19 Septembre 2018

Congo-Kinshasa: A Lodja, la MONUSCO encourage les partis politiques à mettre fin à la violence politique

communiqué de presse

Lodja, le 17 septembre 2018 - Du 14 au 16 septembre 2018, une mission d'évaluation conjointe de la MONUSCO s'est rendue à Lodja, l'un des six territoires de la province du Sankuru, pour vérifier et évaluer la situation sécuritaire actuelle et prendre des mesures appropriées.

Cette mission fait suite à des rapports reçus par la MONUSCO sur les conflits continus entre les partis politiques et des chefs coutumiers depuis août 2018 dans cette région. L'équipe de la MONUSCO a tenu plusieurs séances de travail avec des représentants des services spécialisés des forces de défense et de sécurité, des organisations de la société civile, notamment des femmes mais aussi des enfants, des chefs coutumiers ainsi que des partis politiques qui ont tous révélé ouvertement l'interférence de la politique dans tous les services de l'Etat y compris dans le giron des chefs coutumiers. En effet, expliquent-ils, tous ceux qui n'adhèrent pas au parti politique, la Convention des Congolais Unis (CCU), ont été licenciés, des civils ont été tués et des centaines de huttes ont été incendiées.

De même, beaucoup de cas de succession à la chefferie coutumière violents ont été enregistrés ; tout comme des conflits fonciers et administratifs et le fait que des membres de la PNC recrutés localement ne sont pas bien formés pour protéger la population. Les réunions ont en outre révélé qu'un seul magistrat agissait en qualité de procureur pour tous les crimes, y compris les violences sexuelles avec, à la clé, une absence d'espace carcérale à Lodja. L'Équipe, avec à sa tête, Essoh Essis, le Chef du bureau a.i. de la MONUSCO à Kananga, a partagé tous ces griefs avec le Gouverneur de la province du Sankuru, qui a reconnu pour sa part que la province était confrontée à de sérieux défis qui, selon lui, pourraient être résolus avec le soutien de la MONUSCO.

Cette mission a ainsi entrepris de sensibiliser tous les interlocuteurs à la non-violence et à la tolérance politique pour la cohésion sociale et le développement. A l'issue de ces sensibilisations, un réseau d'alerte communautaire et trois comités de protection locaux composés de 15 membres ont été établis ainsi qu'un cadre de concertation entre les représentants des partis politiques locaux qui ne se côtoyaient plus depuis environ 12 ans. Ce cadre de concertation est chapoté par la Commission diocésaine justice et paix et va aider à diffuser toutes les tensions politiques à la base des conflits à Lodja. Au cours de l'installation de ce cadre, les représentants des partis politiques se sont engagés à mettre fin aux violences politiques.

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