24 Septembre 2018

Burkina Faso: 2es journées parlementaires de l'UPC - Redorer l'image du pays devenu « la destination à éviter »

Débutées dans la matinée du 21 septembre 2018, les 2es journées parlementaires de l'Union pour le progrès et le changement (UPC) de l'année en cours ont pris fin dans l'après-midi du même jour, à Ouagadougou.

Placées sous le thème : « Dégradation continue de la situation sécuritaire au Burkina Faso : quelle contribution des parlementaires pour une résolution de la problématique dans notre pays ? », ces journées ont permis aux députés UPC de formuler cinq recommandations dans le cadre de la lutte contre l'insécurité et de lancer un appel à la solidarité nationale pour soutenir les Forces de défense et de sécurité (FDS).

Les multiples attaques terroristes avec leur lot de morts et de blessés et les importants dégâts matériels enregistrés ces dernières années, ont fini par semer la psychose et la désolation au sein du peuple burkinabè. Et comme si cela ne suffisait pas, ces attaques ont fait du pays des Hommes intègres, jadis présenté comme « la destination à ne pas manquer », celle à éviter désormais.

Les investisseurs et les touristes ne semblent plus séduits par la destination Burkina. Inquiets des conséquences multiples qu'engendre cette situation, les députés du parti du Lion ont décidé de poser les bonnes questions et apporter les réponses pertinentes à la question sécuritaire nationale.

A l'issue de leurs travaux dans l'après-midi du 21 septembre, ces parlementaires ont formulé cinq recommandations (voir encadré) en vue d'apporter leur contribution, autant que faire se peut, à la lutte contre l'insécurité dans le pays. «Voyez, pour la programmation budgétaire au titre de l'année en cours, le ministère de la Défense n'a reçu que 37% du budget alors que la loi de programmation prévoit un budget de 150 milliards de F CFA. Le ministère n'a reçu que 59 milliards de F CFA. Nous recommandons que la programmation soit assez bien suivie », a insisté le député Alitou Ido de l'UPC.

Selon lui, au-delà de cette question budgétaire, il y a celle de la formation des FDS. « La formation pour aguerrir nos soldats doit être au point. Il y a des soldats qui quittent le front par peur. D'autres n'ont pas la technicité nécessaire. Nous pensons et recommandons au gouvernement de former des soldats aguerris afin qu'ils affrontent les terroristes. L'autre point est la question de leur sous-équipement. On ne va pas à la guerre avec des flèches et un carquois mais avec des moyens qui siéent.

Le gouvernement invité à privilégier la concertation dans l'action

Il faut que l'Etat les dote de moyens adéquats, à la hauteur de la situation », a affirmé M. Ido qui a également relevé la question au niveau de la structuration dans les villages, les communes, etc. « Si vous prenez par exemple n'importe quel village du Burkina Faso, il n'y a pas une organisation pour que lorsqu'arrive une personne étrangère dans le village, on le sache et que l'information soit analysée. Nous n'avons pas cette structuration. Nous avons donc recommandé qu'il y ait une meilleure réorganisation territoriale, qui consisterait à avoir, au niveau de chaque village, commune, une organisation de sorte à pouvoir avoir l'information assez rapidement... Le gouvernement va regarder en ce sens pour que ce soit efficace... . », a-t-il mentionné.

Tout en espérant que leurs recommandations « ne resteront pas sans égard », les élus nationaux du parti du Lion ont lancé un appel à tous les fils et filles de l'intérieur comme de l'extérieur, à contribuer à l'élan de solidarité nationale annoncé par le chef de file de l'Opposition politique pour soutenir les FDS. Au gouvernement, ils ont recommandé l'institution d'un fonds de guerre des forces vives de la Nation pour équiper les FDS.

Le président du groupe parlementaire UPC, K. Nicolas Da, a, pour sa part, invité le gouvernement à « assumer ses responsabilités de protection des biens et des personnes vivant sur le territoire national en privilégiant la concertation dans l'action et à se départir des accusations gratuites ».

A noter que les groupes parlementaires du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et Paix-justice et réconciliation nationale (PJRN) étaient présents à la cérémonie d'ouverture. Tour à tour, les représentants de ces différents groupes parlementaires ont salué la réflexion sur le thème qui est plus que d'actualité et interpellateur. Ils ont tous reconnu que l'heure est grave, et que par conséquent, il faut unir toutes les intelligences et les forces afin d'opposer une résistance farouche à ces sinistres individus qui ne cessent d'endeuiller des familles burkinabè. Il faut signaler que l'ouverture des travaux a également enregistré la présence du président du parti du Lion himself, Zéphirin Diabré.

Les 5 recommandations issues des travaux

1- Nommer à la tête des ministères de la Défense et de la Sécurité des spécialistes des domaines concernés ou des personnes ayant une grande expérience en la matière.

2- Relire et adopter sans délai, la politique de défense intégrant des mesures efficaces pour faire face à la nouvelle menace qu'est le terrorisme.

3- Respecter les dispositions de la loi de programmation militaire 2018-2020, notamment en ce qui concerne les dispositions sur les allocations financières suivant la planification budgétaire de cette loi en vue de renforcer la capacité opérationnelle de nos FDS.

4- Mettre en place des mécanismes de prise en charge rapide et inclusive de toutes les victimes et de leurs familles.

5- Donner à tous les niveaux, des signaux forts de bonne gouvernance et de patriotisme.

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