24 Septembre 2018

Angola: Jose Filomeno dos Santos, fils de l'ex-président, incarcéré

Photo: António Lourenço/ Angop
José Filomeno dos Santos.

Jose Filomeno dos Santos a été placé en détention provisoire dans le cadre d'une affaire de détournement de fonds de 500 millions de dollars.

Jose Filomeno dos Santos est en détention préventive « en raison de la complexité et de la gravité des faits », pour « garantir, aussi, l'efficacité de l'enquête », a annoncé le procureur général angolais dans la soirée, lundi 24 septembre.

Car, explique le procureur, il y a dans le dossier suffisamment de preuves que « les accusés se sont engagés dans des activités de corruption ». Blanchiment d'argent, perception indue d'avantages, ou encore escroquerie sont quelques-uns des crimes listés. Des délits passibles de 8 à 12 ans de prison.

Jean-Claude Bastos de Morais, un très proche du fils dos Santos, est également placé en détention provisoire. Cet homme d'affaires angolo-suisse a géré une partie du fonds souverain, organisme doté de 5 milliards de dollars que Jose Filomeno dos Santos a dirigé entre 2013 et 2018. Une gestion qui lui est aujourd'hui reprochée.

Cette arrestation n'est pas une surprise pour Alcides Sakala, porte-parole de l'UNITA, principale force de l'opposition angolaise : « On en parle depuis pas mal de temps. Cela fait bien des années que l'UNITA, dénonce avec véhémence le besoin de lutter contre la corruption ».

Il rappelle que ce combat était aussi une promesse du président et salue cette « convergence de vues ». Le souhait de cet opposant est à présent que l'Angola « devienne un pays normal », qui « assume ses responsabilités à travers les institutions créées à cet effet ».

Je ne suis pas surpris du fait que ces personnes-là aient été arrêtées. On en parle depuis pas mal de temps. Bien sûr, les services du procureur général ne font que leur travail. Cela fait bien des années que l'UNITA dénonce avec véhémence le besoin de lutter contre la corruption

En mars déjà, Jose Filomeno dos Santos avait été inculpé pour avoir ordonné un virement de cinq cents millions de dollars vers une banque suisse basée en Angleterre. C'est d'ailleurs la banque qui avait à l'époque sonné l'alerte, peu après avoir reçu ce gigantesque virement.

Pour João Pinto, député du MPLA, le parti au pouvoir, « les lois doivent être appliquées », tout en faisant attention à respecter « la présomption d'innocence, le droit à une défense, un procès juste et équitable ». Il explique que le programme du MPLA « c'est bien celui-ci ».

« Si erreurs il y a eu, dans un Etat de droit, et comme exigé par notre Constitution, il ne revient qu'aux tribunaux de condamner, acquitter, juger. Les hommes politiques préviennent, ils créent des conditions, ils prennent les actions dissuasives nécessaires ».

Dans l'Etat, il y a séparation des pouvoirs. Les lois doivent être appliquées, mais toujours en fonction des principes qui fondent l'Etat de droit démocratique: la présomption d'innocence, le droit à une défense, un procès juste et équitable

Placé jusqu'ici sous contrôle judiciaire, le fils dos Santos avait promis de « collaborer » avec la justice de son pays. Aujourd'hui le procureur choisit donc de l'arrêter pour la durée de l'instruction, car il affirme avoir d'autres accusations de fraude à son encontre.

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