4 Octobre 2018

Afrique Australe: Pourquoi des «shebabs» se battent-ils dans le nord du Mozambique?

Photo: Interpol
(Images d'archives) - La police de la République du Mozambique escorte les suspects d’enlèvement à leur audience.

Près de 200 jihadistes présumés sont jugés cette semaine au Mozambique. Parmi eux figurent 50 ressortissants de la Tanzanie voisine. Le procès doit se dérouler non pas au tribunal, mais dans leur prison de la province du Cabo Delgado. Les villages de cette province proche de la Tanzanie sont régulièrement la cible d'attaques meurtrières. Depuis un an, une cinquantaine de civils ont été tués. Retour sur les débuts de ce nouveau groupe jihadiste.

Il y a un an, une trentaine d'hommes armés attaquaient trois commissariats de police à Mocímboa da Praia, dans le nord du Mozambique.

Ils annonçaient à la population locale qu'ils avaient l'intention de s'en prendre à l'Etat mozambicain. Sur place, on les a tout de suite appelés les « shebabs », les jeunes.

Il est vrai que ces jihadistes s'appellent « al-Sunnah wa al-Jama'ah », comme les shebabs somaliens. Sauf que ce mouvement sectaire s'apparente peut-être encore plus à Boko Haram, au Nigeria.

Ces jihadistes mozambicains auraient affirmé vouloir s'opposer plus particulièrement à l'éducation dispensée dans le secteur public.

Ils auraient demandé à leurs fidèles de retirer leurs enfants de l'école et de ne plus les faire soigner dans des cliniques et dispensaires de l'Etat.

Les autorités du Mozambique face au risque jihadiste

L'apparition d'un nouveau groupe jihadiste inquiète les observateurs, qui se demandent à qui il pourrait faire allégeance : al-Qaïda ou Etat islamique.

D'autres soulignent que, malgré la présence d'étrangers dans leurs rangs, notamment de Tanzaniens et de Somaliens, ces shebabs expriment d'abord des préoccupations locales dans une région qui n'a pas profité du récent essor de l'économie mozambicaine.

Pour combattre ces extrémistes, les autorités mozambicaines ont en tout cas déjà fermé - et parfois démoli - quelques mosquées.

Le Parlement a voté en avril dernier une loi qui aggrave les peines infligées aux auteurs d'actes « terroristes ».

Mais les accusés de cette semaine ne seront pas jugés en tant que terroristes, parce que les crimes qui leur sont reprochés ont été commis avant.

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