19 Septembre 2018

Sénégal: Diourbel / Affaire du trafic des faux médicaments de Touba Belel - Le paquet requiert 7 ans ferme contre Bara Sylla et Amadou Oury Diallo

Le Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Diourbel a requis 7 ans de prison ferme et un millions d'amende, pour chacun, contre Amadou Oury Diallo et Bara Sylla.

Ces derniers sont poursuivis pour les chefs d'accusation d'association de malfaiteurs, contrebande, exercice illégal de la profession de pharmacien et complicité d'exercice. L'affaire est mise en délibéré, le 06 novembre prochain.

Les prévenus Bara Sylla, ne le 13 février 1984 et Amadou Oury Diallo, âgé de 77 ans, poursuivis pour les délits d'association de malfaiteurs, contrebande, exercice illégal de la fonction de pharmacien et complicité d'exercice, étaient, hier mardi, jugés au Tribunal de grande instance de Diourbel. A la barre du tribunal, les deux prévenus ont tous nié le fait qu'ils se connaissaient avant. Chacun a déclaré n'avoir connu l'autre que lors de leur arrestation par les éléments de la brigade de gendarmerie de Touba Bélel.

Le Procureur de la République, dans son réquisitoire, a demandé au tribunal de condamner les prévenus Barra Sylla et Amadou Oury Diallo chacun à 7 ans de prison ferme, assortis d'un million de F Cfa d'amende. Le parquet a évoqué un alinéa de l'article 5 du Code de procédure pénal relatif au délit d'association de malfaiteurs.

Les parties civiles, représentées par l'Ordre des pharmaciens et le Syndicat des pharmaciens du Sénégal, ont demandé respectivement des sommes de 1 milliard 350 millions et 1 milliard de dommages et intérêts; soit 2 milliards 350 millions de Cfa en tout.

La défense, composée de Me Mbaye, Me Diongue et Me Khassumou Touré, pour ne citer que ceux-là, a plaidé pour la relaxe de leurs clients car il n'y a pas eu des éléments de preuves qui caractérisent les délits d'association de malfaiteurs, de contrebande, d'exercice illégal de profession de pharmacien. Par conséquent, pour eux, leurs clients doivent être relaxés.

Il faut rappeler que la brigade de gendarmerie de Touba Bélel avait mis la main sur 2 camions dans lesquelles une importante quantité de médicaments, estimée à plus de 1 milliard 350 millions avaient été saisie. L'affaire est mise en délibère, le 6 novembre prochain.

REACTION... REACTION...

ME ABDOULAYE BABOU, AVOCAT DE LA PARTIE CIVILE : «Trois individus ont voulue m'agresser à la fin de ma plaidoirie sans la réaction du Parquet et du Tribunal»

L'un des avocats de la partie civile, Me Abdoulaye Babou, déclare avoir été victime d'une agression. «J'ai été victime d'attaque après ma plaidoirie. Trois individus m'attendaient devant le tribunal. Ils voulaient m'agresser. Je rentre dans la salle d'audience, j'avise le Procureur de la République et il refuse de réagir, ainsi que le Président. Cela veut dire que dans ce pays, un avocat n'est plus libre pour faire son travail alors qu'on a une immunité lorsque nous faisons nos plaidoiries. Personne n'a voulu réagir. Heureusement, j'ai pris mes responsabilités et quand je suis sorti, ces lâches ont pris la fuite. Je vais comme ça sur Touba.»

ME KHASSIMOU TOURE, AVOCAT DE LA DEFENSE : «La montagne a accouché d'une souris car Il n'y a pas eu de preuves sur les infractions... »

L'un des avocats de Barra Sylla, Me Khassimou Touré déclare que «la montagne a accouché d'une souris. Lorsque cette affaire a été abordée dans le fond, vous vous êtes aperçus que tout ce qui a été raconté au niveau de l'opinion et dans la presse s'est avérée être une chimère. Parce que quelle que soit la clameur publique, une infraction reste une infraction. Une infraction est caractérisée par 3 éléments consécutifs qui sont arithmétiques et cumulatifs c'est-a-dire qu'aucun élément ne peut aller sans l'autre.» Il s'agit, selon lui, de «l'élément légal car pour qu'il y ait une fraction il faut qu'on la prévoit. On parle de légalité de la poursuite. Il faut également un élément matériel c'est-à-dire les pièces à conviction qui fonde l'opinion du Tribunal. Ces pièces à conviction sont fondées sur les dispositions pertinentes de l'article 414 du Code de procédure pénale qui gouverne une bonne administration et une bonne distribution de la justice. Et enfin il faut un élément moral, c'est l'intention coupable, l'intention frauduleuse en l'espèce on parle de saisie historique et de milliards de médicaments. Ce qui est sorti de ce dossier, c'est que les éléments constitutifs des infractions pour lesquelles Bara Sylla est poursuivi, c'est les chefs d'inculpation d'exercice de la profession de pharmacien. Il y a eu des discussions, mais on ne peut avoir la certitude la conviction pour condamner Bara Sylla. Mais, en réalité, c'était une opportunité pour les pharmaciens de se faire entendre, d'élever leur voix.»

Sénégal

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