Congo-Kinshasa: Ebola - L'OMS met en garde contre une possible détérioration de la situation en RDC

(archive) - Les équipes de MSF se trouvent actuellement dans les régions de Mbandaka et de Bikoro et mettent en place deux centres de traitement Ebola de 20 lits chacun.
25 Septembre 2018

La « funeste combinaison » d'une reprise des conflits armés locaux et de populations traumatisées dans les zones affectées par le virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) pourrait permettre à cette maladie mortelle de se répandre, a mis en garde mardi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

« Nous sommes extrêmement préoccupés du fait que plusieurs facteurs puissent se combiner au cours des prochaines semaines ou mois pour créer une situation potentiellement désastreuse », a déclaré Peter Salama, directeur général adjoint de l'OMS chargé de la préparation et de la réponse aux situations d'urgence. Une situation où se combineraient « des conflits actifs, qui limiteraient notre capacité à accéder aux populations civiles, et la détresse de certains segments de population, déjà traumatisés par des décennies de conflits et d'assassinats ».

M. Salama a déploré des attaques récentes de la part de groupes armés, la plus récente datant du 22 septembre et ayant fait au moins 21 morts dans la ville de Béni, qui sert de quartier général à l'OMS pour « toute son opération » de lutte contre Ebola. Outre le ciblage inquiétant de civils par ces groupes, M. Salama s'est dit préoccupé du fait que les habitants aient déclaré Béni « ville morte » pour que les communautés affectées puissent enterrer leurs morts, ce qui a eu pour effet de suspendre les opérations de l'OMS.

Du fait de cette décision, les équipes de l'OMS n'ont pu établir lundi que 20% des contacts qu'elles avaient prévus, a-t-il précisé. Une autre ville, Butembo, pourrait également être déclarée « ville morte » par solidarité avec Béni, a-t-il ajouté.

« Si nous voyons des enterrements non sécurisés sur lesquels nous ne pouvons pas intervenir et des personnes présentant des symptômes auxquelles nous ne pouvons pas avoir accès, nous pourrions assister à une détérioration très rapide de la situation », a dit M. Salama.

Depuis la nouvelle apparition du virus en RDC il y a deux mois, 150 cas avérés ou probables ont été déclarés et 100 personnes sont mortes.

M. Salama, qui parlait à des journalistes à Genève, a cependant noté que la réponse à cette nouvelle épidémie, la 10ème en RDC depuis les années 1970, avait été excellente. Mais ces progrès, a-t-il dit, risquent d'être remis en cause par la reprise des violences dans la région des Kivus, dans l'est du pays, où sévissent plus de 100 groupes armés.

M. Salama a cependant affirmé qu'il n'était pas question d'un retrait de l'OMS ou des autres personnels de l'ONU du pays.

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