Burkina Faso: Approvisionnement en eau potable de la ville de Ouahigouya - Les femmes du secteur 2 marchent sur l'ONEA

19 Septembre 2018

La souffrance endurée par les populations de la cité de Naaba Kango en matière d'approvisionnement en eau potable, n'est qu'un secret de Polichinelle. Le lundi 17 septembre 2018, les femmes du secteur 2 ont décidé d'exprimer leur colère. Elles ont battu le pavé pour se faire entendre par les responsables de la nationale des eaux.

Munies, les unes de bidons vides, les autres de spatules, les femmes du secteur 2 de la ville de Ouahigouya ont cessé toute activité pour aller à la recherche de l'eau dans les puits de l'ONEA, au secteur 5. Tout le long du trajet qui les a conduites devant la direction régionale de l'ONEA, les femmes, spontanément mobilisées, ont scandé un seul message : « Secteur 2, koom kae yé, facture wa ya, koom kae yé (le secteur n°2 n'a pas d'eau, les factures sont là, mais il n'y a pas d'eau) ».

A l'arrivée des manifestantes devant l'ONEA, les portes avaient déjà été soigneusement fermées. On ne fait pas de photo ici, nous lance un des vigiles derrière le portail. Selon les manifestantes, depuis le Ramadan, certaines borne-fontaines sont restées sans la moindre goutte d'eau pendant qu'à chaque fin de mois, des factures leur sont régulièrement adressées. Selon le conseiller municipal dudit secteur que nous avons eu au téléphone, cela fait une semaine jour pour jour qu'il n'a reçu aucune goutte d'eau à sa borne-fontaine. Toutefois, il dit ne pas avoir été informé de la marche des femmes de son secteur. Face à la persistance des femmes qui étaient déterminées à faire passer leur message, un agent sort et se met à leur écoute. Issaka Ouédraogo, puisque c'est de lui qu'il s'agit, accueille les femmes en ces termes : «Vous êtes les bienvenues. Nous saluons votre démarche. Sachez que nous sommes là pour que vous ayez l'eau.

Mais si vous n'avez pas d'eau, nous devons nous comprendre. C'est vrai que nous sommes en pleine saison pluvieuse. Mais tout est une question de machine ». Mais il y a un fait que les femmes ne comprennent pas. « Si nous devons nous comprendre, sans eau, pas de facture. Quand nous gagnions l'eau, la facture était à 1 500 F CFA. Mais depuis que nous n'avons pas l'eau, la facture passe à 2 000 F CFA et parfois plus. Comment expliquez-vous cela ? », lance une voix dans la foule. « On ne peut pas éviter de vous envoyer les factures. Autrement nous devons enlever les compteurs installés dans vos domiciles », répond Issaka Ouédraogo. Mais au juste, où se situe le problème, lui avons-nous demandé ? « Je ne suis pas le 1er responsable. Quand il pleut assez (comme c'est le cas aujourd'hui), nos puits sont inondés et nous ne pouvons pas servir aussi de l'eau sale à la population.

Actuellement, spécifiquement pour le secteur n°2, nous ne pouvons pas remplir nos réservoirs pour les servir. Aussi, quand il n'y a pas de pluie, nos puits sont secs. C'est la nature même qui ne favorise pas Ouahigouya. Mais nous sommes en train de construire un décanteur de plus d'un milliard de F CFA pour qu'il y ait l'eau de façon pérenne à Ouahigouya». Pour ce qui est du délai pour la fin desdits travaux pour mettre fin à leur calvaire, Issaka Ouédraogo n'a aucune réponse pour les femmes du secteur 2 de Ouahigouya.

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