25 Septembre 2018

Congo-Kinshasa: Le retour difficile des déplacés du Tanganyika

Combien de Congolais sont effectivement rentrés chez eux après la fermeture précipitée et dans certains cas violente et brutale de trois sites de déplacés fin août dans le Tanganyika ? Les autorités avancent le chiffre de 14 000 personnes, impossible à vérifier dans la confusion qui a régné autour de cette opération à laquelle la communauté humanitaire n'a pas été associée et alors que nombreux y compris parmi ceux qui ont accepté d'emprunter les véhicules affrétés par les autorités ont été déposés trop loin de chez eux et se retrouvent à devoir se reconstruire des abris dans d'autres sites de déplacés.

Une poignée d'hommes se déhanchent à l'entrée d'une maison sur le bord de la route, à Mulenge, en République démocratique du Congo (RDC). Il est à peine 15h mais l'esprit est déjà la fête. Il y a un mois, une dizaine d'habitants de ce village, autrefois déplacés, sont rentrés chez eux.

« Je suis vraiment content, déclare un homme. C'est vrai qu'on nous a forcés à rentrer. Mais finalement, il y a la paix ici. Et surtout, c'est chez nous. On va reprendre nos vies et essayer de cultiver. En attendant, on n'a presque rien à manger mais on est quand même content. »

« Paix retrouvée »

Ces habitants ont été déposés à Mulenge par les bus affrétés par le gouvernement, aux côtés de milliers d'autres anciens déplacés. Il a fallu se débrouiller pour parcourir à pied les derniers kilomètres. Avant de partir, les plus chanceux ont reçu quelques vivres. Joséphine est rentrée les mains vides.

« Il y avait de la farine, du sel, un peu d'huile et de haricots mais pas assez pour tout le monde, explique-t-elle. Et c'était la cohue, alors j'ai renoncé. Et puis, on a tellement souffert dans le site de déplacés. Je n'avais qu'une seule hâte : retrouver ma maison. »

Modeste, lui, en rentrant, n'a trouvé que des ruines. « Voilà, c'était ça ma maison mais elle s'est écroulée, indique-t-il. Je dois tout recommencer à zéro. Heureusement, le chef de village a accepté de m'héberger. Dans le site de déplacés, il y a avait des problèmes, ici aussi il y a des problèmes mais au moins je suis content, car l'important, c'est d'être rentré. »

Modeste ignore encore où il trouvera les moyens de se construire une autre maison mais il aime mieux ne pas trop y penser. Pour le moment, dit-il, « il faut savourer la paix retrouvée ».

On n'a presque rien à manger mais on est quand même contents.

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