25 Septembre 2018

Ile Maurice: Accord de pêche - «Le ministre Prem Koonjoo n'a semble-t-il rien à dire»

«Nous devons réfléchir au modèle d'économie océanique que nous voulons. Si c'est calqué sur le même modèle que le Seafood Hub, nous allons tout droit vers la catastrophe !» Le syndicaliste Jean-Yves Chavrimootoo, de la plateforme Lavwa Losean Indien, est catégorique.

Pour lui, le Seafood Hub n'a rien apporté «d'exceptionnel» à la classe des travailleurs, bien au contraire, insiste-t-il. C'était ce mardi 25 septembre, face à la presse.

Jean-Yves Chavrimootoo rappelle que depuis 20 ans, tous les gouvernements ont mis en avant le Seafood Hub, d'où les accords de pêche qui ont été signés. «C'est ce modèle que le ministre Vishnu Lutchmeenaraidoo veut perpétuer comme modèle de développement dans le pays.»

«Dan supermarché, pwason sorti l'Indonésie, Alaska... Aujourd'hui, il est plus facile de manger du poisson sortant d'Alaska ! Voici le modèle de développement que le Seafood Hub a apporté.»

Que nous a apporté au juste le Seafood Hub, lance le syndicaliste. Il y a 20 ans, souligne-t-il, l'un des arguments pour la transformation de Maurice en Seafood Hub était la création d'emplois. Mais reste à voir «ki kalité lanplwa inn kréé».

«Dans ce secteur, dans le port de pêche, ce ne sont pas du tout des emplois haut de gamme. Les travailleurs reçoivent des salaires de misère.» Dans certains cas, dénonce Jean-Yves Chavrimootoo, «des employeurs ne s'acquittent même pas du NPF, du NSF». Et que dire de la précarité dans laquelle se trouvent des travailleurs qui sont payés au jour le jour et n'ont aucune sécurité d'emploi... «C'est ce modèle qui a été développé pendant 20 ans. Ala model lanplwa Seafood Hub inn améné», lâche le syndicaliste.

«Nous devons réfléchir au meilleur modèle de développement économique qui sera bénéfique à tous et non à une poignée seulement.»

Ce n'est pas tout. Jean-Yves Chavrimootoo explique que la sécurité alimentaire était un autre argument mis en avant par les autorités pour le développement d'un Seafood Hub. Or, force est de constater que «nou éna enn problem pwason dan nou pei», parce que «tous les poissons du Seafood Hub sont destinés à l'exportation».

À ce propos, le syndicaliste cite en exemple le Bonite qui aurait disparu de nos eaux. Pourtant, allègue Jean-Yves Chavrimootoo, «il y aurait 9 000 tonnes de poissons Bonite dans les réfrigérateurs dans le port, destinés uniquement à l'exportation».

D'ailleurs, ce ne serait pas le seul type de poisson que l'on trouverait dans le port de pêche. «En termes de quantité, il y a des milliers de tonnes de thon, des centaines de tonnes de requin et d'autres poissons... » Les Mauriciens, cependant, n'en profitent pas. «Dan supermarché, pwason sorti l'Indonésie, Alaska... Aujourd'hui, il est plus facile de manger du poisson sortant d'Alaska !» s'exclame le syndicaliste. Et de marteler : «Voici le modèle de développement que le Seafood Hub a apporté.»

Pour toutes ces raisons, Jean-Yves Chavrimootoo et la plateforme Lavwa Losean Indien réclame une National Marine and Coastal Line Audit Commission. Et que la population soit consultée avant la signature de tout éventuel nouvel accord de pêche avec le Japon ou tout autre pays. «Nous devons réfléchir au meilleur modèle de développement économique qui sera bénéfique à tous et non à une poignée seulement.»

Or, déplorent ces activistes, le ministre de la Pêche n'a même pas accusé réception de la lettre qu'ils ont déposée à son bureau, jeudi 13 septembre. C'était à l'issue d'une manifestation pacifique au jardin de la Compagnie. «Le ministre Prem Koonjoo n'a semble-t-il, rien à dire à ce sujet. D'ailleurs, depuis quelque temps, il n'a pas grand-chose à dire sur les sujets d'importance capitale pour Maurice.»

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