Sénégal: An 16 du Joola / Renflouement du bateau, pupilles de la nation, justice, sanctions ... - Les familles des victimes dépoussièrent les doléances

Photo: Sudonline
Des parents des victimes du "Joola" devant l'exposition des photos des personnes disparues dans le naufrage.
26 Septembre 2018

Ziguinchor qui a payé un lourd tribut du drame du «Joola» se mobilise pour rendre hommage aux 1963 morts officiellement recensés dans cette tragédie maritime. Une célébration sur fond d'attentes des familles des victimes qui ont dépoussiéré les vielles doléances qui tournent autour du renflouement du navire, de la prise en charge des orphelins laissés en rade. Aussi ces familles réclament-elles la justice pour situer les différentes responsabilités dans ce drame, l'une des plus grandes tragédies maritimes au monde. Une 16e commémoration sur fond de vielles doléances dépoussiérées par les familles des victimes du naufrage.

La question du mémorial occultée, les attentes des familles des victimes du «Joola» tournent cette année autour de plusieurs questions dans ce dossier du naufrage du «Joola», du nom du navire qui assurait la liaison maritime Dakar-Ziguinchor et qui a coulé le 26 septembre 2002, faisant plus de 2000 morts. Comme à chaque commémoration, les familles des victimes réclament le renflouement du bateau. Une vieille doléance soulevée encore cette année et qui se justifie à plusieurs niveau, selon le président de l'Association Nationale des Familles des Victimes du Joola, Moussa Cissokho, qui explique: «nous insistons sur le renflouement, cela nous permettra d'avoir des objets du bateau que nous allons exposer au niveau du musée.

Si on renfloue le bateau, les objets identifiables seront remis aux parents, ceux qui ne sont pas identifiables exposés au musée», a laissé entendre le responsable des familles des victimes qui avance une autre justification pour étayer sa requête de renflouement du bateau. «Renflouer le bateau par respect aux parents des victimes pour avoir une sépulture digne», martèle-t-il, avant de réclamer justice dans ce naufrage.

Des sanctions, les familles en réclament toujours pour situer les responsabilités. Moussa Sissoko s'explique difficilement qu'il n'y ait pas de sanction pour ce naufrage, l'une des plus grandes tragédies maritimes au monde. «C'est comme si on veut prendre la disparition de ces 2000 victimes pour les mettre dans le compte des pertes et profits; c'est pourquoi il faut faire toute la lumière sur cette affaire pour identifier les responsables et les sanctionner», déplore-t-il, avant de saluer les pas de géants réalisés dans la prise en charge de certaines questions du dossier.

«BEAUCOUP A ÉTÉ FAIT ET BEAUCOUP RESTE A FAIRE»

L'indemnisation dépassée, tout comme l'élargissement du port, la construction de la gare maritime, l'arrivée de nouveaux bateaux qui font partie du lot de doléances satisfaites par l'Etat qui, selon le responsable, a fait des avancées. Et certaines femmes des victimes du Joola ont bénéficié de financements. «Beaucoup a été fait et beaucoup reste à faire», déclare Moussa Cissokho qui, avec les autres familles des victimes du «Joola», va célébrer ce 16e anniversaire du naufrage du navire sénégalais sous le signe de «La prévention et de la sécurité». Une façon d'alerter sur la spirale d'accidents qui ont marqué cette année.

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