1 Octobre 2018

Congo-Kinshasa: Journée mondiale de l'avortement - L'article 14 du Protocole de Maputo offre l'opportunité aux femmes

La date du 28 septembre, consacrée mondialement à l'avortement, a été célébrée sous le thème « Révolution de la santé de la femme en RDC : l'article 14 du protocole de Maputo, opportunité pour lutter contre les décès et les complications dus aux avortements clandestins ». La ministre du Genre avec les membres de la coalition, lors de la journée consacrée à l'avortement, le 28 septembre.

À l'occasion de la journée du 28 septembre, consacrée mondialement chaque année à la problématique des grossesses non désirées et des avortements clandestins à risque, la ministre du Genre, de la Famille et de l'Enfant, Mme Chantal Safou, a indiqué que le contexte de la santé de la reproduction en République démocratique du Congo reste marqué par une mortalité maternelle élevée. Soit, 846 pour 100 000 naissances vivantes, un faible accès aux méthodes contraceptives (7,8%), un indice de fécondité élevé (6,6), un taux brut de natalité de 4,4% avec près de 1/3 des adolescentes de 15 à 19 ans ayant déjà commencé la vie procréative (EDS 2014).

C'est au cours de la journée de réflexion organisée, le vendredi 28 septembre 2018 à Pullman, par la coalition des grossesses non-désirées que Mme Chantal Safou a fait savoir que les grossesses multiples et celles des jeunes adolescentes sont associées à de nombreuses complications. De même, les grossesses non désirées, et celles issues du viol, se terminent en majorité par les avortements clandestins qui le plus souvent ont des complications graves. Ce qui explique en grande partie la forte mortalité maternelle en RDC, avec pour deuxième cause les avortements clandestins.

La RDC a adhéré sans réserve au Protocole de Maputo, un texte juridique africain jugé symbolique et historique du fait qu'il indique la détermination des pays africains à mettre un terme aux discriminations et aux violences de toutes sortes faites aux femmes. Ce texte en son article 14, a souligné la ministre du Genre, aborde la question de l'accès des femmes à l'avortement médicalisé et autorise celui-ci dans des situations particulières, à savoir lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus ou en cas d'agression sexuelle, de viol ou d'inceste. L'adhésion de la RDC au Protocole de Maputo est un signe éloquent de son engagement à donner aux femmes congolaises l'accès aux droits protégés par cet instrument juridique international, notamment ceux prescrits à son article 14(2) (c).

Pour la ministre du Genre, la collaboration de la coalition et les partenaires (IPAS, Pathfinder International, MDM-France, ABF-ND, Si jeunesse savait, CAFCO, Afya Mama), avec le ministère du Genre sur cette question permet de faire avancer les choses dans le sens des attentes de nombreuses femmes de la RDC, aussi bien sur le plan de droits que ce sur celui de la santé publique.

De son côté, Moïse Mbila de la Société civile a saisi cette opportunité pour parler du triomphe du droit à la santé sexuelle et reproductive, en particulier l'avortement sécurisé. D'après lui, un certain nombre d'intervenants et certains membres de la Société civile ont vu la délicatesse de la situation et se sont mis à l'œuvre pour positionner cette question, afin qu'elle ne soit pas oubliée. Il a également rappelé la question de la planification familiale qui n'a pas été facilement acceptée à travers le monde. « Il y a eu de résistance, d'opposition à travers le monde. Des pesanteurs culturelles, des pesanteurs d'opinions qui ont enclavé la prestation de cette intervention. Mais, aujourd'hui, l'intervention est saluée à travers le monde et les différents gouvernements s'en approprient ». « C'est la même chose pour les questions d'avortement sécurisé », a-t-il renchéri. C'est sur base de constat qu'il a indiqué que les avortements non-sécurisés constituent le pourvoyeur de lots de mortalité maternel.

Moïse Mbila a précisé que la coalition des grossesses non désirées est fondée sur le principe de la défense ou du respect de droit à la santé sexuelle et reproductive, y compris l'avortement sécurisé. Ce dernier a des indications claires.

Il est à signaler que cette journée de réflexion a été également marquée par les exposés de différents intervenants, ainsi que les témoignages des femmes qui ont perdu leurs filles à cause de l'avortement clandestin et non sécurisé. Deux femmes ont relaté leur situation en évoquant le décès de leurs filles suite aux complications dus à l'avortement clandestin. Sur ce, elles ont toutes sollicité du gouvernement de bien vouloir autorisé l'accès aux services des soins après avortement pour ne pas faire face aux situations dramatiques.

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