22 Septembre 2018

Congo-Brazzaville: Vie des partis - Joseph Kignoumbi-Kia-Mbougou fustige les accointances de l'opposition constitutionnelle avec le pouvoir

Au cours d'une conférence de presse qu'il a animée le 22 septembre à Brazzaville, le président du parti « La Chaine » a accusé la famille politique conduite par Pascal Tsaty-Mabiala d'être de connivence avec la majorité présidentielle.

Joseph Kignoubi-Kia-Mboungou a été face à la presse pour « porter son regard sur la situation nationale actuelle». A cette occasion, il a abordé, dans son mot liminaire, plusieurs questions, entre autres, son analyse du message à la nation du chef de l'Etat, le 14 août dernier à l'occasion de la célébration du 58e anniversaire de l'indépendance du Congo; l'incapacité, selon lui, du gouvernement à mettre en oeuvre les mesures radicales pour sortir le Congo de la crise actuelle; la lutte contre les antivaleurs et la connivence affichée de l'opposition dans son ensemble avec la majorité constitutionnelle. Parlant justement de cette connivence, le président de La Chaîne a déclaré:« Nous la dénoncions dans notre conférence de presse du 30 juin 2018, pourtant certains Congolais et même certains d'entre vous disaient de nous que nous étions mauvais joueurs. Aujourd'hui, incontestablement, les faits nous donnent raison puisque Pascal Tsaty-Mabiala, lors de ses prises de parole publiques et même lors du débat sur le Plan national de développement (PND) 2018-2022, l'ayant pourtant combattu a conclu en disant, l'opposition entend accompagner le gouvernement, elle vote donc la loi sur le PND ».

Selon Joseph Kignoumbi-Kia-Mboungou, un opposant n'accompagne pas un gouvernement qu'il combat. Pour le cas d'espèce, le soutien de Pascal Tsaty-Mabiala au gouvernement est désormais indéfectible, a-t-il soutenu, estimant que cela est au mépris même de l'une des dispositions de la loi portant statut de l'opposition qui stipule qu'un parti est dit de l'opposition s'il ne soutient pas l'action du gouvernement. Il a dit n'avoir pas signé le mémorandum du 23 juin dernier.

Le président de La Chaine est en outre revenu sur le message du chef de l'Etat du 14 août dernier. Un message qui, d'après lui, n'a rien apporté de concret pour satisfaire tant soit peu les attentes des Congolais qui étaient si nombreux à espérer entendre des annonces politiques courageuses, dans le sens de la décrispation totale et sincère du climat politique, social, économique et financier national.

Abordant ce qu'il a appelé l'incapacité du gouvernement à mettre en œuvre les mesures radicales de sortie de crise, Joseph Kignoumbi-Kia-Mboungou s'en est pris au Premier ministre, chef du gouvernement. Il a indiqué qu'en dépit de l'étendue de ses pouvoirs, « le Premier ministre reste incapable et manque de courage politique pour engager les mesures radicales qui amèneraient le pays sur la voie de l'ajustement et conclure, dans les meilleurs délais, un programme d'aide avec le Fonds monétaire international».

Joseph Kignoumbi-Kia-Mboungou a également rejeté l'idée d'un énième dialogue politique inclusif que reclameraient certaines officines. A ce sujet, il a laissé entendre: « L'opposition parlementaire et extra parlementaire le réclame à cor et à cri comme si nous n'en avions jamais tenu et comme si cet énième dialogue serait la thérapeutique aux maux qui minent notre pays ». A en croire le président de La Chaîne, cette réclamation ne serait qu'une occasion pour les membres de l'opposition et de la majorité de se distribuer « des rôles qui aboutiront ni plus ni moins qu'à la formation d'un gouvernement d'union nationale en vue de l'élaboration d'un éventuel nouveau projet constitutionnel ».

Donnant son point de vue sur la lutte contre les antivaleurs, le président de La Chaîne se dit ne pas être convaincu de la volonté des pouvoirs publics de s'attaquer à ces fléaux. Aussi a-t-il dénoncé la dissolution de la Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude lors du Conseil des ministres tenu le 20 septembre. « Au fond, derrière cette levée de boucliers, tout le monde (particulièrement le gouvernement) a peur que toute la haute administration publique congolaise soit éclaboussée dans des scandales qui en réalité n'épargnent personne», a-t-il affirmé.

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