de la langue de Molière, a été assisté par un interprète. Profitant d'un instant où la défense était autorisée à faire des observations, l'ex-conseil commis d'office de l'accusé, Me Jacques Soré, a fait remarquer que nulle part dans le dossier du prévenu il n'est indiqué que ce dernier a été assisté par un interprète lors de l'instruction. Sans que le conseil s'explique davantage, la parole lui a été retirée par le président, qui lui a fait savoir que, n'étant plus l'avocat du sieur Compaoré, il n'avait pas le droit de faire de telles observations. Mais le ministère public est tout de même revenu sur cette remarque : « L'interprète est un droit dont dispose tout accusé », a reconnu le parquet qui a indiqué par contre que ce droit doit faire l'objet d'une demande. « Monsieur Compaoré n'avait pas fait la demande avant », a soutenu le parquet qui a souligné par ailleurs que l'accusé n'a pas remis en cause ses déclarations faites devant le juge. Mieux, à l'audience du 12 comme à celle du 14 septembre, il a répondu à des questions sans que l'interprète intervienne. « Nous avons même remarqué qu'à une question, vous avez même corrigé l'interprète », a dit le procureur militaire à l'homme à la barre.

Une chaise pour alléger les charges du soldat Abdou Compaoré

Plus de la moitié de l'audience du 14 septembre a été consacrée à l'interrogatoire du soldat Abdou Compaoré. Débutée à 9 heures, son interrogatoire a, en effet, été suspendu à midi et demi avant de reprendre à 14 heures. Mais à la reprise, il a adopté une posture qui a attiré l'attention de plus d'un : accoudé contre la barre, la tête baissée et la paume de la main gauche soutenant sont front, le soldat Compaoré donnait l'air de quelqu'un qui portait un poids qu'il avait du mal à supporter. Le président du tribunal, Seydou Ouédraogo, a donc demandé à l'inculpé s'il voulait poursuivre l'interrogatoire dans la position assise. « Non, je ne suis pas fatigué », a répondu le mis en cause, la voix enrouée. Aidé par l'interprète, il a fait savoir que cet état s'explique par la lourdeur des chefs d'accusation qui pèsent sur lui. Cette réponse a décontracté la salle, notamment dans le box des accusés, et le président Seydou Ouédraogo a appelé au calme dans la salle.

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