20 Septembre 2018

Burkina Faso: IIe rapport annuel Goalkeepers 2018 - " Il faut investir davantage dans la santé et de l'éducation pour obtenir des changements en vue d'atteindre les ODD" , (Natasha Quist)

interview

La Fondation Bill et Melinda Gates a publié le mardi 18 septembre 2018, son 2e rapport annuel dénommé Goalkeepers produit en partenariat avec l'Institute for Health Metries and Evaluation (IHME), Université de Washington. Ce rapport met l'accent sur les tendances démographiques pouvant entraver les progrès accomplis en matière de lutte contre la pauvreté dans le monde. Joint au téléphone depuis Abuja au Nigeria, la représentante de ladite fondation pour la région Afrique de l'Ouest et du Centre, Natasha Quist, nous parle des thèmes abordés par le rapport et la nécessité d'investir dans la jeunesse en Afrique.

Sidwaya (S.): Qui est Natasha Quist ?

Natasha Quist (N.Q.) : Je suis le représentant de la Fondation Bill et Melinda Gates en Afrique de l'Ouest et du Centre, basée au bureau régional à Abuja. Je suis très fréquente dans les pays francophones surtout au Burkina. Cela fait deux ans que je suis membre de l'équipe africaine pour la Fondation Bill et Melinda Gates.S. :L'Afrique de l'Ouest et du Centre occupe-t-elle une place importante pour la Fondation Bill et Melinda Gates ?N.Q.: La Fondation Bill et Melinda Gates à trois bureaux en Afrique. Nous avons un bureau à Addis Abeba en Ethiopie, à Abuja au Nigeria et un nouveau bureau à Johannesburg en Afrique du Sud. L'Afrique de l'Ouest et du Centre en particulier et l'Afrique en général occupe une place importante si on veut aborder des questions de pauvreté. La Fondation soutient les gouvernements en Afrique dans la lutte contre la pauvreté. Dans la partie dont j'ai la charge, 27 pays sont soutenus par la Fondation. Ces pays sont ceux qui ont toujours des difficultés, des conflits ou qui ont des gouvernants ou des leaders ayant une vision claire du développement par exemple le Burkina et la Gambie.

S. : Chaque année, la Fondation Bill et Melinda Gates publie un rapport sur l'état des progrès dans le monde. Qu'est ce qui a motivé cela ?

N.Q. : C'est en fait un regard sur les Objectifs de développement durable (ODD). La Fondation a décidé de soutenir les 18 indicateurs des ODD mais elle s'est proposé chaque année de suivre les progrès. Nous sommes à notre 2e rapport ce mardi 18 septembre 2018. Le rapport fait état de ce qui marche et de ce qui ne marche pas pour mieux atteindre les ODD à l'horizon 2030. L'objectif est de suivre les progrès des ODD et apprendre parce qu'on a un projet de 20 ans. Il faut apprendre et partager.

S. : Quels sont les différents thèmes abordés par ce 2e rapport ?

N.Q.: Ce sont tous les thèmes des Objectifs de développement durable (ODD). Cependant, l'accent est mis sur la santé et l'éducation. Le rapport indique que si on investit dans la santé et de l'éducation, on va avoir plus de changement. On a vu que ça marche en Inde et en Chine, c'est possible et les chiffres montrent qu'il faut investir davantage dans ces deux secteurs. Le rapport aborde aussi l'agriculture, le VIH, la planification familiale ; tout cela en lien avec la jeunesse. Selon la Fondation Bill et Melinda Gates, investir dans la jeunesse pourrait favoriser la productivité et l'innovation.

S. : Par exemple, que dit le rapport sur la planification familiale quand on sait qu'en Afrique subsaharienne, les besoins non satisfaits en la matière sont très élevés ?

N.Q. : Les questions relatives à la population sont très sensibles même si on voit que la Chine et l'Inde ont eu une approche claire sur la question. Les acteurs de développement sont un peu sceptiques sur le sujet. Le rapport ne fait que montre des chiffres qui indiquent que si les populations, si les familles ont le choix de décider librement quand est-ce qu'elles veulent avoir des enfants ; cela permet aux familles de planifier et de lutter contre la pauvreté.

S. : A la lecture de ce rapport, faut-il être optimiste ou pessimiste quant à l'avenir de l'Afrique car l'accroissement démographique semble être inquiétant ?

N.Q.: Il faut être optimiste, les chiffres montrent que les tendances peuvent être inversées. Les questions de population sont très sensibles mais il faut en parler parce qu'elles sont très importantes pour le développement. Ainsi, les questions de population, il faut les percevoir comme une opportunité. Les populations africaines sont très jeunes et si cette population est éduquée et en bonne santé, elle peut être une opportunité.

S. : Avez-vous autre chose à ajouter particulièrement sur le Burkina ?

N.Q.: Le Burkina Faso à travers son gouvernement à une vision claire sur son développement. Les gouvernants du pays savent comment aborder les questions de développement. Il a un plan national de développement économique et social qui touche tous les aspects de développement. Le Burkina a du leadership et constitue un exemple.

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